Concours en médecine: Pour l'Absym, il est "indispensable de maintenir une régulation des numéros Inami"

Pour beaucoup d’étudiants en médecine, le sigle de l’Inami  évoque un système kafkaïen.
Pour beaucoup d’étudiants en médecine, le sigle de l’Inami évoque un système kafkaïen. - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

"Il est indispensable de maintenir une régulation des numéros Inami" pour des raisons de qualité de la formation et des soins médicaux, avance l'Association belge des syndicats médicaux (Absym). L'Unécof (Union des étudiants francophones de la communauté française), le CIUM (Comité interuniversitaire des étudiants en médecine) et la Fédé (Conseil des étudiants de l'université de Liège) exigent l'octroi d'un numéro Inami, indispensable pour exercer, à l'ensemble des étudiants engagés dans des études de médecine.

Le maintien d'une régulation des numéros Inami, mise en place depuis 1997, est "indispensable (afin de garantir) la qualité de la formation, vu le nombre (limité) de maîtres de stage disponibles et les exigences pédagogiques attendues d'eux", explique l'Absym.

Un quota de 1200 médecins pare an pour compenser les départs à la retraite 

Par ailleurs, le nombre de malades et de pathologies existantes est restreint étant donné la population belge limitée à 11 millions d'habitants. "La qualité de la pratique médicale après l'obtention de la spécialité est liée au volume d'activités prestées". Un nombre trop élevé de médecins nuirait donc au système de santé.

Les étudiants de l'Unécof, du CIUM et de la Fédé ne tiennent toutefois pas le même discours. Pour eux, les quotas fédéraux ne se justifient pas, certaines spécialités comme la médecine généraliste, étant en pénurie. Mais pour l'Absym, les quotas fédéraux pour les années au-delà de 2015 "dépassent les 1200 médecins par an, ce qui permettra de remplacer le millier de médecins dont on attend le départ à la pension dans les dix ans qui viennent".

Vendredi dernier, les quotas fédéraux pour l'année 2021 ont toutefois été déclarés illégaux par le Conseil d'État, relançant le débat autour de ce dossier. La haute juridiction a jugé qu'ils ne se basaient sur aucune donnée précise. Le nombre de 1230 nouveaux praticiens autorisés à exercer en 2021 était tout simplement le même qu'en 2020, sans que la Commission de planification médicale ne justifie ce choix autrement que par "l'urgence".

L'Absym, lui, défend la ministre de la Santé, Maggie De Block qui aurait permis "de créer un cadastre dynamique, avec des détails pour les années allant de 2010 (travail rétrospectif) à 2015", grâce au rassemblement de données venant de l'ONSS, de l'Inami, de la Santé publique et des administrations publiques.

"Une surproduction de médecins organisée par la Communauté française"

"Il ne faut pas se tromper de combat ni d'adversaire", ajoute l'association. "La ministre De Block, confrontée à la surproduction de médecins organisée par la Communauté française et les universités francophones, a eu la sagesse et le courage de proposer une accessibilité aux numéros Inami pour les étudiants en cours de formation, en échange d'une réduction de l'entrée aux études" à organiser par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Celle-ci, "en l'espèce M. Marcourt, a la responsabilité de définir des sous-quotas entre les différentes spécialités médicales (généralistes, spécialistes) et l'accès aux études médicales elles-mêmes. C'est peu dire que constater que le ministre n'a pas réagi avec beaucoup d'enthousiasme, voulant s'obstiner à suivre la politique malintentionnée menée depuis 1999 par ses prédécesseurs communautaires et fédéraux", dénonce l'Absym.

L'association se dit prête à participer aux débats, en prêtant "une attention particulière à la qualité des prestations médicales effectuées, à la diversité des pathologies rencontrées et à la formation continue des prestataires".

 

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