Conclave budgétaire: 409 millions, la grosse boulette de l'Office des Pensions

Conclave budgétaire: 409 millions, la grosse boulette de l'Office des Pensions
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L'ONP, c'est l'Office national des Pensions. L'an dernier, lorsqu'il a fallu calculer les pensions pour l'année 2015, une erreur s'est glissée. Aujourd'hui, à la veille du conclave budgétaire, le gouvernement doit trouver plus de 400 millions. C'est l'effet papillon (air connu).

C'est le genre d'histoire dont le gouvernement se passerait bien. Surtout que l'équipe Michel n'est pas vraiment à la faute. Tout commence début 2014. C'est l'ONP, et son service d'études, qui est chargé de fournir les statistiques du nombre de pensionnés, chaque année. L'ONP met en place un nouveau module de paiement des pensions qui a pour nom Théséos.

Mais il y a eu, nous dit-on poliment, une "erreur technique". Lorsqu'il a fallu réaliser des projections pour l'année 2015, ce sont des chiffres de ... janvier 2013 qui ont été utilisés ! "Ils ont utilisé les projections 2013 sans tenir compte de l'effet volume" explique un proche du dossier. A l'ONP, l'administratrice-déléguée Sarah Scaillet, arrivée en avril 2014 après l'erreur commise par son administration, reconnaît le problème : "Les importantes réformes du gouvernement Di Rupo concernant les pensions nous ont forcés à une réécriture totale des statistiques. Il a fallu parer au plus pressé."

Le cabinet du ministre De Croo, alors en charge des Pensions, ne se rend pas compte de l'erreur de l'administration. Les chiffres passent au cabinet Chastel, alors au Budget. Là aussi, les chiffres sont confirmés. Lors des négociations en vue de former un gouvernement fédéral, l'été dernier, les mêmes chiffres sont utilisés pour réaliser le budget 2015. Le ver est dans le fruit.

Conclave difficile

L'erreur n'a été identifiée qu'en décembre dernier. Un rapport du comité de gestion de la Sécurité sociale y fait d'ailleurs référence. L'erreur de l'ONP, en ne tenant pas compte de l'augmentation du nombre des pensionnés, coûte cher. Entre 2013 et 2015, le nombre de pensionnés a augmenté de 47 000. Dont coût net : 409,9 millions d'euros. On notera d'ailleurs, selon les chiffres qui nous ont été communiqués, la très nette différence entre les hommes et les femmes. Pour les hommes, il est question de 23 520 pensionnés en plus, pour un coût total d'environ 268 millions d'euros. Soit une pension moyenne de 11 418 euros par homme. Pour les femmes, il y a 22 895 pensionnées supplémentaires, pour un coût total d'environ 176 millions d'euros. Soit une pension moyenne de 7920 euros par femme.

La non-indexation des pensions et le pécule de vacances portent la somme nette, la "correction technique", à 409,9 millions d'euros. Une véritable tuile pour le gouvernement Michel et pour celui qui est aujourd'hui responsable des Pensions, le MR Daniel Bacquelaine. Son cabinet confirme nos informations. Dès le mois de décembre, le ministre a demandé un rapport à son administration, rapidement rédigé. "Tout était rentré dans l'ordre" nous explique-t-on. "C'est regrettable" se lamente un membre de l'équipe de Daniel Bacquelaine.

Il y a donc, comme l'évoquait Hervé Jamar la semaine dernière, un solide dérapage de la Sécurité sociale, qui tient plus à un manque de recettes que de dépenses. Mais sur le milliard 300 millions manquant, il y a donc bien 400 millions de "correction technique". Quelque soit le vocabulaire utilisé, la conclusion est la même : il faut trouver cet argent. Le conclave budgétaire qui s'annonce d'ici la fin du mois de mars ne sera pas une sinécure. L'objectif officieux est de le boucler avant les vacances de Pâques. A voir...

Himad Messoudi

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