Concertation sociale: proches d'un accord, les "dix" se revoient vendredi

Concertation sociale: proches d'un accord, les "dix" se revoient vendredi
Concertation sociale: proches d'un accord, les "dix" se revoient vendredi - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Les partenaires sociaux réunis au sein du Groupe des 10 ont décidé, jeudi soir peu avant 20h, de suspendre leurs négociations et de se revoir vendredi à 14h. La réunion entre le Groupe des 10 et le comité ministériel restreint, prévue initialement à 8h, a quant à elle été postposée à 16 heures. Entre-temps, la FGTB réunira ses instances vendredi matin.

"La réunion est terminée. Il n'y a pas encore d'accord. Il reste des points à finaliser. C'est un processus long et très difficile mais on a toujours à l'esprit de réussir" à trouver un accord, a déclaré la présidente de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) et présidente du Groupe des 10, Michèle Sioen, laissant deviner que les négociateurs se rapprochent d'un accord.

Le cœur des discussions entre patrons et syndicats porte sur la marge salariale pour la période 2015-2016 et la question du saut d'index. A l'entrée de la réunion de ce jeudi, la énième entre employeurs et syndicats depuis deux semaines, les syndicats avaient répété leur opposition à la perspective d'un saut d'index.

"Sur le saut d'index, notre position est et reste claire: il est inutile d'un point de vue économique et injustifiable socialement, a déclaré Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. Nous continuons donc bien évidemment à le contester. Mais, à côté du saut d'index, la discussion sur la marge salariale, celle sur l'augmentation de l'ensemble des allocations sociales et la traduction du compromis que nous avons conclu avant Noël sont aussi des points importants que nous devons finaliser".

"Ce qui est sur la table est insuffisant. Nous avons toujours été très clairs, le saut d'index n'a aucun sens économiquement et socialement, a renchéri Marc Goblet, le secrétaire général de la FGTB. Ce n'est pas aux patrons à se mettre à la place du gouvernement."

Sur le banc des employeurs, on n'a pas souhaité faire de commentaires jeudi, contrairement aux précédentes réunions, mais l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, avait laissé entendre mercredi que l'accord de coalition prévoyait un saut d'index et que les partenaires sociaux n'avaient pas vocation à "réécrire l'accord de gouvernement".

Un "mini-compromis"

Selon le rapport du Conseil central de l'Economie (CCE), l'écart salarial (depuis 1996) entre la Belgique et ses trois principaux voisins (Allemagne, France et Pays-Bas) a été ramené fin 2014 à 2,9%, contre 4,2% fin 2013 et 4% fin 2012. Les syndicats y voient une marge permettant une augmentation des salaires sur la période 2015-2016, là où le patronat demande de poursuivre les efforts visant au rétablissement de la compétitivité des entreprises.

Un scénario sur la table consisterait à prévoir deux volets: une enveloppe de 0,5% (qui permettrait en réalité une hausse de salaire brut de 0,375%) à laquelle s'ajouterait une hausse portant uniquement sur la rémunération nette, et donc indolore pour les employeurs, de 0,2% à 0,3%.

Les partenaires sociaux doivent également accorder leurs violons sur la répartition de l'enveloppe 'bien-être', qui s'élève à 319,5 millions d'euros pour 2015 et à 627,2 millions pour 2016, et la mise en oeuvre du "mini-compromis" conclu mi-décembre sur les mesures de fins de carrière et l'harmonisation des statuts.

La FGTB réunit son bureau fédéral vendredi à 10h et son comité fédéral à 11h00. Quant au syndicat chrétien, il a programmé un conseil général extraordinaire le 10 février prochain.

RTBF et Belga

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