Concertation sociale: les partenaires avanceront sans la FGTB

Concertation sociale: la FGTB dit "non" à la proposition patronale
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La FGTB a rejeté ce vendredi la proposition de préaccord soumise aux membres du groupe des 10, refusant de négocier sur un texte qui maintient le saut d'index. La CSC et la CGSLB ont, eux, accepté d'avancer sur les bases de ce préaccord mais à condition d'abandonner le saut d'index (décidé par le gouvernement fédéral). Le gouvernement a pris acte du pré-accord et décidé de poursuivre sans les deux ailes du syndicat socialiste (FGTB et ABVV). Ce dernier a déjà menacé de mettre en place un plan d'actions dès février.

Les employeurs ont donc fait part d'une proposition qui ouvre la porte à des augmentations de rémunérations des travailleurs du secteur privé. Mais le saut d'index reste imbuvable aux yeux des syndicats et les hausses proposées ne le compenseront pas, estiment-ils.

Les partenaires sociaux se sont rendus ce vendredi au Lambermont pour faire rapport au gouvernement de leurs négociations sur la marge salariale 2015-2016, la répartition de l'enveloppe bien-être et la mise en oeuvre du "mini-accord" de mi-décembre. Il y a un "projet d'accord", ont indiqué plusieurs participants mais la FGTB a fait savoir qu'elle ne s'y joindrait pas.

Du côté du syndicat socialiste en effet, dès hier après midi, on avait fait savoir que l’on jugeait la proposition des employeurs insuffisante. Et ce vendredi, le syndicat socialiste s'est officiellement prononcé contre la proposition patronale. La FGTB continue à refuser le saut d'index et juge inacceptable la proposition patronale sur la marge salariale, a fait savoir Marc Goblet, secrétaire-général du syndicat rouge.

Des actions à prévoir dès février

"Si le gouvernement maintient le saut d'index, la FGTB mettra en place un nouveau plan d'action", a même menacé le président du syndicat socialise, Rudy De Leeuw. Le bureau fédéral de la FGTB a prévu une réunion ce mardi 3 février. Suite à celle-ci, et en fonction des décisions éventuellement intervenues entre-temps, elle pourrait soumettre un nouveau plan d'actions au comité fédéral du syndicat socialiste, prévu le 10 février. Or, le gouvernement a décidé de se passer des syndicats socialistes pour la suite de la concertation. Il est dès lors fort probable que les plans d'actions soient mis à exécution.

 

De son côté, le Comité national de la CGSLB a donné à son président national le mandat de poursuivre les négociations. "Néanmoins, lors des débats, il est apparu qu'un certain nombre de dossiers en cours, qui dépendent du gouvernement, demeurent inacceptables tels que le saut d'index et le manque de clarté sur la concrétisation du taxshift", précise un communiqué du syndicat libéral. Même constat que la FGTB donc mais avec une réaction différente puisqu'ici, on décide de poursuivre la négociation.

Du côté du syndicat chrétien, même son de cloche: on accepte de poursuivre les négociations sur base de la proposition sur la table mais pas question d'avaliser un saut d'index. Le conseil général du syndicat chrétien doit se prononcer sur le projet d'accord le 10 février.

Les patrons, eux, argumentent que l'accord de gouvernement est clair, il prévoit un saut d'index, et qu'il n’est pas du ressort des négociateurs sociaux de le remettre en cause. "Nous ne pouvons pas accepter que le patronat se retranche derrière une position du gouvernement pour éviter la concertation sociale", a rétorqué Marc Goblet.

On avancera sans la FGTB

Un préaccord existe donc entre huit des dix organisations représentées au groupe des 10: FEB, VBO, UCM, UNIZO, ACLVB-CGSLB, ACV, CSC et Boerenbond sont d'accord pour poursuivre. Dès lors, le gouvernement a décidé de formuler une proposition à ces organisations et de laisser la FGTB et son aile flamande, l'ABVV sur le quai. Le gouvernement va examiner la façon d'appliquer le projet d'accord au sein du groupe des 10 (devenu donc groupe des 8 dans les faits) et formulera une proposition aux partenaires sociaux, a annoncé le Premier ministre Charles Michel à l'issue d'une réunion avec ledit groupe.

"Nous avons constaté que cinq des six organisations représentées ont marqué leur accord. Pour nous, c'est une avancée positive sur le chemin de la paix sociale", a souligné le Premier ministre Charles Michel.

"Je suis convaincu qu'on doit travailler avec les organisations qui sont positives et qui ont conclu un accord", avait auparavant souligné le ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V).

"Je préfère toujours avoir un accord de tous les partenaires sociaux mais ce n'est pas la première fois que l'on devrait avancer sans l'un ou l'autre des partenaires", avait de son côté confié le vice-Premier ministre MR, Didier Reynders. 

Le projet d'accord porte sur la marge salariale pour la période 2015-2016, la répartition de l'enveloppe bien-être et la mise en oeuvre du "mini-compromis" conclu mi-décembre sur les mesures de fin de carrière et l'harmonisation des statuts.

@julienvlass

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