Compteurs intelligents: en disent-ils trop sur nous?

éventail de compteurs électriques (français)
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80% des foyers wallons équipés d’un compteur intelligent : on n’y est pas encore. Mais le gouvernement wallon se fixe cet objectif pour 2034. Ces compteurs connectés permettront des interventions à distance et des transmissions de données.

Pour Jean-Luc Crucke (MR), ministre wallon du Budget, ces compteurs intelligents sont une nécessité. "La CWAPE (le régulateur wallon) nous dit qu’en 2023, les compteurs classiques ne seront plus produits. Il faudra donc changer". Nicolas Poncin du collectif "Solidarité contre l’exclusion" estime que c’est faux : "On continue à produire des compteurs. Une entreprise le fait en Pologne". Mais en admettant même que la production continue, Jean-Luc Crucke dénonce une situation de monopole qui pourrait alors s’avérer dangereuse.  

Encadrer les distributeurs

Jean-Luc Crucke voit plusieurs avantages aux compteurs intelligents : "Le consommateur deviendra un acteur de sa consommation. Il ne va pas nécessairement consommer moins mais consommer mieux. Il va se créer une sorte d’indépendance par rapport aux marchés".

Nicolas Poncin parle au contraire de dirigisme de l’offre : "La demande de placement des compteurs intelligents vient des fournisseurs et des gestionnaires de réseaux. Le consommateur n’a pas le choix entre un compteur classique et un compteur intelligent".

Jean-Luc Crucke insiste sur l’encadrement qu’il a voulu pour ce projet, par rapport aux techniques et par rapport au respect de la vie privée. Il souligne que "que le consommateur est propriétaire de ses propres données, il a le droit de ne pas les transmettre".  On ne serait donc pas obligé d’utiliser toutes les fonctionnalités de son compteur intelligent.  

Nicola Poncin n’est pas rassuré pour autant : "Un compteur intelligent, c’est une possibilité d’avoir des données quart d’heure par quart d’heure. Le côté intrusif est énorme. On ne sait pas ce qui sera fait de ces données. Et que fait-on si le distributeur en profite pour proposer une électricité plus chère à ceux qui se réservent leurs données. On pourra aussi couper unilatéralement la consommation à distance. C’est pire que les compteurs à budget (prépayés) car on déshumanise la procédure, on la rend virtuelle".

Mais Jean-Luc Crucke est convaincu du bien-fondé du décret sur les compteurs intelligents : "Ce décret va en plus être soumis à la Commission de protection du respect de la vie privée. Sans cela, ce serait la jungle. Pour les publics plus faibles, et même de manière générale, il faut une information complète, une forme d’éducation. Si on n’explique pas comment l’utiliser, l’investissement aura été fait pour rien".

Jean-Luc Crucke et Nicolas Poncin étaient interrogés par Arnaud Ruyssen dans Soir Première.

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