Comprendre le pacte mondial de l'ONU sur la migration en trois questions

Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières en trois questions
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Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières en trois questions - © HAZEM BADER - AFP

Il est l'objet de toutes les attentions et tensions, le fameux Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières fait beaucoup parler de lui. Mais au fond, de quoi s'agit-il? Réponse en 3 points.

D'où vient ce pacte ?   

Tout commence le 19 septembre 2016 avec la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants. Les pays membres de l’ONU prévoient notamment la signature d’un Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Objectif affiché: le "renforcement de la coopération relative aux migrations internationales sous tous leurs aspects." Le texte part ainsi du constat " qu’aucun État ne peut gérer seul la question des migrations " et donc qu’ensemble, avec une meilleur coopération, les Etats peuvent réduire les tragédies liées à la migration et combattre le trafic d’êtres humains.  Ainsi, pour le président de l'assemblée générale de l’ONU, Miroslav Lajčák, le pacte peut contribuer à " tirer parti des avantages de la migration et à atténuer les risques. Il peut fournir une nouvelle plate-forme de coopération. Et cela peut être une ressource pour trouver le juste équilibre entre les droits des peuples et la souveraineté des États." 

Les négociations sur ce pacte ont débuté en avril 2017 pour aboutir à un texte final le 13 juillet 2018. Les 192 états qui ont participé au processus - les Etats-Unis se sont retirés en cours de route - se donnent alors rendez-vous à Marrakech le 10 et 11 décembre pour adopter le texte.

Que contient ce pacte ?

Après 18 mois de discussions, les Etats se sont accordés sur un texte de 41 pages permettant d’aboutir à des migrations plus sûres, ordonnées et régulières. Le pacte est juridiquement non-contraignant mais n’en reste pas moins un texte porteur d’un message et d’engagements forts.

Concrètement, il fixe 23 objectifs précis et pour chacun de ces objectifs, les mesures nécessaires pour l’atteindre.

Les objectifs fixés par le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

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Qui signera le pacte lors du sommet de Marrakech ? 

Au départ, tous les pays membres des Nations-Unies (193 pays) ont entamé les discussions pour élaborer ce Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Mais en cours de route, plusieurs pays ont fait défection, à commencer par les Etats-Unis en décembre 2017. Donald Trump a alors expliqué que le pacte était incompatible avec sa politique migratoire.

Quelques mois plus tard, en juillet 2018, la Hongrie, pays hostile à l’accueil des migrants, a suivi le même chemin. En octobre dernier, c'était au tour de l'Autriche, où l'extrême droite est au pouvoir, d'annoncer qu'elle ne signerait pas le pacte. Et depuis, la liste des réticents ne fait que s'allonger. La République tchèque et la Bulgarie ont aussi déclaré qu'elles se retiraient du pacte, la Pologne menace de suivre, tout comme la Croatie et en Belgique, on le sait, le débat fait rage. Les arguments avancés par les pays réfractaires au pacte vont du risque que le texte ne crée un précédent juridique, au risque de la création d'un "appel d'air" pour les migrants en passant par l'opinion de ces pays que la migration ne peut être considérée comme un droit.

Si la défection de certains pays est un coup dur, cela ne devrait toutefois pas empêcher l'adoption du pacte les 10 et 11 décembre prochains à Marrakech.

Au JT du 16 novembre: tensions palpables autour du pacte sur la migration

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