Communales: "La N-VA est contre une démocratie plus directe, ils ont une position plus orthodoxe"

Bart Maddens le répète à qui veut l'entendre : il rêverait de pouvoir voter en Wallonie le 14 octobre. "Je ne peux que constater que le Parlement wallon a pris quelques mesures pour rendre les élections locales plus démocratiques", expliquait ce mercredi matin le politologue de la KUL, au micro de Thomas Gadisseux dans Matin Première. Parmi les mesures qu’il plébiscite : l’élection quasi directe du bourgmestre, la suppression de l’ordre de préférence sur les listes, le décret sur le décumul ou encore la suppression du vote électronique, "une décision sage" selon Bart Maddens.

Alors pourquoi la Flandre n’a pas emboîté le pas de la Wallonie sur le sujet ? "En Flandre, on a beaucoup parlé du décumul dans les années 1990, note Bart Maddens. Les Flamands étaient pour une démocratie plus directe." Mais depuis, le vent a tourné, et ce sont surtout les partis au pouvoir qui rechignent à réformer. "La N-VA est contre une démocratie plus directe, ils sont pour le principe de la démocratie représentative, ils ont une position plus orthodoxe", explique le politologue. Une idée qui date selon lui des débuts du parti, lorsque Geert Bourgeois cherchait une manière de se différencier de Bert Anciaux et du parti Spirit. Malgré son côté un peu populiste, la N-VA préfère recourir aux "mécanismes traditionnels" de la démocratie représentative, selon Bart Maddens. D'autant plus que côté flamand, on n'est pas vraiment au courant des réformes "techniques" mis en place de l'autre côté de la frontière linguistique.

Du côté de Bruxelles, le décumul a aussi été évoqué, mais encore une fois, c’est du côté néerlandophone que ça coince. "La situation des Flamands à Bruxelles est très spécifique, objecte Bart Maddens. Le problème est que le réseau des politiciens talentueux est très restreint, donc les Flamands veulent utiliser les politiciens qu’ils ont au niveau régional et au niveau local."

En Flandre, les élections locales sont très contaminées par les thèmes nationaux

Bart Maddens estime qu'il faut en finir avec la particratie, qu'il juge plus installée en Flandre qu'en Wallonie. "Je suis pour une démocratie plus directe, je suis pour le référendum, puisque ça transfère un peu des partis au citoyen", affirme-t-il. Notamment concernant un potentiel référendum sur l'indépendance de la Flandre : "Je crois que les Flamands doivent s'exprimer là-dessus", explique Bart Maddens, malgré le "problème technique" que représente Bruxelles.

Pour le politologue, les élections communales et provinciales auront une vertu : permettre à la population d'exprimer son avis sur la suédoise au fédéral. "En Flandre, les élections locales sont très contaminées par les thèmes nationaux, remarque Bart Maddens. Il y a une atmosphère très crispée, très tendue autour de ces élections, et ça va avoir un impact énorme sur la campagne pour les élections de 2019." De quoi en faire un référendum sur la suédoise, ou en tout cas un "sondage énorme, qui va donner une image très pure des rapports de force entre les partis politiques", juge le politologue. À Anvers, d'ailleurs, la situation est particulièrement emblématique et semble inextricable : la coalition actuelle N-VA/CD&V/Open Vld ne devrait pas garder sa majorité, mais la gauche ne pourra probablement pas en former une non plus. Mais Bart Maddens reste optimiste : "Je crois que les politiciens vont prendre leurs responsabilités à Anvers".

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