Communales 2018: le jeu des chaises musicales dans les conseils communaux commence

Les nouveaux échevins, échevines et bourgmestres entrent en fonction et vont prêter serment lundi soir. Dans la foulée, le pacte de majorité, qui a été déposé préalablement et qui scelle ce qui sera la nouvelle majorité dans chaque commune, sera voté. A priori donc, plus aucune incertitude, mais il risque d’y d’avoir de l’ambiance dans certaines communes.

A Grez-Doiceau par exemple, dans le Brabant wallon, où deux pactes de majorité ont été déposés. Il y a eu un changement d’alliance depuis les élections. Même chose à Forest, en Région bruxelloise. Enfin, à Neufchâteau, dans le Luxembourg, le nouveau conseil communal ne sera pas installé ce soir à cause d'un problème d’utilisation de procuration lors du scrutin. Une information judiciaire a été ouverte et le gouverneur de la province n’a pas encore validé le résultat de l’élection.

Mais dans toutes les autres communes, en revanche, il n’y a plus de suspense. Dès mardi matin, en Wallonie, les bourgmestres et échevins entameront la nouvelle législature.

"Il faut se renouveler"

Enfin pas toutes... A Herstal, les échevins ne connaîtront avec précision leurs attributions que mardi matin comme l'explique Frédéric Daerden, bourgmestre PS d’Herstal. 

"La répartition des attributions de chacun, c’est lors d’un collège spécial mardi matin, où on va finaliser la discussion. Je pense que c’est mieux de changer un peu, plutôt que de laisser les mêmes personnes à la même place trop longtemps. Je crois qu’il faut se renouveler. Puis il y a aussi la notion d’expérience acquise. Celui qui fait son premier mandat ou celui qui fait son troisième mandat, je pense qu’au troisième mandat il est peut-être plus à même de prendre certaines compétences plus complexes qu’au premier mandat. C’est important qu’il y ait aussi une belle cohérence entre l’organisation des services administratifs et la répartition des attributions. Je crois qu’il faut qu’on fonctionne un peu par paquet, que ce soit homogène."

Je leur ai clairement demandé s’ils pouvaient prendre un mi-temps et ils ont tous accepté

Du côté de Péruwelz, une petite commune près de Tournai de 17.000 habitants, un vent de nouveauté. Le nouveau bourgmestre MR, Vincent Palermo, à la tête d’une coalition avec Écolo, a demandé à ses échevins de faire un choix professionnel: prendre un mi-temps.  

"Ils ont été élus, ils ont reçu la confiance des citoyens, et il faut travailler et obtenir les résultats, et on ne peut pas le faire en ayant un temps plein dans son travail ou dans la fonction que l’on occupe et avoir une place au sein du collège. Donc, je leur ai posé la question, je leur ai clairement demandé s’ils pouvaient prendre un mi-temps et ils ont tous accepté", explique-t-il.

Il ajoute avoir lui aussi sa propre activité et ne pas vouloir dépendre de la politique. "C’est aussi faire les choses bien", selon lui. "J’ai ma société, mais dont je ne m’occupe quasi plus. J’ai une société de communication événementielle, et donc je ne m’en occupe quasi plus, c’est mon épouse qui gère. J’ai aussi évidemment diminué très fortement mes revenus par rapport à ça, donc j’ai fait le choix à 100% de m’occuper de ma commune et finalement de faire en sorte que ma fonction, je puisse lui donner le maximum de temps."

Beaucoup de nouveaux bourgmestres...

De manière générale, on constate beaucoup de changements de bourgmestre. En Wallonie, un bourgmestre sur trois change, ce qui est une proportion semblable à ce qui s’est passé en 2012. Le record est en province de Namur avec 16 nouveaux bourgmestres pour 38 communes.

Mais les changements de bourgmestre concernent surtout les petites communes. Dans les grandes, sur l’ensemble de la Wallonie, il n’y a que Tournai, Mons et Seraing qui sont concernés.

A Tournai, Paul-Olivier Delannois a obtenu plus de voix de préférence que Rudy Demotte. À Mons, idem avec Nicolas Martin, tête de liste PS qui est arrivé en tête, et qui remplace Elio Di Rupo. Enfin, à Seraing, Francis Bekaert succède à Alain Mathot, qui ne s'était pas présenté.

En Région bruxelloise, il y a cinq nouveaux bourgmestres sur 19. A Ixelles et Forest avec deux Écolos, Christos Doulkeridis et Stéphane Roberti; à Molenbeek et Koekelberg avec deux bourgmestres PS, Catherine Moureaux et Ahmed Laaouej; et enfin à Ganshoren avec Pierre Kompany, le père de Vincent, étiqueté cdH. E

Précision importante, s’il y a quasiment une femme bourgmestre sur cinq en Wallonie, en Région bruxelloise il n’y en a toujours qu’une sur 19, c’est Catherine Moureaux, dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean, qui succède à une autre femme, Françoise Schepmans.

... et de coalitions

Beaucoup de changements de bourgmestre donc, mais aussi beaucoup de changements de coalition. Un phénomène qui a touché les petites comme les grandes villes.

Dans le Hainaut par exemple, à Tournai, Mons, La Louvière et à Charleroi, les majorités ont changé: c’est partout PS-Écolo.

À Charleroi, Paul Magnette y a rajouté la liste C+ de tendance cdH. A Liège et à Verviers, les coalitions ont aussi changé, c’est désormais PS-MR dans les deux villes.

Côté bruxellois, ça a aussi pas mal changé. À Bruxelles-Ville par exemple, c’est désormais PS-Écolo; à Ixelles, Écolo-PS; et à Molenbeek, on l’a évoqué avec Catherine Moureaux, c’est PS-MR.

Belle percée d'Ecolo

La plus grosse progression vient clairement d’Écolo. Ils restent en mandataires derrière le MR, le PS et le cdH, mais les Verts sont désormais dans 57 majorités en Wallonie et dans 14 en Région bruxelloise.

"Je pense simplement que la prise de conscience du défi climatique est concrète aujourd’hui et elle touche une part de la population de plus en plus large. C’est ça l’explication. D’autre part, je pense que les écologistes ont aussi montré qu’au-delà des discours, leur éthique était extrêmement importante et elle continue à l’être. On ne va effectivement pas cumuler et on essaie d’être désintéressé par l’argent. Voilà, à un moment donné il y a un message clair qui est exprimé par les électrices et les électeurs et on assiste depuis lors à une espèce de surenchère de la part des autres partis pour se montrer plus écologistes que les écolos, etc. Si cette concurrence, à un moment donné, peut donner une vraie préoccupation des autres partis pour les enjeux écologiques, mais bienvenus, bonne nouvelle! Je travaillerai avec toutes celles et ceux, quel que soit le parti, qui ont envie de construire des solutions qui vont dans cette direction", explique Christos Doulkeridis, bourgmestre à Ixelles.

Finalement, en Flandre, l’installation des nouveaux conseils communaux sera pour début janvier. Mais tout est désormais quasiment connu, sauf à Anvers, où les négociations sont toujours en cours.

Bart De Wever sera bourgmestre, et pour l’instant il discute sans certitude de succès avec l’Open VLD et le Sp.a, les socialistes flamands, rejetant pour l’instant toujours le CD&V de Kris Peeters dans l’opposition.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK