Communales 2018: Fini le démarchage dans les commerces, un frein à la campagne?

La semaine dernière, les partis représentés au conseil communal de Schaerbeek ont envoyé une lettre  aux commerçants de la commune, leur signifiant qu'ils étaient libres de coller ou non les affiches électorales sur les vitrines de leurs commerces. Une affiche "Ce commerce ne souhaite pas d'affiche électorale sur cette vitrine" accompagnait ce courrier. Quelques commerçants ont décidé de l’apposer pour signifier cette volonté.   Mais n'est-ce pas là, une démarche qui va à l'encontre d'une campagne électorale? Un frein à l'exercice démocratique?

Pas de harcèlement électoral dans les commerces et sur les marchés

A Schaerbeek comme à Forest, les partis représentés au sein du conseil communal ont décidé ensemble d'un principe moral, une sorte de bonne conduite en période électorale en ce qui concerne l'affichage dans les commerces. "On s'engage à ne pas importuner les citoyens sur les marchés, ni les commerçants. On s'engage aussi à ne pas utiliser de mégaphones ou d'installer un stand sur un marché. Nous rappelons que la liberté d'expression de chacun est toujours là. Chacun peut toujours demander aux particuliers de mettre des affiches à l'intérieur et chaque commerçant qui veut afficher pourra toujours le faire", explique Frédéric Nimal (Défi), 4ème Echevin de la commune de Schaerbeek.

A Forest, même démarche pour faire moins désordre

Dans la commune de Forest, la même démarche qu'à Schaerbeek. Ce sont les retours des commerçants et des citoyens qui ont poussés les partis représentés au conseil communal à s'engager dans cette démarche. "Il y a la volonté de ne pas embêter les commerçants, mais il y a aussi la volonté de garder la commune la plus propre possible. C'est une demande de nos citoyens à juste titre. Quelque fois, ça faisait désordre. Parfois, il y a avait des bagarres, des arrachages d'affiches et des volontés de surcoller dans les vitrines. C'est un engagement moral que nous prenons. Nous verrons ce que feront les partis qui ne sont pas au conseil communal, mais de notre côté nous nous tiendrons nos engagements", souligne Marc-Jean Ghyssels (PS), bourgmestre de Forest.

L'exercice démocratique peut se faire autrement qu'avec des affiches

Le démarchage, c'est pourtant véritablement le propre de toute campagne électorale. Par cette mesure singulière à Schaerbeek et à Forest, les candidats ne freinent-ils pas eux-mêmes l'exercice? "On n'a pas dit de ne pas démarcher dans les magasins ou sur les marchés. On a dit ne pas importuner les personnes. Sur les marchés, tout le monde sera libre de distribuer des tracts et de parler aux gens. Mais nous nous sommes engagés à ne pas harceler les gens", réplique Frédéric Nimal (Défi), bourgmestre faisant fonction de Schaerbeek. 

Pour le bourgmestre de Forest, la philosophie est la même. Le démarchage fait clairement partie de l'ambiance de campagne, mais le démarchage d'idées est clairement plus important que celui des affiches. "Les élections ne sont pas une nuisance et l'exercice démocratique peut se faire autrement qu'avec des affiches. Nous sommes aussi dans une volonté de développement durable. Les affiches sont une grande dépense de papiers. La meilleure chose à faire c'est clairement d'aller aux contacts des gens, de répondre à leurs questions et à leurs inquiétudes et d'apporter les propositions de solutions. Le gens trancheront ensuite par eux-mêmes. Ce n'est pas une affiche dans un commerce qui va changer quelque chose", insiste Marc-Jean Ghyssels, le bourgmestre de Forest. 

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