Comité de concertation : une 4e vague d’infections est-elle inéluctable ?

Ce vendredi 16 juillet, le comité de concertation devait se réunir à nouveau. La réunion a été reportée à ce lundi 19 juillet, en raison des inondations qui ont durement frappé le pays. Le 18 juin, lors du dernier Codeco, Alexander De Croo avait indiqué que les dernières restrictions pouvaient être levées ce vendredi 16 juillet.

Mais un mois plus tard, la situation semble évoluer dans le mauvais sens. Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) a déjà prévenu : "Je ne veux pas jouer au yoyo néerlandais", allusion à la nouvelle fermeture des discothèques et aux horaires revus dans l’horeca. Les infections ont littéralement explosé en une semaine (576%), le gouvernement s’est d’ailleurs excusé. En Belgique, les cas ont augmenté, mais de façon bien moins grave : sur la semaine, les infections ont grimpé de 84%. Cette hausse, le commissaire corona la suit de près. Le week-end dernier, Pedro Facon évoquait de nouvelles mesures, sur le testing ou la ventilation. Le Codeco devra-t-il aller plus loin ?

"Prendre les libertés au sérieux"

Si Alexander De Croo a indiqué, jeudi à la Chambre, que selon lui il ne fallait pas de nouvelles restrictions "s’il n’y a pas d’impact sur les taux d’hospitalisation", Frank Vandenbroucke a été plus prudent devant les députés : "les infections sont en forte augmentation. Les hospitalisations diminuent depuis trois mois. Les lits se vident, mais il faudra vérifier la semaine prochaine. […] Nous devons ralentir la circulation du virus, être prudents dans nos décisions politiques. Il ne faut pas nécessairement annoncer des mesures drastiques. Il faut prendre les libertés (retrouvées) au sérieux, les sécuriser en renforçant les lignes de défense." Et le ministre de citer le renforcement des contrôles pour le retour des voyageurs, les quarantaines, le testing préventif.

Les hospitalisations en forte augmentation en septembre ?

Il nous revient que le rapport du GEMS, le "groupe d’experts en charge de la stratégie de sortie" évoque plusieurs scénarios quant à l’évolution de l’épidémie, au niveau européen et belge.

Il y a de très nombreux facteurs qui peuvent influencer la façon dont l’épidémie évoluera sur notre territoire, comme la vaccination, les variants, la saisonnalité, le nombre de mesures toujours d’application, etc. A bonne source, le GEMS indique que les modèles montrent qu’une quatrième vague d’infections est à prévoir, au plus tôt en août, au plus tard en septembre selon les facteurs évoqués ci-dessus.

Plus inquiétant : l’un des scénarios, que le GEMS met en avant pour la rentrée de septembre, montre un nombre très important d’entrées dans les hôpitaux si la vie devrait reprendre "comme avant". Sans aucune mesure, il est question d’un nombre d’admissions quotidiennes supérieur à 400 à partir de la mi-septembre et qui ne repasserait sous la barre des 200 par jour qu’en décembre. Ainsi, le GEMS déconseille fortement de revenir à des contacts d’avant-pandémie. Il faudrait donc, idéalement, maintenir une série de mesures comme le maintien du masque à l’intérieur, une meilleure ventilation et un renforcement du testing pour éviter qu’une quatrième vague de contaminations et d’hospitalisations ne soit inéluctable.

Pour ce proche de dossier, "tant que les admissions à l’hôpital ne remonteront pas, le monde politique ne réagira pas, quoi qu’en disent les modèles. Ce qu’il faut par contre espérer, c’est que la réaction sera très rapide et forte si les admissions commencent à monter. En ce compris si c’est en plein milieu des vacances politiques."

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