Comité de concertation: report des assouplissements prévus en avril et pression sur les écoles pour enrayer les contaminations

Le Comité de concertation s'est réuni ce vendredi après-midi en visioconférence à 15 heures. Initialement prévu vendredi prochain, le 26 mars, il avait avancé d’une semaine en raison de l’évolution inquiétante des chiffres de l’épidémie. 

L'évolution de la situation nécessitait de revoir les mesures sanitaires et certains assouplissements qui avaient été annoncés.

"Les semaines qui viennent s'annoncent cruciales" a estimé le Premier ministre, à l'issue du Comité de concertation. "Les chiffres n'ont pas cessé d'augmenter, petits pas par petits pas. C'était prévu dans les modèles de nos experts, mais ces augmentations sont plus rapides que prévu", a déclaré Alexander De Croo. 

Le Premier ministre explique cette évolution par la plus grande virulence des variants du virus. "Aussi, parce que nos comportements ont changé. Nous rencontrons plus de gens. A titre professionnel, les gens ont plus de contacts rapprochés, par rapport à Noël", a estimé  Alexander De Croo.  Les écoles constituent un des principaux foyers de contamination, a-t-il aussi déclaré. 

Il faut noter que lors de la conférence de presse qui a suivi le Comité de concertation, le Premier ministre Alexander De Croo n'était accompagné que du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Les représentants des Régions et Communautés étaient absents. 

Pas de date pour le plan "Plein air"

Lors du dernier Comité de concertation, les dirigeants du pays avaient annoncé vouloir donner des perspectives d'assouplissement. Il avait été question d'un plan "plein air" pour permettre la reprise de toute une série d'activités en plein air en avril. La date du 1er avril avait été avancée pour autoriser la réouverture des parcs d'attractions. Finalement, aucune date n'est précisée aujourd'hui. L'essentiel du plan "plein air" est reporté. 

Le plan plein air prévoyait aussi la possibilité d'organiser des activités extérieures pour maximum 10 personnes, des évènements culturels ou de culte pour 50 personnes, c'est reporté également. Aucune date n'est fixée.

Enfin, pour ce qui concerne les enfants et les jeunes, la possibilité devait être offerte d'organiser des activités et des camps pour maximum 25 personnes de moins de 19 ans, pendant les vacances de Pâques. Il faudra attendre encore un peu. Pendant les vacances de Pâques, les camps de jeunes ne pourront se dérouler qu'à condition qu'il n'y ait pas de nuitées, à l’extérieur et en petits groupes de maximum 10 enfants au lieu de 25.

Pour les enfants de moins de 12 ans, les activités devront se dérouler, de préférence, en plein air. 

"Nous ne pouvons pas nous permettre d'autoriser ces activités. Nous mettons ces activités en pause car notre objectif, c'est la période après le 19 avril", a expliqué Alexander De Croo, le Premier ministre, à propos des éléments du plan "Plein air" qui sont mis en pause. 

Pas de fermeture des écoles, mais les Communautés doivent mettre en place des solutions contre les contaminations

Certains experts avaient préconisé la fermeture des établissements scolaires avant les vacances de  Pâques, en raison de l'augmentation des cas de contamination chez les élèves et les enseignants et en raison du nombre important d'élèves et de membres du personnel en quarantaine. Ce ne sera pas le cas.

En revanche, les Communautés sont chargées de trouver des solutions pour endiguer l'augmentation des foyers de contamination dans les écoles. 

"Nous avons demandé aux ministres de l'Enseignement de se pencher sur la situation ce week-end et de venir avec des mesures constructives pour limiter les contaminations dans les écoles", a expliqué le Premier ministre, Alexander De Croo. Ces mesures doivent être présentées pour lundi. Elles sont à mettre en oeuvre le plus vite possible, a indiqué Alexander De Croo. Il faut "sécuriser les écoles", a-t-il indiqué. L'objectif étant que les écoles puissent rester ouvertes après les vacances de Pâques. 

Ecoles secondaires : retour en présentiel reporté

La question avait déjà été abordée jeudi par les ministres de l'Enseignement qui s'étaient réunis avec le Commissaire "Corona" du gouvernement.  Après le dernier Comité de concertation qui avait ouvert la porte à un retour des élèves du secondaire dans les classes pour un enseignement à 100% en présentiel après les vacances de Pâques, la Fédération Wallonie-Bruxelles avait envisagé d'avancer au 29 mars le retour des élèves de 3e et 4e secondaire dans les classes de cours. 

Finalement,  cette option n'est pas reprise. A l'heure actuelle, c'est toujours la date du 19 avril qui est prévue pour la reprise des cours en présentiel pour tous les élèves du secondaire, soit au lendemain des vacances de Pâques.

Le retour en présentiel à 100% doit s'accompagner de tests réguliers des étudiants et des élèves. Le commissaire Corona et les ministres de l'Enseignement en détermineront les modalités. 

Port du masque dès la 5e primaire

Cette mesure était vivement souhaitée par le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts. Jeudi, lors de la réunion des ministres de l'Enseignement, la Flandre avait confirmé qu'elle imposerait cette mesure dans les écoles qu'elle contrôle. Le Comité de concertation a validé cette mesure. Le porte du masque sera obligatoire pour tous les élèves, à partir de la 5e primaire. Cela devra être le cas à partir du 22 mars. 

Des trains vers la mer limités dès le 3 avril

C'est la mesure qui fera parler. Le comité de concertation a décidé qu'à partir du 3 avril et pendant, les sièges côté fenêtre seront les seuls à pouvoir être occupés par des personnes âgées de plus de 12 ans, dans les trains à destination des axes touristiques. Comprenez la mer. La capacité des trains vers la mer sera donc fortement limitée. Cette mesure a été très fortement discutée au sein du comité de concertation. Elle vise essentiellement à limiter le tourisme d'un jour vers la côte. C'était une demande forte du CD&V et elle a provoqué des débats vifs.

Plus de tests, plus de contrôles

C'est l'un des éléments centraux de ce Codeco : à partir de ce lundi 22 mars, des tests antigéniques vont être massivement utilisés dans les secteurs dits à risque, les services publics de police, d'inspection, de poste, d'incendie, le 112, les douaniers. Pour ce qui concerne le secteur privé, la sélection se fera via les médecins-inspecteur d'hygiène, en concertation avec les gouverneurs de province.

"Pour les travailleurs qui ne peuvent pas télétravailler, nous lançons, à partir de lundi, une campagne de dépistage poussé", a indiqué Alexander De Croo. 

Il a enfin été annoncé que l'arrêté ministériel qui concerne le couvre-feu est prolongé jusqu'au 30 avril. Il est donc toujours prévu en Wallonie et en Flandre de minuit à 5h du matin. Bruxelles, quant à elle, a prolongé son couvre-feu de 22h à 6h au moins jusque fin mars. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK