Comité de concertation: "Nous sommes en total désaccord sur le plan budgétaire"

Rien ne va plus pour le budget, selon Paul Magnette
Rien ne va plus pour le budget, selon Paul Magnette - © THIERRY ROGE - BELGA

Ce mercredi matin, entités fédérées et fédérales étaient rassemblées autour de Charles Michel, afin d'aborder les thématiques du budget et du Pacte national d'investissements.  Au bout de deux heures de réunion, le comité de concertation n'a pu s'accorder sur le programme de stabilité 2017-2020 des finances belges. Les ministres du Budget du gouvernement fédéral et des entités fédérées doivent se revoir dans l'après-midi afin de poursuivre les discussions, sous la pression de L'Europe qui attend la copie de la Belgique vendredi.

Ce comité de concertation semble dévoiler certaines tensions, particulièrement du côté de la Wallonie et de Paul Magnette. Au bout de presque deux heures de concertation, rien ne va plus pour le ministre-président wallon, qui ne veut pas d'austérité pour la Wallonie et veut immuniser certaines dépenses au niveau européen... Une position en désaccord avec le Fédéral. L'ambiance n'est pas bonne selon ce dernier, qui "doute que l'on arrive à un accord." "Nous sommes en total désaccord sur le plan budgétaire", a lancé M. Magnette en quittant la réunion.

On ne peut pas se contenter d'être un bon élève qui calligraphie ce que lui dicte l'Europe

A ses yeux, l'équipe de Charles Michel cherche trop à se montrer bon élève vis-à-vis des exigences européennes. "Le fédéral est favorable à une politique d'austérité. Nous pensons au contraire qu'il faut oser un dialogue critique avec l'Europe en disant: non, on ne veut pas de cette politique", a-t-il expliqué. La Wallonie souhaite "immuniser" dans le calcul du déficit les dépenses d'investissement stratégique (plan Marshall, financement des hôpitaux, etc.), parce qu'elles participent à la relance économique, ainsi que les dépenses en sécurité et lutte contre le radicalisme comme le fait le gouvernement fédéral.

Paul Magnette sur l'austérité imposée par l'Europe au micro de Fabien Van Eeckhaut

Au total, cette immunisation porterait sur 317 millions d'euros. "On ne peut pas se contenter d'être un bon élève qui calligraphie ce que lui dicte l'Europe", a renchéri le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix (PS), en précisant toutefois que la discussion se poursuivait. "Nous cherchons une démarche commune", a-t-il précisé. Un travail a lieu pour examiner la manière de prendre en compte budgétairement les investissements, a indiqué de son côté la ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmès (MR). "Mais, en attendant, on doit respecter les critères européens", a-t-elle ajouté.

Le Fédéral a "les bras grands ouverts"

Paul Magnette avait déjà déclaré sur nos ondes que le Pacte national d'investissements stratégique avait été fait sans réelle coordination avec les Régions, contrairement au Premier qui déclarait lui, dans Matin Première, que Fédéral et Régions y sont associées depuis le début.

Les positions du Fédéral et de la Région wallonne expliquées par Fabien Van Eeckhaut

Didier Reynders, vice-Premier, prenait les choses assez sereinement à l'entrée du comité : "Je crois que c'est un peu l'habitude à l'entrée des comités de concertation de se lancer l'une ou l'autre pique. Ce que j'espère maintenant, c'est que l'on va travailler ensemble et présenter un programme d'investissements solide, au départ des Régions comme au départ du Fédéral."

Sujet du JT de 13h

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK
Matin Première
en direct

La Première Bxl

Matin Première