Comité de concertation : "On n’est pas capable aujourd’hui de dire si l’on est dans une troisième vague". Quels indicateurs pour la voir arriver ?

Depuis ce week-end, les chiffres des contaminations augmentent, et depuis quelques jours, ce sont les admissions à l’hôpital et en soins intensifs qui semblent suivre la même tendance (mais cela pourrait aussi être dû à des foyers dans certains hôpitaux). La question est donc sur toutes les lèvres : sommes-nous à l’aube d’une troisième vague ?

"Aujourd’hui on n’est pas capable de dire si l’on est dans une troisième vague ou pas, explique le ministre-président wallon Elio Di Rupo lors du comité de concertation. Si on est dans la troisième vague, on entre dans une exponentielle, ça veut donc dire que ça augmente très vite."

Quels indicateurs pour estimer une nouvelle vague ?

Ce que confirme Yves Coppieters, présent sur le plateau de notre édition spéciale en TV. Il explique comment estimer si l’on entre dans une nouvelle vague. "C’est vrai que c’est pour l’instant impossible de le dire. On est dans une période d’incertitude, où les indicateurs montent et descendent. Pour l’instant, ils montent, et si on veut parler d’une troisième vague il faut :

  • que le taux de positivité augmente au-dessus de 10%, pour l’instant on est vers 6% ;
  • il faut que le taux de reproduction (Rt) remonte à 1.3 – 1.4, pour l’instant on est à 1 ;
  • il faut que l’occupation des lits en soins intensifs soit plus importante, pour l’instant on est à 17% et il faudrait que ça monte vers 40-50%.
  • On va aussi regarder le temps de doublement des indicateurs : plus ce temps diminue, fatalement, plus on va vers une phase exponentielle. Voilà, c’est comme ça que l’on va évaluer une troisième vague."

Une semaine pour voir la vague arriver, est-ce suffisant ?

Elio Di Rupo justifie par cette incertitude la décision de reporter d’une semaine une bonne partie des décisions de ce comité.

"Si on écoute certains membres des hôpitaux, comme dans l’hôpital universitaire de Gand, le personnel dit qu’ils sont dans la troisième vague. Et nous, en tant qu’autorité, au lieu de commettre des erreurs et d’éviter de gâcher tous les efforts qui ont été faits jusqu’ici, nous préférons nous donner quelques jours pour vérifier si nous sommes entrés dans cette troisième vague et donc prendre des mesures plus appropriées."

L’épidémiologiste Yves Coppieters est resté quelque peu dubitatif face à ces déclarations. "L’indicateur hospitalier reste un excellent indicateur de suivi de la gravité de l’épidémie, et en effet, on vient de nous annoncer 200 nouvelles hospitalisations lors des dernières 24h". Un chiffre qui ne se retrouve pas dans le rapport épidémiologique de ce jour, car il a été révélé ce midi, et se retrouvera donc dans le rapport de demain.

"Le problème c’est qu’ils se donnent une semaine, mais je ne vois pas très bien ce qu’il peut se passer en une semaine. S'il y a cette explosion exponentielle, une semaine, c’est trop court pour la voir arriver. Donc je ne vois pas très bien ce qui pourra se passer en une semaine, qui pourra les rassurer dans un sens ou dans l’autre."

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