Comité de concertation : le point sur les dernières décisions

Un nouveau comité de concertation s’est tenu ce vendredi après-midi depuis 14 heures. C’était, une nouvelle fois, l’occasion de faire le point sur les chiffres de l’épidémie de Coronavirus et sur l’adéquation des mesures sanitaires adoptées. Une conférence de presse a suivi pour faire le point sur les décisions prises.

 

"Ce pourrait être le début d’une troisième vague, mais nous pouvons l’éviter"

Le Premier ministre, Alexander De Croo a dressé d’emblée le tableau. "Dans les jours et les semaines qui vont venir, c’est nous qui déterminerons l’évolution des chiffres", a-t-il dit. "Le virus ne prend pas de vacances", a-t-il ajouté. Il s’est félicité que les mesures prises ces dernières semaines ont permis de faire baisser les niveaux de contamination en l’espace de huit semaines. "Peu de pays se portent mieux que la Belgique", a estimé Alexander De Croo. Il faut, estime-t-il, continuer les efforts car les chiffres de l’épidémie restent plus mauvais que ceux de la fin de la première vague. "Ce pourrait être le début d’une troisième vague, mais nous pourrons l’éviter, grâce aux gestes barrière et à notre attitude", a déclaré le Premier ministre qui se félicite que quatre personnes sur cinq, en Belgique, "comprennent très bien les règles".

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a) a lui aussi mis en garde. "Dans certaines provinces les contaminations sont en augmentation de 30%", a-t-il expliqué. "Les vacances de Noël doivent être un casse-vague", a-t-il ajouté.

Pas d’assouplissement des mesures, notamment pour les métiers de contact (coiffeurs, …)

Les représentants du gouvernement fédéral, des Régions et des Communautés se sont penchés sur la situation épidémiologique, le dépistage, la vaccination et le contrôle de la quarantaine. "Il n’y aura pas d’assouplissement", a annoncé Alexander De Croo à l’issue du Comité de concertation. Au contraire, l’exécution des mesures sera renforcée, a-t-il dit.

Lors des derniers comités de concertation, la question d’éventuels assouplissements avant les fêtes avait été prudemment laissée en suspens tout en laissant très peu d’espoirs à ceux qui auraient voulu élargir la "bulle" ou rouvrir certaines professions de contact. Interrogé sur le sujet au début du mois, le Premier ministre avait rappelé qu’il faudrait que les chiffres de l’épidémie baissent de manière importante pour espérer un assouplissement des mesures. Déjà à l’époque, cela semblait illusoire. Le 27 novembre, le comité de concertation avait établi un seuil à partir duquel le pays passerait dans une phase de "gestion" de la crise. Il était question de 800 contaminations par jour pendant trois semaines et de 75 hospitalisations par jour pendant 7 jours. Cet objectif paraît inaccessible à court terme.

Interrogé jeudi après-midi à la Chambre, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, s’était montré clair : si la situation s’est considérablement améliorée depuis le mois d’octobre, le nombre de contaminations demeure trop élevé et aurait même tendance à repartir à la hausse en Flandre.

Des assouplissements sont donc exclus, en particulier pour les professions de contact (coiffeurs, instituts de beauté, etc.) qui ont manifesté à plusieurs reprises au cours des dix derniers jours et dont le cas a fait l’objet d’une étude particulière. Le rapport des experts transmis aux autorités est clair sur ce point. La reprise des activités des métiers de contact ne peut se faire pour le moment.

 

Dans les commerces ouverts : on rappelle les règles, pas de shopping récréatif

Pour le comité de concertation, il s’agit aussi de rappeler les règles en vigueur dans les commerces ouverts, en particulier les commerces non-essentiels. Les autorités rappellent qu’il n’est pas question de pratiquer du shopping récréatif. Lorsque ce sera nécessaire, les contrôles et les mesures seront renforcés dans les commerces. Le comité de concertation rappelle ainsi que les courses se font de manière individuelle et en 30 minutes maximum.

 

Renforcement des contrôles sur l’obligation du télétravail

Parmi les règles déjà en vigueur dont l’application sera davantage contrôlée figure le télétravail. Pour rappel, il est obligatoire, partout où il est possible, mais toutes les entreprises ne l’appliquent pas avec la même rigueur. "Il y aura des contrôles renforcés sur le télétravail", a annoncé Alexander De Croo. "On voit que les gens respectent moins bien. Nous allons être stricts au niveau des contrôles", a poursuivi le Premier ministre, annonçant des amendes pour les entreprises qui ne respectent pas cette obligation de recourir au télétravail.

Jeudi soir, Le cabinet du ministre de l’Emploi, Pierre-Yves Dermagne avait déjà annoncé des contrôles " flash " durant tout le mois de janvier dans le secteur tertiaire.

Quarantaine au retour de zones rouges et test covid pour les non-résidents qui entrent en Belgique

Le Comité de concertation a fait le point sur la question des voyages. Il a ainsi rediscuté de la quarantaine et du test pour les personnes de retour de zones rouges à l’étranger.

Pour les voyageurs qui reviendront en Belgique après un séjour en zone rouge de plus de 48 heures, une quarantaine de sept jours sera obligatoire. Ils pourront sortir de cette quarantaine après un test négatif. Cette quarantaine ne sera pas obligatoire si le Passenger Location Form du voyageur montre que le risque de contamination est faible en raison du comportement du voyageur. Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke a cependant annoncé que les règles autour de ce formulaire PLF (Passenger Location Form) seront renforcées. En effet, a-t-il expliqué, des personnes y minimisent les risques qu’ils ont courus en voyage.

Le Premier ministre demande aussi aux Belges de ne pas voyager. Les voyages restent déconseillés. Sur le site du SPF Affaires étrangères, peu de destinations échappent à la couleur rouge. "Si vous partez plus de 48 heures, vous serez considéré comme un contact à risque plus élevé", a indiqué le Premier ministre, rappelant l’obligation de quarantaine.

Quant aux non-résidents qui souhaiteront entrer en Belgique, ils devront présenter une attestation de test Covid négatif, c’est-à-dire un résultat de test négatif rendu il y a moins de 48 heures. Cette mesure entre en application le 25 décembre.  Elle ne s'applique pas aux travailleurs transfrontaliers. 

Des contrôles aux frontières et dans les aéroports sont prévus. 

 

Le ski est interdit en Belgique

Cette mesure peut paraître anecdotique actuellement, vu les conditions météo en vigueur pour le moment en Belgique. Cependant, à la veille des vacances de Noël, le comité de concertation pare à toute éventualité. S’il devait neiger au cours des prochaines semaines, le ski serait interdit.

Plus tôt dans la journée, le bourgmestre de Bütgenbach, Daniel Franzen (cdH) avait plaidé pour une interdiction du ski de fond et du ski alpin en Belgique, vu le nombre important de touristes qui font le déplacement en région germanophone pour skier. "Ce sera plus facile pour tout le monde car si on ouvre la location et les pistes, j’ai peur que cela provoque le rassemblement des gens, ce n’est pas le bon moment", avait-il dit. Et de pointer les files d’attente où la distanciation sociale peut être difficile à faire respecter ou encore les locations où le problème de la désinfection se posera.

La question du couvre-feu à nouveau sur la table du Comité de concertation

Il y a quelques jours, le Collège des procureurs généraux a précisé le cadre pour les interventions de police destinées à faire respecter les mesures sanitaires décidées. Pour rappel, les sanctions financières sont alourdies pour les participants à des lockdown parties et pour les organisateurs de ces fêtes. L’usage de drones par la police a également été proscrit pour contrôler la présence de rassemblements privés.

Parmi les mesures déjà prises qu’il fallait à nouveau évaluer figurait le couvre-feu. La norme fixée par le Fédéral est un couvre-feu de minuit à cinq heures du matin. La Wallonie et Bruxelles, ont décrété un couvre-feu de 22 heures à 6 heures jusqu’à la mi-janvier. La Wallonie a fait une exception et a accordé une permission de minuit à Noël, où le couvre-feu ne sera effectif qu’à partir de minuit et jusqu’à 6 heures.

La Flandre, elle, a maintenu un couvre-feu de minuit à 5 heures. En fonction des chiffres de l’épidémie, inquiétants partout et encore plus en Flandre, la question a été posée de modifier l’heure du couvre-feu pour aligner les heures de couvre-feu flamandes à celles du reste du pays. Ce ne sera pas le cas. Rien ne change. Le couvre-feu reste effectif de minuit à cinq heures en Flandre.

Objectif : laisser les écoles ouvertes

"Il est important de maintenir nos écoles ouvertes, pour le bien-être de nos enfants", a indiqué le Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR). L’enseignement hybride, en partie en classe et en partie à domicile, est maintenu au moins jusqu’au 15 janvier pour les élèves à partir de la 3e secondaire.

Le Premier ministre Alexander De Croo a également adressé plusieurs messages à ses concitoyens.   "Je veux exprimer ma reconnaissance pour tous les efforts que le personnel soignant a fournis. Nous pensons à vous et nous sommes conscients que cette période est compliquée pour vous", a-t-il déclaré. Ensuite, pensant à ceux qui espéraient un assouplissement des mesures : "Je voudrais m'adresser aux personnes auxquelles nous n'avons pas pu donner de message positif, tous ces métiers qui sont touchés par cette crise et qui espéraient pouvoir reprendre leur activité. Ce n'est pas possible mais nous allons continuer à vous aider et à vous soutenir", a expliqué Alexander De Croo.

Enfin, il a terminé par un message d'espoir "Si tout se passe bien, la vaccination pourra débuter cette année-ci encore. C'est plus tôt que prévu. Je pense que cette petite avance peut faire la différence", a-t-il déclaré.  "Il a une lumière au bout du tunnel", a-t-il conclu. 

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