Comité de concertation: "J'ai entendu un ministre wallon dire 'parfait'"

La composition du comité de concertation, cet organe belgo-belge qui réunit les gouvernement fédéral et des entités fédérées, s'est modifiée suite au changement de coalition en Wallonie. Exit Paul Magnette, c'est désormais Willy Borsus qui occupe le poste de ministre-président wallon. On se souvient de certaines passes d'armes homériques entre Charles Michel et Paul Magnette, dont les désormais mythiques, et révélées par L'Echo : "Ça va, Charles, tu peux nous effacer ton sourire narquois!"..."Paul, ressaisis-toi."

Aujourd'hui, la donne a changé, et pour Willy Borsus, habitué du comité de concertation lorsqu'il était ministre fédéral, l'ambiance n'est plus la même, et c'est une bonne chose selon lui: "le comité de concertation, dans le passé, était plutôt utilisé comme une forme d'opposition, de deuxième opposition au gouvernement fédéral, dans des positionnements politiques, dans de la confrontation. Mais ce n'est pas le sens de l'organe qui a été créé à la suite des réformes de l'Etat." La Wallonie de Willy Borsus sera-t-elle plus conciliante envers le fédéral ? Pour le nouveau ministre-président, le sud du pays défendra d'abord ses intérêts "mais avec la volonté de déboucher sur des solutions." Quant à son homologue flamand, le N-VA Geert Bourgeois, il a exprimé sa satisfaction de voir la Wallonie prendre un autre chemin: "J'espère qu'il y aura du changement. Je pense que c'est bien pour la Wallonie si de nouvelles politiques sont entreprises avec davantage d'importance accordée à l'économie, au bien-être, à l'ouverture économique et au libre-échange."

Front francophone affaibli ?

Pour Didier Reynders, un ministre-président wallon libéral, "Cela crée une ambiance un peu différente. J'ai entendu, à un moment sur un dossier, un ministre wallon dire 'parfait'... Sur un certain nombre de dossiers, on voit des convergences entre ce que fait le fédéral et ce que fait la Wallonie (...) Avec la région wallonne, ça sera plus serein", conclut le ministre des Affaires étrangères.

Plus de sérénité, mais un front francophone affaibli? C'est ce que pense le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le PS Rudy Demotte: "On a un gouvernement wallon qui entre plus dans les rails du fédéral. Ça se sent dans le non-verbal, dans l'expression. Il y a une fragilisation du front francophone. Diviser les francophones dans des majorités distinctes, se battre sur un axe gauche-droite encore plus assertif, c'est donner du grain à moudre aux nationalistes flamands."

Le comité de concertation s'est entendu sur une série de dossiers comme l'accord de coopération entre les régions sur les allocations familiales. Plusieurs dossiers restent en souffrance: le calcul de la pension des enseignants, la répartition du financement du fonds national pour la conversion du gaz à bas pouvoir calorifique vers le gaz à haut pouvoir calorifique, entre autres.

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