Comité de concertation : dans l’opposition et dans le monde de la culture, la ministre Linard est critiquée

Vendredi, au Comité de concertation, peu d’avancées ont été obtenues pour permettre au secteur culturel de reprendre des activités et, surtout, d’avoir des perspectives pour les mois d’été. A l’issue de la réunion, la ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles Bénédicte Linard (Ecolo), avait déclaré que les décisions prises par le comité de concertation constituaient "une occasion manquée". Ces déclarations, et celles qui les entouraient, font aujourd’hui l’objet de critiques dans l’opposition et du côté d’acteur du monde de la culture.

Qu’a déclaré la ministre de la Culture ?

En réaction au peu de mesures adoptées par le Comité de concertation pour donner des perspectives aux acteurs du secteur culturel, la ministre a parlé "d’occasion manquée". Pour elle, le plan mis sur la table par le secteur était "réaliste" et "durable", il y avait des "perspectives claires" pour les mois à venir. 

"Le travail qui avait été mené n’a pas été respecté", avait estimé Bénédicte Linard. La ministre avait fait état de "frustration". "Je travaille en amont, en aval, mais mon action s’arrête aux portes du Comité de concertation (Codeco). Ce sont les personnes autour de la table du Codeco qui prennent les décisions", avait-elle ajouté, estimant qu’on aurait "dû donner des perspectives plus claires".

Dans l’opposition, l’ancienne ministre de la Culture est très critique

L’ancienne ministre de la Culture, Alda Greoli (cdH) ne mâche pas ses mots au lendemain de ce Codeco et à la suite des déclarations de l’actuelle ministre Bénédicte Linard. "L’occasion manquée, c’est Bénédicte Linard", estime-t-elle. "Je me demande s’il ne serait pas grand temps qu’elle ait le numéro de GSM du Ministre-Président Pierre-Yves Jeholet. Comment peut-on, quand on est ministre, oser dire que sa responsabilité s’arrête à la porte du Codeco (Comité de concertation) ?", se demande Alda Greoli.

"Je suis en colère, même pas parce qu’elle n’a pas obtenu, mais je suis en colère par cette manière de se comporter comme un Caliméro", fulmine l’ancienne ministre de la Culture.

Pour elle, un ministre "n’a pas de responsabilité qui s’arrête à n’importe quelle porte. Un ministre est ministre 24 heures sur 24 et défend ses matières 24 heures sur 24".

Des critiques aussi du côté du collectif "Still standing for culture"

Dans le monde culturel, où l’on s’est organisé pour travailler à des protocoles sanitaires et proposer des solutions pour une reprise progressive des activités culturelles, en tenant compte de l’évolution de l’épidémie, les décisions du Comité de concertation de ce vendredi passent mal. "Au-delà du soutien de la ministre de la Culture, de ce qu’elle est en capacité de faire ou non pour nous, c’est à nous de prendre nos responsabilités maintenant, ces lois ne sont plus respectables", estime David Murgia, metteur en scène et membre du collectif "Standing for culture". 

Pour lui, c’est intolérable que la culture soit à l’arrêt. "Si j’étais ministre de la Culture, je m’indignerais d’avoir un gouvernement si peu attentif à la capacité de la population à réfléchir collectivement, à se rassembler, à réfléchir la situation et à faire émerger les vraies questions dans cette temporalité exceptionnelle", poursuit David Murgia.

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