Comité de concertation ce vendredi : métiers de contact, frontières, bulles, à quoi s’attendre ?

Les autorités du pays se retrouvent ce vendredi, à 14 heures pour un nouveau Comité de concertation. Il se tiendra "en réel", au Palais d’Egmont. Les autorités feront le point sur la situation de l’épidémie de Coronavirus et sur l’adéquation des mesures sanitaires.

A court terme, peu de changements devraient intervenir, excepté pour les métiers de contacts encore fermés dont la réouverture devrait être confirmée, pour les voyages non-essentiels et, peut-être, la bulle extérieure.

Les avis des scientifiques laisseraient peu de marge pour des assouplissements

Un récent avis du GEMS, le groupe d’experts scientifiques qui conseillent le gouvernement, donnerait peu de possibilités d’assouplir les règles sanitaires. " À court terme, peu de choses sont possibles", écrit De Morgen, citant une source anonyme.

On se rappellera que lundi, lors de la conférence de presse improvisée du Premier ministre en compagnie d’experts et de biostatisticiens, le ton était déjà à la prudence. Les inquiétudes qui pèsent autour du variant britannique ne permettaient pas de voir s’écarter le risque d’une troisième vague. Les différents scénarios de déconfinement présentés par les biostatisticiens prédisaient un retour à un niveau de contamination élevé, proche de ce qu’on a connu lors des deux premières vagues, principalement en cas d’assouplissements importants à partir du 1er mars et même du 1er avril.

Entre ce que les scientifiques recommandent et ce que le politique décide, il y a parfois des différences. Le politique ne suit pas toujours à la lettre l’avis des experts. Avant le précédent Comité de concertation, les experts ne plaidaient pas pour une réouverture des salons de coiffure. Le politique en avait décidé autrement.

Au sein de la population, on a bien senti ces derniers jours que le besoin de liberté était grand. Les rassemblements observés au Bois de la Cambre à Bruxelles, à Louvain ou dans le parc de la Boverie, à Liège, en sont une illustration et sont probablement une indication que les règles sanitaires pèsent de plus en plus sur certains.

Face aux demandes d’assouplissements des règles, entre les "pas tout de suite" de certains représentants politiques et les "il faudrait assouplir" d’autres dirigeants politiques, il faudra, une fois de plus, chercher un équilibre.

A la Chambre, jeudi, Alexander De Croo a balisé le terrain du Comité de concertation

Répondant aux questions et aux critiques des députés sur la stratégie du gouvernement dans la crise du Coronavirus, ce jeudi à la Chambre, le Premier ministre Alexander De Croo a, en quelque sorte, balisé le terrain pour le Comité de concertation de vendredi. "Le Comité de concertation qui se réunira vendredi se tiendra à un moment difficile", a déclaré Alexander De Croo. "Nous avons tous, ces derniers jours, senti le parfum du printemps et le parfum de la liberté. Mais après un an de mesures difficiles, nous nous rendons compte qu’il faut quand même continuer à veiller les uns sur les autres pour nous protéger d’un rebond."

Le Premier ministre a rappelé l’analyse que des experts ont présentée lundi, selon laquelle des assouplissements seraient envisageables à partir d’avril ou de mai. Ce qui signifie qu’en mars, il faudra rester prudent. Pour le Premier ministre, cela ne signifie pas forcément ne rien changer aux règles actuelles. "La réponse est non !", a-t-il déclaré à la Chambre. Cependant, a-t-il ajouté, "Il faut opter pour un cap prudent mais également un cap qui tient compte du bien-être de la population, de l’adhésion et du soutien à celles et ceux qui connaissent des moments difficiles". En réponse à tous ceux qui demandent un allégement important des mesures sanitaires et des restrictions, Alexander De Croo a demandé de garder son sang-froid. "Je vous appelle tous à le faire. Nous avons tous une responsabilité énorme, on doit montrer à la population que nous sommes capables de ne pas perdre notre sang-froid et de ne pas céder à la tentation de décisions irréfléchies. Nous devons prendre des décisions responsables. Voici les éléments clés pour la réunion de vendredi.", a conclu Alexander De Croo.

Confirmation, en principe, de la réouverture des métiers de contact encore fermés

Cela avait déjà été évoqué lors du précédent comité de concertation. Alors que les salons de coiffure avaient été autorisés à reprendre leurs activités à partir du 13 février, la réouverture des autres métiers de contacts, les instituts de beauté, les instituts de pédicure non médicale, les salons de manucure, les salons de massage et les salons de tatouage/piercing avait été reportée au 1er mars. Le Comité de concertation devrait donc confirmer cette date.

Pression européenne pour autoriser les voyages non-essentiels

La question de l’ouverture des frontières et de l’autorisation des voyages non-essentiels devrait être sur la table du Comité de concertation. La Commission européenne a écrit aux autorités belges pour obtenir rapidement une réponse au caractère, selon elle, disproportionné de l’interdiction des déplacements non essentiels prolongée au 1er avril. La mesure pourrait donc être réévaluée. Une nouvelle autorisation des voyages non-essentiels ne signifierait pas forcément pour autant la fin des contraintes pour les voyageurs. Les voyages non-essentiels resteraient déconseillés. Des conditions pourraient être imposées pour décourager les voyages non-essentiels, comme cela a déjà été le cas avec, par exemple, les tests obligatoires et la quarantaine, avec des contrôles renforcés.

Vers un élargissement de la bulle extérieure ?

Actuellement, à l’extérieur, les Belges ne sont autorisés à se rassembler qu’à quatre personnes au maximum. Agrandir cette bulle est une option qui devrait être discutée ce vendredi. Dans la majorité, certains partis ont plaidé pour un élargissement des contacts en extérieur. Groen et Ecolo ont suggéré de passer de quatre à huit personnes. Du côté du MR, on a aussi plaidé pour agrandir la bulle extérieure à dix personnes, voire plus. Autoriser environ une dizaine de contacts privés à l’extérieur pourrait donc être une option suivie par le Comité de concertation.

Cependant, du côté des experts du GEMS, un assouplissement de la bulle extérieure ne serait pas une bonne idée. C’est toujours l’incertitude autour du variant britannique qui pousse les experts à l’extrême prudence. La plus grande contagiosité de ce variant ferait courir un risque élevé de troisième vague.

Le couvre-feu toujours à 22 heures ?

A Bruxelles et en Région wallonne, le couvre-feu est toujours fixé de 22 heures à 6 heures. La Flandre, elle, a décidé de s’en tenir aux recommandations fédérales et a établi le couvre-feu de minuit à 5 heures.

Bruxelles et la Wallonie choisiront-elles de s’aligner sur la Flandre en acceptant de porter de l’heure de début du couvre-feu à minuit et celle de fin à 5 heures ? Ce jeudi, le gouvernement wallon n’a pas tranché sur la question, reportant une éventuelle décision au Comité de concertation de vendredi. Il est probable que les rassemblements dans les parcs ces derniers jours fassent réfléchir les décideurs politiques.

De l’espoir pour le secteur de l’enseignement ?

L’enseignement supérieur est toujours dans l’attente d’une reprise, au moins partielle, des cours en présentiel. Du côté de la ministre de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny (MR), que du côté de son homologue flamand, Ben Weyts (N-VA), la date du 15 mars a été avancée. Cela reste à valider en Comité de concertation.

 

Coronavirus en Belgique : conférence de presse du Premier ministre du 22/02/2021

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