Combattants belges en Syrie : le conseil national de sécurité se réunira mercredi

Que faire des combattants belges en Syrie, alors que la Turquie attaque les positions kurdes dans la région ? La question fera l’objet d’une réunion du conseil national de sécurité ce mercredi. 

Pour rappel, il y aurait une cinquantaine de combattants djihadistes originaires de Belgique, retenus dans des camps en Syrie. Aujourd’hui, difficile d’avoir des informations précises sur leur situation et celle de leur famille, notamment savoir s’ils sont toujours dans ces camps jusqu’alors sous contrôle kurde. Certains de ces combattants auraient profité de l’offensive turque pour fuir.

Eviter un retour en Belgique

Le dossier est pour le moins délicat voire embarrassant. Ce lundi matin, alors que nous tentions d’obtenir des réponses sur la position du gouvernement belge sur la question, c’était plutôt silence radio. Le ministre de la justice Koen Geens s’est refusé à tous commentaires, tout comme le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem, qui, embarrassé, n’a pas souhaité nous répondre sans prendre d’abord ses consignes. Il y a quelques jours, à la VRT, il avait tout de même fait part de son souhait de créer un tribunal international dans la région pour juger sur place les djihadistes.

Du côté du Premier ministre, en route vers Helsinki pour préparer sa présidence du conseil européen et fort occupé avec le Brexit, on nous précise tout de même qu’un conseil national de sécurité est convoqué ce mercredi pour aborder la question. Composé du Premier ministre, des vice-Premiers et des ministres de la Justice, de la défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères, le conseil national de sécurité est chargé de définir les mesures nécessaires au maintien de la sécurité sur le territoire.

Avec quel résultat ? Peu de chance que la position de la Belgique évolue. On le sait, pour les autorités politiques du pays mieux vaut que les ex-djihadistes et leurs familles ne s’enfuient pas des camps syriens et soient jugés sur place plutôt que chez nous, en espérant que les plus dangereux ne reviennent pas. Et pour les familles, on analyse les dossiers au cas par cas, pour rapatrier s’il le faut. Une tâche difficile, puisque la Belgique n’a ni soldat, ni service de renseignements sur le terrain. Plus globalement, la Belgique attend également une prise de position européenne, les pays voisins étant soumis aux mêmes questionnements.

►►► À lire aussi : Syrie : le témoignage d’une Belge dans le camp de Aïn Issa


 

Le monde judiciaire met la pression

Voilà donc une position qui tranche nettement avec celle du monde judiciaire et des acteurs de la sécurité en Belgique. Ce matin sur la Première, le procureur fédéral Frédéric van Leeuw, l’a répété. Pour lui la meilleure option est de rapatrier les combattants belges et leur famille.

Quelques jours plus tôt, Paul Van Tigchelt, le directeur de l’organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) allait dans le même sens. Pour ces acteurs de terrain, la Belgique est apte et prête à juger ces combattants.

L’invité de Matin Première

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