Comité de concertation : face aux mauvais chiffres de l’épidémie de coronavirus, qu’est-ce qui est sur la table ?

Le comité de concertation se tient ce vendredi matin. Il a été avancé, signe évident que chacun a pris la mesure d’une situation sanitaire qui se dégrade rapidement. Les chiffres sont là, l’augmentation des infections et des hospitalisations est supérieure aux courbes les plus pessimistes esquissées par les experts dans les modélisations disponibles la semaine dernière.

Coordination internationale pour analyser les chiffres

Le Premier ministre, Alexander De Croo a eu ces dernières heures de nombreux contacts politiques. Il a également longuement discuté avec le commissaire Corona pour analyser en détail la situation épidémiologique, en particulier la situation dans les unités de soins intensifs et au niveau des soins de première ligne (médecins). Une concertation a été menée également avec ses collègues néerlandais et luxembourgeois Mark Rutte et Xavier Bettel pour discuter de la situation sanitaire.

Trois axes de mesures

Quelles mesures vont-elles être prises ? Le Premier ministre souhaite travailler sur trois axes :

  • L’accélération des vaccinations/boosters
  • Des mesures plus strictes pour renforcer l’efficacité du tracing et le testing notamment dans les écoles
  • Un paquet de mesures sanitaires, applicables dès ce samedi 27 novembre, à l’exception des mesures liées à des évènements organisés par des professionnels.

Monde de la nuit fermé, événements privés interdits

Le monde de la nuit serait à nouveau plongé dans le noir. C’est tout simplement la fermeture du secteur des boîtes de nuit et dancings qui est évoquée. C’était d’ailleurs une recommandation du groupe d’experts du GEMS qui conseillent les autorités.

Les bars, les restaurants et l’ensemble des grands évènements extérieurs (type marchés de Noël) pourraient se voir imposer des heures d’ouverture limitées de 5 heures du matin à minuit. Les mesures liées à des évènements organisés par des professionnels n’entreraient en vigueur que le lundi 29 novembre, laissant donc encore une fenêtre d’ouverture ce week-end.


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Des restrictions, comme un nombre de places limitées par table, seraient à nouveau imposées à l’intérieur des établissements Horeca. La question des aides publiques vis-à-vis de ces secteurs va également s’inviter dans les débats politiques. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez a d’ailleurs déjà rappelé dans "Jeudi en Prime" qu’il est évident, selon lui, que des mécanismes d’accompagnement allaient être réactivés.

Les autorités envisagent d’interdire les réunions privées, hors domiciles privés, à l’exception des mariages et funérailles. Ces réceptions devront respecter les règles établies lors du dernier Comité de concertation (CST et jauges de 50 personnes en intérieur, 100 personnes à l’extérieur).

Les compétitions sportives à l’intérieur se feront désormais sans public.

Renforcer les mesures dans les écoles, télétravail généralisé

Les ministres de l’Education sont invités à renforcer les mesures au sein de l’école, notamment lorsque les groupes se croisent (type réfectoire, études, garderies). Dans l’enseignement obligatoire, les règles encadrant le testing ou la fermeture d’une classe pourraient être durcies. Actuellement, à partir de deux cas dans une classe, l’ensemble des élèves est testé. S’il y a 25% de cas positifs en 7 jours, alors toute la classe bascule en quarantaine. Ces critères pourraient être durcis.


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Le comité de concertation s’apprête également à demander aux ministres de l’Enseignement supérieur des propositions supplémentaires par rapport aux protocoles en vigueur.

Enfin, quasi incontournable pour limiter les déplacements, la question du télétravail généralisé sera également sur la table.

Comment organiser la Saint-Nicolas et les fêtes de fin d’année ?

De manière plus globale, les autorités vont inviter les Belges à mieux sécuriser leurs contacts dans la sphère privée, notamment avec les personnes vulnérables. Le retour d’une "bulle sociale" n’est pas envisagé. Le commissaire Corona, Pedro Facon, a plusieurs fois insisté, dans ces documents préparatoires, sur l’importance de réaliser, par exemple, des tests rapides avant de se rendre à une grande réunion de famille.

L’organisation (un peu) précipitée du comité de concertation n’a pas permis d’organiser les différentes réunions préparatoires habituelles avant chaque Codeco. De nombreux points doivent donc encore faire l’objet de vraies négociations politiques.

Un CST suspendu en cas de contact à haut risque

Enfin, il est question de soulager la première ligne dans cette 4e vague de la pandémie, la médecine générale. La politique de dépistage des contacts à haut risque serait également revue. Actuellement, si vous êtes identifié comme contact à haut risque vous devez vous faire tester les jours 1 et 7. Les autorités envisagent de décaler le premier test, et de supprimer le second.

Concrètement, vous ne devriez plus que vous faire tester, par exemple au jour 3. Par contre, dans l’attente de ce test, votre CST serait suspendu, la quarantaine ne serait toutefois pas obligatoire. L’accès aux tests sera notamment facilité avec des centres, sans rendez-vous.

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