Cocktails molotov sur les pompiers, poubelles en feu, attroupements : soirées de troubles dans les Marolles à Bruxelles

Plusieurs troubles ont animé le quartier des Marolles dans la nuit de vendredi à samedi, et à nouveau samedi soir, selon une information publiée par Sudinfo et confirmée par le porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Olivier Slosse.

Vendredi, des jeunes ont caillassé quatre véhicules de police, dont trois ont été endommagés. Deux mineurs ont été interpellés. Plus tôt, "lors d’une intervention pour un groupe qui générait du désordre, deux personnes ont dû être privées de leur liberté administrativement", détaille Olivier Slosse. "Ils s’entraînaient à enlever leurs masques et à cracher… On les a arrêtés pour leur laisser le temps de se calmer. Ils ont été arrêtés administrativement à 22h30 et libérés vers 00h30".

Une crèche ciblée

Ce sont cette fois deux personnes majeures qui étaient concernées. Après ces deux incidents, un boîtier de Sibelga pour l’éclairage public et la vitrine d’une crèche ont été cassés dans la rue des Tanneurs.

Samedi soir, vers 21h20, "nous avons reçu un appel pour des jeunes qui étaient en train de casser les fenêtres d’une crèche. Venant sur place, nous avons constaté que des poubelles étaient en feu ainsi qu’une voiture", explique à la RTBF Olivier Slosse. "Nous avons fait appel aux pompiers et deux de leurs véhicules ont été la cible d’un jet de cocktails molotov, sans toucher le véhicule. Il n’y a ni dégât, ni blessé. Ensuite, nous avons dû disperser un groupe d’une trentaine de personnes et procéder à la fouille des bâtiments et d’espaces publics afin de voir s’il n’y avait pas d’autres objets problématiques."

Identifier les auteurs de ces faits

Cette nuit, aucune interpellation n’a été menée "parce que cela s’est rapidement terminé, moins d’une heure plus tard. Nous avons ouvert un nombre de dossiers judiciaires afin d’enquêter et pouvoir identifier les auteurs de ces faits".

Pour rappel, des policiers de la zone Bruxelles-Ixelles ont été pris pour cibles dans la soirée de dimanche dernier au moyen de feux d’artifice à hauteur de la rue Terre-Neuve. Une voiture de police banalisée avait également été incendiée à la mi-juillet.

Qu’est-ce qui explique cette série d’incidents dans ce quartier ? "Avec le covid, nous avons des interventions dans ce quartier, où le public n’était pas d’accord avec notre façon d’agir ou de recevoir des remarques par rapport au non-port du masque, la présence de groupes dans l’espace public… Nous avons eu cette patrouille pour une intervention non liée qui a fait l’objet d’un tir de feux d’artifice." Cela avant les incidents de vendredi et samedi.

"On continue à être présent dans le quartier" pour les interventions quotidiennes "mais aussi de manière proactive". "Il y a d’autres services de la Ville au niveau de la prévention qui interviennent et doivent permettre de revenir à une situation avec moins d’incidents."

Les pompiers portent plainte

De son côté, le SIAMU confirme que deux de ses autopompes ont été la cible, samedi vers 21h30, de jets de cocktails molotov allumés. "Les faits se sont déroulés dans la rue du Lavoir et la rue Terre neuve. Nos véhicules d’intervention étaient envoyés sur place pour éteindre des poubelles et une camionnette en feu. Une des autopompes a essuyé des jets de cocktails molotov allumés en s’approchant de l’incendie. Le véhicule s’est immédiatement mis en sécurité. Pour l’autre pompe, le personnel était déjà descendu quand ils ont été la cible des jets des bombes incendiaires. Heureusement aucun pompier n’est blessé et les véhicules n’ont subi aucun dégât", indique Walter Derieuw, porte-parole du SIAMU de Bruxelles.

"Nos soldat(e) s du feu sont fortement secoué(e) s par l’incident et peuvent compter sur le soutien de leurs pairs. Tout le monde a terminé sa garde sain et sauf. La Direction générale du SIAMU déposera plainte et se portera, si possible, partie civile. Nos hommes et femmes sur le terrain espèrent un signal fort pour identifier ses individus hors-la-loi et s’attendent à des poursuites effectives. Il est peut-être opportun de requalifier ses actes comme actes criminels et d’engager des poursuites pour, par exemple, incendie volontaire de nuit en bande ou tentative d’homicide. Et, si le but recherché de ces personnes ou de leur commanditaire, est de déstabiliser notre état de droit, pourquoi pas engager des poursuites pour terrorisme ! L’enquête policière devra déterminer si nos pompiers ont été victimes d’un guet-apens."

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