Coalitions communales: la N-VA est-elle coincée?

Depuis la fin octobre et son positionnement sur le Pacte de l'ONU pour les migrations, la N-VA donne l'impression de courir après le Vlaams Belang. Constat dû, pour beaucoup, aux résultats des élections communales et surtout provinciales qui donnent une N-VA en baisse assez importante alors que, dans le même temps, le Vlaams Belang, le parti d'extrême-droite est en progrès partout en Flandre. Mais voilà depuis, une autre réalité est entrée en ligne de compte: la mise en place des coalitions communales. Et, à cet égard, la N-VA semble naviguer à vue.

Anvers: Bart De Wever choisit le sp.a et largue le CD&V

A priori, avant les élections communales d'octobre, personne n'y aurait cru. Personne n'aurait imaginé que les socialistes flamands acceptent de s'associer à la N-VA. À Anvers, le parti est sur ce point toujours divisé. Mais personne n'aurait imaginé non plus voir Bart De Wever choisir les socialistes comme partenaires. C'était pour tous, mêler l'eau et le feu. Bart De Wever ne cessant de répéter depuis sa prise de pouvoir à Anvers en 2012 que pour lui, jamais, il ne travaillerait avec les socialistes, l'adversaire de toujours.

Et pourtant, aujourd'hui, c'est le cas, il a rejeté le CD&V, son partenaire au gouvernement flamand, son ex-partenaire au gouvernement fédéral et son ex-partenaire à Anvers sur la touche pour prendre le SP.A. Motif invoqué, avec le SP.A, la majorité à Anvers sera plus stable, plus large et donc, plus sûre. Si Bart De Wever continuait avec la même coalition, avec les chrétiens-démocrates et les libéraux, sa majorité n'était que de 28 sièges sur 55. En prenant le SP.A et en rejetant les chrétiens-démocrates dans l'opposition, sa majorité est de 31 sièges sur 55. Une argumentation qui fait rire et sourire le Vlaams Belang. Pour le parti d'extrême-droite, la N-VA, au nom du "pragmatisme", a vendu son âme.

Ninove: La N-VA ne voulait pas choisir

C'est la commune-piège pour la N-VA. D'un côté, Forza Ninove, la liste d'extrême-droite, liste apparentée au Vlaams Belang, a obtenu 40% et décroché 15 sièges sur 33. Face à elle, la liste Samen qui regroupe des élus SP.A, Groen et CD&V associée à la liste Open VLD compte 16 sièges. Et la N-VA, avec ses 2 sièges, pouvait jouer l'arbitre. Mais dès le départ, la N-VA locale choisit de ne pas décider et de rester quoiqu'il arrive dans l'opposition, évitant de cette manière de se mettre un camp ou l'autre à dos. Problème, dans cette hypothèse, aucune majorité ne peut se mettre en place.

La balle était donc dans le camp du parti nationaliste flamand. Et c'est là, que la tête de liste N-VA fait le choix de s'allier avec la liste Samen et l'Open VLD pour laisser l'extrême-droite et le Vlaams Belang dans l'opposition. Un choix qui divise la N-VA locale et qui met aussi mal à l'aise la direction de la N-VA. Pour elle, la ligne était claire. Il fallait ne pas choisir et rester dans l'opposition.

Une nouvelle aubaine pour le Vlaams Belang qui peut dire avec grand plaisir que le parti nationaliste flamand a opté pour une "coalition de gauche". Ce n'est donc pas pour rien que la direction de la N-VA a réagi ce matin en dénonçant l'accord de Ninove, rappelant que la N-VA locale ne voulait a priori s'allier avec personne. Mais voilà, pour l'extrême-droite flamande, à 5 mois des prochaines élections législatives, régionales et européennes, le mal est fait et elle en est ravie.

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