Coalition contre l'"Etat islamique": consensus sur une aide belge

Coalition contre l'"Etat islamique": consensus sur une participation belge
Coalition contre l'"Etat islamique": consensus sur une participation belge - © ALAIN JOCARD - BELGAIMAGE

Dimanche, le Premier ministre en Affaires courantes Elio Di Rupo a affirmé que la Belgique prendrait "bien entendu" part à la coalition internationale contre l'Etat islamique initiée par les Etats-Unis. Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères, l'a réaffirmé ce lundi à Paris. Il s'agira d'un appui logistique, sur base d'avion F-16 ou C-130, mais sans troupes au sol.

Le ministre des Affaires étrangères en affaires courantes Didier Reynders a rappelé lundi lors de la conférence de Paris que la Belgique avait mobilisé récemment des C130 et F16 susceptibles dès lors de participer à une éventuelle intervention contre l'organisation terroriste Etat islamique.

"La Belgique n'a pas fait à ce jour l'objet d'une demande précise. Mais il y a des possibilités que ce soit au niveau de l'aide logistique avec les C-130, ou avec les F-16 basés en Afghanistan", a précisé le ministre MR. Des F-16 belges avaient participé à l'opération libyenne.

Une chose est sûre, "il n'y aura pas de troupes au sol".

Consensus assez large sur une participation belge

Didier Reynders a souligné lundi qu'il existait un "consensus" assez large en Belgique en faveur d'une participation à une intervention dont il reste à définir les modalités. Selon la VRT, le ministre des Affaires étrangères a souligné "qu’il n’y a aucune critique ni résistance à une possible participation belge".

Cependant, interrogé par la VRT, Dirk Van der Maelen (sp.a) a insisté pour qu'une intervention se fasse sous mandat de l'ONU. Ce qui semble peu probable, étant donné que Chine et Russie ont toujours mis leur veto au Conseil de Sécurité de l'ONU contre toute intervention militaire en Syrie.

Le feu vert à une telle participation devrait, en l'absence de gouvernement de plein exercice, être donné par le Parlement via une résolution. Si entre-temps le nouveau gouvernement venait à être formé, c'est à lui qu'il reviendrait de se prononcer.

C'est déjà via une résolution du Parlement qu'une intervention militaire avait été avalisée en Libye en 2011, alors que le pays n'avait pas de gouvernement de plein exercice. C'est le gouvernement en affaires courantes qui avait pris la décision.

Un travail de déradicalisation nécessaire

Au-delà de la question du soutien à une coalition militaire, la conférence de Paris a été l'occasion pour les participants d'afficher leur soutien au nouveau gouvernement inclusif irakien, censé être le reflet d'une meilleure représentation des principales communautés sunnites, chiites et kurdes.

Il s'agit d'un soutien en vue d'une stabilisation du pays à terme, a indiqué le chef de la diplomatie belge qui a noté la participation à la conférence de Paris du gouvernement central à Bagdad et du gouvernement kurde à Erbil.

Aux côtés des Américains et des Russes, une dizaine de pays européens, des Etats du Golfe ainsi que la Chine et le Japon ont participé à la réunion.

Didier Reynders a rappelé lundi l'apport de la Belgique dans les camps de réfugiés et son soutien aux organisations multilatérales qui s'est accru d'une aide supplémentaire de 2 millions d'euros en faveur d'OCHA, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

Par ailleurs, un C130 belge avec de l'aide humanitaire a été envoyé récemment à Erbil. "J'ai insisté lundi sur la coordination nécessaire sur place à l'approche de l'hiver", a indiqué Didier Reynders qui a par ailleurs fait écho à l'appel des pays voisins, la Turquie, la Jordanie et le Liban confrontés à une pression très forte dans les camps. Il y a actuellement 1,5 million de réfugiés en Jordanie.

Le ministre MR, qui participe par ailleurs aux négociations sur la formation du nouveau gouvernement, a une nouvelle fois attiré l'attention sur la nécessité d'entreprendre "un travail de longue haleine de déradicalisation" de Belges qui se sont laissés convaincre par "un groupe terroriste qui ne représente pas le monde musulman".

Un de ces djihadistes, Mehdi Nemmouche, est poursuivi comme auteur de l'attentat du Musée Juif à Bruxelles qui a coûté la vie à quatre personnes. Il va falloir continuer à travailler sur l'échange d'informations au niveau européen et prendre des mesures de prévention, a répété Didier Reynders.

RTBF, avec Belga

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