Georges-Louis Bouchez : "Il n'est pas normal que des gros revenus échappent à l'impôt alors que la classe moyenne paie de plus en plus"

La loi sur la dépénalisation totale de l’interruption de grossesse et la prolongation du délai d’IVG à 18 semaines a été renvoyée une quatrième fois au Conseil d’État en six mois.

Ce dernier " n’est pas fait pour ça " souligne Georges-Louis Bouchez dont le parti est co-signataire. " C’est profondément dérangeant ", poursuit le président du MR qui estime que le règlement de la Chambre devra certainement être revu: un texte doit pouvoir être renvoyé par une minorité d’un tiers, une fois ou deux au Conseil d’État, mais au-delà il faudrait peut-être obtenir une majorité afin d’éviter qu’une minorité ne bloque un vote.

Une réunion avant le 21 juillet

Derrière ces manoeuvres dilatoires, il y avait le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang. Le vote sur la dépénalisation de l’IVG est renvoyé au mieux à la rentrée parlementaire. La voie est donc libre pour reprendre les négociations autour d’une coalition Arizona (MR, Open VLD, CD&V, cdh, sp.a et N-VA) ?

Pour le président du MR : " en tout cas plus personne n’a de prétexte aujourd’hui. Et pas uniquement au sein des opposants de la loi sur l’IVG. Certains pour éviter la discussion ou la ralentir disaient qu’il y avait toujours cette épée de Damoclès de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse ".

La situation actuelle laisserait donc le champ libre à la négociation durant la période estivale, Georges-Louis Bouchez  souligne d’ailleurs que la discussion ne s’est jamais arrêtée. Les contacts se sont poursuivis. La note a encore évolué et le président du MR espère que les 6 présidents de partis pourront encore se réunir en plénière avant le 21 juillet.

Toujours à propos des négociations : où en est-on à propos des prérequis du sp.a ? À savoir : le financement des soins de santé, la revalorisation du pouvoir d’achat et la contribution des grandes fortunes. Qu’en pensent Joachim Coens, Egbert Lachaert, présidents du CD&V et de l'Open Vld ainsi que Georges-Louis Bouchez ? Y a-t-il un consensus ?

Il y a aussi un besoin de réformes

Pour le président du MR il n’y a pas uniquement un besoin d’argent. " Il y a aussi un besoin de réformes, par exemple, de la nomenclature des actes du paysage hospitalier. Mais des moyens on en a remis dans les endroits qui étaient en difficulté. C’est particulièrement le secteur infirmier et là c’est plus d’un milliard d’euros qui a été réinvesti, à la fois pour engager plus d’infirmiers et d’infirmières, puisqu’aujourd’hui c’est une des faiblesses de notre système… ".

En matière de soins de santé, poursuit le président du MR : " j’entends les partis de gauche dire qu’il faut 3 % de norme de croissance. Il faut savoir qu’aujourd’hui nous sommes à 4,5 % ". Cette première demande est donc rencontrée.

Une fiscalité plus juste

Quant à taxer les plus riches, c’est aussi un slogan pour Georges-Louis Bouchez : " Ce dont nous avons besoin, c’est d’une fiscalité plus juste… et c’est un point que nous partageons d’ailleurs du côté du MR, mais aussi d’autres formations politiques ". Pour l’invité de la matinale, il n’est pas normal que de grands revenus échappent à l’impôt alors que c’est toujours la classe moyenne qui paye de plus en plus.

Il y aurait donc des modalités différentes, mais sur le principe : " Bien évidemment qu’on ne pourrait pas accepter une société où il y aurait une injustice sociale ou fiscale ".

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