CNS: "Un retour vers des mesures plus cohérentes et proportionnées"

Le Conseil national de sécurité a, comme c'était attendu, assoupli certaines mesures aujourd'hui, dont le port du masque en extérieur et la durée de la quarantaine - qui passe de 14 à 7 jours dans la plupart des cas. Opportun, alors que le nombre de contaminations continue d'augmenter? Pour en débattre sur le plateau de CQFD: Catherine Linard, géographe de la santé à l'UNamur et Emmanuel Bottieau, professeur à l'Institut de médecine tropicale d'Anvers.

On admet à l'hôpital plus rapidement 

Avec 53 hospitalisations par jour en moyenne sur la dernière semaine, on observe un doublement des admissions à l'hôpital environ tous les 10 jours. Si on continue à ce rythme, on craint les 100 hospitalisations par jour début octobre. "C'est évidemment quelque chose à surveiller mais on est loin de la situation de la première vague avec un taux de doublement des hospitalisations tous les trois jours [...] Dans notre hôpital, on a entre 5 et 10 personnes admises pour cause de coronavirus tous les jours, mais peut-être qu'on admet aussi plus rapidement qu'avant, quand on avait cette crainte de ne pas avoir assez de place. Il faut surveiller cette augmentation", avance Emmanuel Bottieau. 

Autre élément: c'est la tranche des 10-20 ans qui est la plus touchée par les nouveaux cas. "Pour l'instant, ça reste assez cantonné aux classes d'âge les plus jeunes, ce qui était attendu, avec la rentrée et des règles peut-être moins respectées parmi les jeunes", observe Catherine Linard, ajoutant: "mais plus il y a d'infectés chez les jeunes, plus le risque que le virus soit transmis à d'autres classes d'âge est important. Il faut surtout conscientiser les jeunes par rapport aux membres plus âgés de leur famille".

Port du masque en extérieur

C'est un point clé de la gestion de l'épidémie, le port du masque reste nécessaire quand la distance d'1m50 ne peut être garantie, mais il va être assoupli à partir du premier octobre. En effet, il sera demandé aux communes de ne plus généraliser l'obligation du port du masque partout en extérieur. Bonne ou mauvaise idée alors que les contaminations ne baissent pas?

L'objectif de ce CNS était de récupérer l'adhésion, avec des mesures moins strictes

Une quarantaine plus courte mais mieux respectée?

Emmanuel Bottieau évoque une nouvelle étude anglaise tendant à prouver que 14 jours de quarantaine couvre quasi 100% des risques, "mais on sait aujourd'hui que les gens ayant développé leurs symptômes dans les 7 jours sont pour la plupart moins infectieux ensuite, et que 2 à 3 jours avant le début des symptômes, le virus augmente déjà, c'est un des problèmes majeurs du contrôle de cette épidémie", explique le professeur à l'Institut de médecine tropicale d'Anvers pour qui "on peut se permettre de louper quelques personnes, si à côté de ça, l'adhésion de la population et le respect de cette quarantaine est meilleur". 

Effet des gestes barrière sur la grippe

A l'entame de l'automne et des infections grippales qui vont se multiplier, la question des capacités de testing se repose aussi aujourd'hui. "Il faut mettre le paquet sur cette stratégie de testing et de tracing", répète Catherine Linard, "simplifier les procédures au maximum et alléger le travail administratif des médecins", comme l'a promis la Première Ministre lors de ce CNS.

Emmanuel Bottieau se veut rassurant. Il explique que dans l'hémisphère sud, en Afrique du Sud ou en Australie, il n'y a quasi pas eu de grippe cet hiver: "c'est lié au confinement, la grippe est moins contagieuse que le Covid, et le fait d'avoir toutes ces mesures de distanciation pour le Covid a un impact bénéfique sur l'influenza. On peut donc espérer que le système ne sera pas saturé cette année".

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