Climat: " Les plus grands pollueurs, ce sont les capitalistes ", selon Di Rupo

Au lendemain d’une nouvelle manifestation de jeunes pour le climat, avec la participation notable de la jeune suédoise Greta Thunberg à Bruxelles, le président du PS Elio Di Rupo a estimé ce vendredi matin qu’il fallait « entendre et répondre à ce cri d’alerte. » Pour le leader socialiste, le mouvement est « magnifique » et il faut y répondre par toute une série de mesures : réduire les émissions d’énergies fossiles, passer aux énergies alternatives et notamment améliorer la mobilité en favorisant les transports en commun. Elio Di Rupo plaide notamment pour un projet de ticket commun entre TEC, Stib et SNCB, une proposition déjà évoquée par le cdH en fin d’année dernière.

Elio Di Rupo a mis les points sur les I : selon lui, le PS est sensible à la question environnementale, mais il se place dans une « dynamique éco-sociale », qui le différencie d’Ecolo. Comprendre : associer la lutte contre le dérèglement climatique avec l’amélioration des conditions de vie des plus modestes. « On doit tenir compte aussi des revenus des gens dans la politique climatique », estime le président du PS. Il veut des « mesures pensées en particulier pour les personnes qui ont très peu de moyens », et qui n’ont donc pas les liquidités suffisantes pour changer de mode de vie du jour au lendemain.

La grande question wallonne, c’est l’emploi

Le PS veut-il pour autant faire table rase du passé et, comme le souhaitent les militantes Greta Thunberg, Anuna De Wever et Adélaïde Charlier, « arrêter le système » ? « Les plus grands pollueurs, ce sont les capitalistes, qui ont créé ce monde de la consommation, affirme Elio Di Rupo. C’est vrai qu’il faut à la fois changer de comportement et de système économique. »

Reste que la jeunesse réclame, au-delà des belles idées, des mesures concrètes, pour sortir d’une situation qui stagne depuis vingt ans. « Il arrive un moment où il y a une prise de conscience collective », se justifie Elio Di Rupo. S’il salue les « grands efforts réalisés », il reconnaît qu’il faut aller plus loin : dans la mobilité, en sécurisant les pistes cyclables, dans l’alimentation ou encore dans l’isolation, un des chevaux de bataille du PS, qui pourrait bénéficier d’un taux zéro. Le chef des socialistes francophones souhaite favoriser le tiers-investisseur dans le domaine de l’énergie, et de faire la promotion en général des indépendants et des PME. « La grande question wallonne, c’est la question de l’emploi », rappelle Elio Di Rupo.

Le MR n’est pas de ce monde

On sentait ce vendredi matin le leader socialiste en campagne, même s’il a d’abord refusé d’évoquer ses concurrents : « je ne me préoccupe pas des autres partis, je ne tire pas sur Ecolo ». Concernant la polémique autour de la double casquette de Charles Michel, qui pourrait reprendre la tête du MR tout en restant Premier ministre, Elio Di Rupo botte une nouvelle fois en touche : « Je n’ai pas à intervenir dans la gestion du MR. » Le président du PS ne se prive pour autant pas d’attaquer le bilan « horrible » du fédéral : réduction des financements pour les soins, pension à 67 ans… « J’ai le sentiment que le MR n’est pas de ce monde », accuse Elio Di Rupo.

Plus surprenant, le président du PS n’était pas non plus très bavard concernant son propre parti… et la participation de la bourgmestre de Verviers, Muriel Targnion, à une manifestation mardi soir contre la venue dans sa commune de l’ancien secrétaire fédéral à l’Asile et la Migration Theo Francken. « La bourgmestre assume ses responsabilités », a déclaré Elio Di Rupo, tout en affirmant que Theo Francken a « mené à une politique épouvantable » et « fait de la provocation pendant quatre ans. »

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