Climat: "La réponse du gouvernement est indigne", selon Inter-Environnement Wallonie

La majorité au fédéral ne tient plus qu'à un fil. A côté de cela, la Belgique est pointée du doigt pour avoir voté contre deux propositions européennes découlant de l'accord de Paris.  Deux sujets épineux, l'un met à mal le gouvernement, l'autre pourrait carrément le faire tomber. L'un peut-être plus que l'autre ? 

"Sur la question climatique, qui était la question qui était à l’ordre du jour et de la rue dimanche, un gouvernement ne peut pas être en affaires courantes, la question climatique ne peut pas être en affaires courantes. Nous avons très peu de temps pour agir, quelques années à peine, et chaque mois passé où un gouvernement n’agit pas est un mois perdu. De ce point de vue-là, nous attendons que ce gouvernement soit le plus responsable possible, quelle que soit l’issue de la crise actuelle par rapport au pacte migratoire", explique Christophe Schoune, secrétaire général Inter-Environnement Wallonie.

"La réponse pour le moment est tout à fait indigne"

Pour lui, ce qu'il s'est passé dimanche "c’est sans précédent". "Il y avait davantage que 75.000 personnes dans les rues, puisque des milliers de personnes n’ont pas pu joindre la manifestation et sont restées notamment bloquées dans les gares. Ça témoigne de la mesure de la conscience de l’urgence de l’enjeu au niveau de l’opinion publique belge, et francophone en particulier, et qu’on attend à ce moment-là de la part de nos gouvernements, et du gouvernement fédéral belge en particulier, une réponse qui soit à la hauteur de l’enjeu. Or, la réponse pour le moment est tout à fait indigne, puisqu’on a vu deux jours après cette marche la ministre fédérale du Climat enterrer clairement des objectifs européens en matière de renouvelable et d’efficacité énergétique, en essayant d’avoir une minorité de blocage pour freiner cette avancée qui a été décidée hier par l’Union européenne. Donc, la Belgique se retrouve parmi les pays les plus réfractaires aujourd’hui en matière climatique, alors qu’elle a été il y a une quinzaine ou vingtaine d’années un des pays leader sur ce plan."

La ministre fédérale Marghem dit que c’est la faute du découpage institutionnel de la Belgique et que les régions n’ont pas du tout aidé à ce qu’on puisse avoir une position claire et en faveur de ces deux directives européennes.

"De notre point de vue, ce n’est pas une position d’une femme d’État. J’ai été totalement choqué par la présence de Mme Marghem à la manifestation, puisque les 75.000 manifestants, marcheurs, de ce dimanche adressaient principalement un message au gouvernement fédéral, et à Mme Marghem en particulier, pour l’inconsistance de toutes les mesures qui n’ont pas été prises ou qui ont été prises jusqu’à présent."

Dans l'attente d'une mesure à la hauteur

Il insiste, "c’est un peu facile de dire ça dès lors qu’on n’a pas réuni les régions depuis plusieurs mois sur cette question-là. Donc, Mme Marghem n’a pas tout essayé sur ce plan et venir se prévaloir de ça en disant qu’elle est solidaire avec les manifestants, je trouve que ce n’est pas responsable. Nous attendons en tout cas une mesure qui soit à la hauteur du signal qui a été envoyé par la population et nous avons demandé à rencontrer le Premier ministre à cet égard".

 

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