Claude Eerdekens (PS): "Tout est fait pour favoriser les lobbies éoliens"

Claude Eedekens (PS): "Tout est fait pour faviriser les lobbies éoliens"
Claude Eedekens (PS): "Tout est fait pour faviriser les lobbies éoliens" - © Tous droits réservés

Critiquée de toutes parts, la cartographie régionale d'implantation des éoliennes a été retirée cette semaine par les ministres écologistes du gouvernement wallon. Pour les opposants au projet, c'est certes une victoire. Claude Eerdekens (PS), invité de Matin première, estime que le danger de ne pas tenir compte de l'avis des populations dans ce dossier est toujours présent.

"C'est du cafouillage et c'est une fausse bonne nouvelle", réagit le député bourgmestre socialiste d'Andenne. "Pourquoi avoir animé les communes dans une consultation des populations au travers d’une enquête publique, impliqué les gens dans des avis, pour finalement dire que tout ça compte pour poivre et sel? Parce qu’il y a des opposants, (...) on retire la cartographie des vents. Mais ça ce n’est pas démocratique!", s'exclame-t-il.

"Parce que simplement on ne retire pas les lots, ni le nouveau cadre de référence éolien. Et ce qui était contesté par les communes c'est que, dans le cadre de l’enquête publique, l’étude des incidences environnementales ne concernait que la cartographie des vents et non les lots".

"Le seul élément qui apportait aux populations des communes rurales une protection"

Il va donc rester une trentaine de lots, pour atteindre un objectif de 3800 gigaWatts/h par an d'ici 2020, l'équivalent de 1000 éoliennes. Et de cela, Claude Eedekens n'en veut pas: "1000 c’est effarant, on en a 250 pour l’instant c’est déjà extrêmement visible".

"D’autre part", ajoute-t-il, "la cartographie des vents qu’Ecolo retire était le seul élément qui apportait aux populations des communes rurales une protection, puisque seulement 3% du territoire wallon pouvait recevoir des éoliennes. (...) Paradoxalement, ce qui apparait comme une écoute de la population est au contraire un message très clair, qui consiste à dire: les enquêtes publiques ne nous intéressent que quand elles nous sont favorables".

Une augmentation des nuisances sonores

Par ailleurs, c'est carrément un recul que préparerait le ministre Philippe Henry, estime Claude Eedekens, qui accuse les écologistes de vouloir passer en force au gouvernement wallon ce jeudi.

"J'ai en ma possession un document ministre Henry, du 7 novembre 2013, où en matière de nuisances sonores, on assiste, par rapport au cadre de référence éolien de 2002, à un véritable recul! Puisque la nuit, 40 décibels à l’extérieur d’une habitation étaient le maximum autorisé, on passe à 43 décibels pour les maisons en zone d’habitat, et à 46 décibels pour les maisons qui ne sont pas en zone d’habitat".

"C’est une aggravation considérable des nuisances sonores", conclut-t-il.

Pour ce régulier opposant aux projets du parti Ecolo, les ambitions des ministres Henry et Nollet doivent se comprendre dans le cadre du lobbying opéré par les constructeurs et les opérateurs d'éoliennes.

"Tout ce qui est fait l’est pour favoriser les lobbies éoliens. Et tant pis pour les population, tant pis pour les nuisances, pour les riverains, tant pis pour l’explosion des prix - parce qu’il y a une bulle financière qui va se créer avec l'éolien comme avec le photovoltaïque".

Contenter les lobbies de l'éolien

"Il y a une différence entre soutenir un programme de développement d'énergie verte, qui est bien nécessaire, et permettre que des permis éoliens soient délivrés systématiquement par le ministre Henry à tort et à travers, contre l’avis des riverains, des communes, de l’administration..."

"Je trouve que ce sont des structures publiques, des "GRD" (gestionnaires de distribution, ndlr), qui auraient dû investir dans l’éolien, sans qu’il y ait un mécanisme à ce point délirant de certificats verts qui offrent à ceux qui construisent ces éoliennes des rentes, et font exploser le prix de l'énergie pour tout le monde".

Mais pas nécessairement à Andenne, précise Claude Eedekens... Un réflexe "nimby"? Non, se défend-il. "Nous sommes une commune qui n’est pas vraiment adaptée pour en recevoir, nous avons un fleuve, ce sont des plateaux qui se prêtent bien mieux qu’une cité mosane à l’accueil d’éoliennes".

Et d'attaquer Ecolo de front: "La démocratie pour Ecolo, c’est 'cause toujours' (...) Pour ma part je trouve qu’Ecolo est un partenaire avec lequel il est impossible de travailler, ces gens sont sectaires, ils pensent avoir raison sur tout. Et d’autre part, la Wallonie, elle a besoin de se réindustrialiser. De faire de l’emploi. Et l'écologie ne peut faire que très peu d’emplois".

W. Fayoumi

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