Chronique du nationalisme ordinaire

Chronique du nationalisme ordinaire
Chronique du nationalisme ordinaire - © Tous droits réservés

Le président de la N-VA estime que la Belgique a "autorisé la mauvaise sorte de migrants en masse et ensuite trop peu a été fait", ce qui a ouvert la voie du radicalisme. Bart De Wever se défend de tout propos raciste.

Chassez le naturel et un mauvais sondage le fait revenir au galop, dirait un proverbe en vogue entre rue Royale (siège de la N-VA) et " Schoon Verdiep " (l’hôtel de ville d’Anvers).

Pas raciste ?

Cela commence aux accents d’un sketch 2.0 de Fernand Raynaud ("Je suis pas raciste, mais… ") où Bart De Wever précise que le racisme est une notion relative.

Quand il parle racisme et intégration, il ne craint pas les raccourcis: Je n'ai jamais rencontré un immigré asiatique qui se dise de victime de racisme. Il dénonce l'échec de la politique d'intégration de ces dix dernières années qui est la cause de la radicalisation et du départ de jeunes combattants vers la Syrie.

Le racisme pour Bart De Wever est trop souvent invoqué comme excuse pour un échec personnel, surtout dans la communauté marocaine,… surtout les Berbères. Ce sont des communautés fermées, avec une défiance envers les autorités.

Amalgame, approximation, stéréotype sont au rendez-vous mais peu importe, pour le président de la N-VA, l’essentiel est ailleurs.

Retour aux fondamentaux

Certes, l’intégration est loin de constituer un succès sur toute la ligne et peut-être encore plus en Flandre qu’ailleurs (mais ça, c’est peut être un cliché wallon …).

Mais pour le bourgmestre d’Anvers aussi président du principal parti du pays, il y a lieu de réagir.

Bart De Wever a deux soucis : les intentions de vote pour son parti piquent du nez et c’est sa ville qui a proportionnellement fourni un des plus gros contingents de djihadistes partis en Syrie.

C’est donc la faute aux Berbères marocains qui ne veulent pas s’intégrer et aux politiques d’intégration depuis 10 ans, oubliant que les combattants sont très souvent des enfants de la 2 ou 3ème génération voire des Belges de souche ou que la politique de migration a été gérée ces 7 dernières années par les libéraux flamands.

Face à cela, le président de la N-VA en revient aux fondamentaux. Ce fut le Vlaams Nationaal Zangfeest, c’est à présent l’immigration. Alors qu’elle a dû faire pas mal de concessions dans les dossiers socio-économiques, la N-VA doit réaffirmer son identité.

C’est à Anvers qu’ont été entonnés les chants nationalistes, c’est d’Anvers que sont partis beaucoup de combattants et dans une ville où le Vlaams Belang/Blok représentait encore 35% des votes, il y a 10 ans à peine, nationalisme et immigration restent des thèmes porteurs.

Bart De Wever entend rappeler que la N-VA n’a pas changé malgré ses ministres et sa participation au pouvoir fédéral. Il s’érige en gardien du temple et des " valeurs " de son parti.

Que cela puisse gêner l’action de Charles Michel ou embarrasser éventuellement le MR, n’est finalement pas son problème. Un détail.

 

Philippe Walkowiak

 

Et aussi