Christophe Lacroix: "Un plan national d'investissement pour créer de l'emploi"

Christophe Lacroix: "Un plan national d'investissement pour créer de l'emploi"
Christophe Lacroix: "Un plan national d'investissement pour créer de l'emploi" - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Fédéral, Régions et Communautés se réunissent ce mercredi afin de discuter d’un plan d’investissement national. Un plan de plusieurs milliards d'euros pour financer des chantiers d'envergure dans des secteurs comme la mobilité, l'énergie ou la sécurité. Avec un objectif : relancer l’économie belge.

Ce pacte national pour les investissements stratégiques avait été annoncé par le Premier ministre MR Charles Michel, début du mois. Mais les Régions étaient demandeuses depuis longtemps.

Ce que confirme Christophe Lacroix, ministre wallon du Budget, invité de Matin Première ce mercredi : "Voilà deux ans que nous réclamons un plan d’investissement au niveau du pays. Avoir une stratégie commune, c’est très bien. Il faut investir dans le numérique, le transport, l’innovation…".

Cependant, sa vision diffère un peu de celle du Premier ministre : "Il faut essentiellement des investissements publics. Il ne faut pas uniquement des investissements qui soient des leviers pour le privé. Les structures publiques doivent pouvoir investir, créer de l’emploi, doper la croissance et offrir de meilleurs services à nos concitoyens".

Combien la Wallonie est-elle prête à mettre dans le plan ? "La proposition du gouvernement wallon c’est d’apporter plus d’un milliard d’euros sur plusieurs années", annonce Christophe Lacroix. Mais à une condition : "Après il faut encore que le Premier ministre obtienne de l’Europe qu’on puisse externaliser ces dépenses, qu’on les sorte du budget annuel pour que l’Europe ne puisse pas le recaler".

Fumer le calumet de la paix avec le fédéral

Ce pacte serait-il le signe que Région wallonne et fédéral comptent plus coopérer ? "Si c’est l’occasion de fumer le calumet de la paix, je suis tout à fait partisan de cela, note le ministre socialiste. Nous, en Wallonie, nous avons toujours défendu les Wallons, comme dans la querelle sur les IPP. Les contestations, elles demeurent. Mais à un moment il faut construire une unité".

300 millions d'euros de déficit pour le budget wallon

Le budget wallon présente un déficit de 300 millions d’euros. "Un bon déficit", selon Paul Magnette. Christophe Lacroix nuance un peu: "Il n’y a pas de bon déficit. Mais ce déficit permet de financer toute une séries d’investissements structurants qui vont doper l’emploi, la croissance…"

L'assurance autonomie, ce n'est pas une taxe, mais une cotisation

Le gouvernement a annoncé un budget sans nouvelle taxe. Une affirmation que dénonce l’opposition qui pointe notamment la nouvelle assurance autonomie, une nouvelle cotisation dont devront s’acquitter les Wallons. Mais pour Christophe Lacroix, il ne s’agit pas d’une taxe : "C’est une cotisation dont le fruit sera reversé aux mutuelles pour gérer le maintien des personnes âgées à domicile, une cotisation qui va offrir de l’emploi".

La fin de la redevance télé ?

C’est une question récurrente : le gouvernement wallon va-t-il enfin supprimer la taxe redevance télé ? "L’objectif, la volonté est de la supprimer d’ici la fin de la législature, affirme Christophe Lacroix. Mais c’est 100 millions de recettes, donc il faut que je trouve un moyen de le compenser sans créer une nouvelle taxe".

Et les allocations familiales ?

Avec le transfert de compétences de la sixième réforme de l’Etat, les allocations familiales ont maintenant été régionalisées. Combien peuvent s’attendre à recevoir les parents wallons ? "Je veux que la réforme des allocations familiales soit neutre sur le plan budgétaire. Et je veux qu’il y ait un socle commun, suffisamment haut. Mais que les suppléments sociaux tiennent compte de l’effet réel et de la position réelle des familles ; ils doivent être destinés aux familles les plus modestes", affirme le ministre.

En Flandre, les parents toucheront 160 euros par enfant, par mois. En Wallonie, le vice-président du gouvernement wallon Maxime Prévot parlait début du mois de 120 à 160 euros.

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