Christine Defraigne: "Le modèle issu du pacte scolaire a fait son temps"

Christine Defraigne: Nous sommes le lien entre les entités fédérées entre elles et avec le fédéral."
Christine Defraigne: Nous sommes le lien entre les entités fédérées entre elles et avec le fédéral." - © RTBF

Présidente d’un nouveau Sénat issu de la 6ème réforme de l’Etat, Christine Defraigne (MR) défend, bec et ongles, son institution si souvent décriée du côté flamand. Elle évoque aussi les dons de chanteur de Siegfried Bracke, président de la Chambre, les limites de l'alliance entre MR et N-VA et la nécessité d'un débat sur les questions de conflits d’intérêts dans les activités des hommes politiques.

Actualité d’abord avec l’arrêt de la Cour Constitutionnelle qui sonne la fin de l’obligation du cours confessionnel dans l’enseignement francophone officiel. "Le modèle issu du pacte scolaire a fait son temps et c’est une occasion unique de remettre les choses à plat." La présidente du Sénat y voit la perspective d’organiser des cours de citoyenneté "qui rassemblent et non qui séparent les enfants." Mais Christine Defraigne veut aller plus loin que la déclaration politique communautaire qui prévoit que l’une des deux heures de cours de religion-morale doit être donnée en commun. "Cela ne va pas assez loin. Il faut profiter de cette occasion pour mettre sur pied une commission mixte du Sénat et organiser ces cours". Le MR est en faveur d’un cours commun et pas d’un système comme il existe en Flandre: " Il ne faut pas un cours de garderie, mais un cours qui rassemble autour de valeurs universelles. " Et tant pis si cela entraîne aussi la disparition du cours de morale laïque: "J’ai toujours pensé que les cours purement philosophiques ou religieux peuvent être faits en dehors de l’école."

La fin du pays n’est pas une option

La N-VA qui envoie deux ministres participer à un rassemblement de chants flamands n’est pas la tasse de thé de Christine Defraigne : "S’il m’arrive de chanter le Valeureux Liégeois, c'est un chants positif et d’amour. Je respecte la liberté d’expression et je pense que les ministres N-VA ont fait un parcours sans faute jusqu'à présent. Mais pour de simples raisons déontologique, il eut été mieux pour eux de s’abstenir. Siegfried Bracke occupe la première place dans l’ordre protocolaire. Il aurait dû s’abstenir de participer à une réunion où figurent des gens d’extrême droite. La N-VA devrait prendre ses distances par rapport à cette page sombre du mouvement flamand."

Par rapport aux idées défendues par la parti de Bart De Wever, Christine Defraigne confirme la nécessité du maintien de l’Etat fédéral "Tout en prenant en compte le fait régional ... La fin du pays n’est absolument pas une option."

Alliance MR et N-VA contre-nature?

L’élue libérale défend la majorité comme une alliance de coalition où chacun des quatre partis arrive avec son programme. Mais elle insiste: "L’aspect communautaire n’est pas présent dans l’accord de gouvernement et il n’y aura pas de nouvelle réforme de l’Etat sous cette législature."

La président du Sénat s’énerve davantage lorsqu'est évoquée l’idée de la fin prochaine de l’institution qu’elle préside: "Cela m’agace. Le Sénat est là, et bien là. Il travaille d’arrache-pied et a toute sa raison d’être dans un état fédéral. C’est la représentation des pouvoirs fédérés. Nous sommes le lien entre les entités fédérées entre elles et avec le fédéral." Et d’évoquer, en vrac, certaines des compétences qui sont les siennes : rapports d’information sur des questions éthiques et bioéthiques, la coparentalité, la gestation pour autrui, un rapport sur la pauvreté et un autre sur l’avenir de la politique scientifique… " Le Sénat prendra encore plus de densité car nous sommes compétents pour régler les conflits d’intérêts entre le fédéral et le régional. Par exemple sur la mobilité ou les pensions. "

Affaire De Decker : "pas de tergiversation"

Un sondage RTBF-La Libre a révélé que 67% des citoyens sondés après la publication des affaires Kubla et De Decker estiment qu’un cumul entre mandat public et d'autres activités professionnelles est cause de conflits d’intérêts. Christine Defraigne répond que l’engagement politique est noble et mérite d’être encouragé: "Il faut débattre sur ces questions de conflits d’intérêts. C’est comme pour les questions bioéthiques, des concepts doivent être remis à jour et je suis prête à tenir le débat dans mon Assemblée parce que nous avons des élus de toutes les parties du pays. Pour l’affaire De Decker, une enquête est ouverte et il faudra faire toute la lumière, il n’y a pas à tergiverser là-dessus. "

Jean-Claude Verset

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