Christine Defraigne appelle le MR à faire "plus attention à la vie en ville"

Christine Defraigne appelle le MR à faire "plus attention à la vie en ville"
Christine Defraigne appelle le MR à faire "plus attention à la vie en ville" - © Tous droits réservés

Les cartes ont été redistribuées à Liège après ces élections communales. Le PS, malgré une baisse de régime, garde la main mais perd son partenaire de coalition, le cdH, qui s'est effondré. MR, Ecolo et PTB deviennent donc des alliés potentiel pour former une majorité, et deux jours après les votes, les socialistes prennent le temps de consulter chacun de ces partis.

Christine Defraigne, tête de liste de "MR pour Liège", était sur le plateau de Matin Première pour évoquer la situation liégeoise en ces lendemains d'élections communales. "Le PS a la main, il consulte et fait cet exercice démocratique de voir avec qui il peut le mieux travailler. Sachant que ça ne va pas être très simple, les défis sont énormes et colossaux. Les finances de la ville sont en danger, l’échevin cdH a laissé une bombe à retardement."

Plus globalement, à côté de la vague verte qui a touché Bruxelles et le sud du pays, les partis traditionnels ont tous perdu des plumes, alors que le PTB réalise de belles percées dans des villes comme Charleroi, Herstal, Molenbeek et Liège. Le PS n'hésite pas à lui tendre la main, une situation qui ne "surprend pas" la présidente du sénat. "Je pense qu’il y a peut-être une consigne qui vient d’en haut et que le PTB doit montrer son vrai visage, voir s’il est prêt à prendre ses responsabilités et gouverner. C’est plus difficile que faire des discours." Par contre, la libérale n'envisage pas du tout de gouverner avec le parti travailliste. "Gouverner avec le PTB n’est absolument pas envisageable : ce qu’il y a dans leur programme, c’est complètement absurde, c’est impraticable. Mais je considère qu’il faut entendre les messages des électeurs, de ceux qui ont voté PTB."

En tout cas, Christine Defraigne est claire : si les libéraux montent dans la majorité à Liège, elle se consacrera à 100% à son mandat local, quittant la présidence du sénat.

J’en ai un peu marre que l’on oppose les rats des villes et les rats des champs

Vote sanction contre la politique fédérale ? Le MR perd des forces, et notamment quatre maïorats à Bruxelles. "Les partis traditionnels doivent se remettre en question, ils doivent se demander s’ils ont la bonne méthode, le bon langage, s’ils ne passent pas à côté de thèmes très importants. Et je pense personnellement, il faut que dans mon parti que l’on fasse plus attention à la vie en ville. Les villes à la campagne, ça a eu un coût environnemental, un coût social, et se dire que les défis des villes sont très importants. Les villes sont les réceptacles de plus de difficultés, de plus d’enjeux, mais elles sont aussi la solution, l’avenir. J’en ai un peu marre que l’on oppose les rats des villes et les rats des champs. Les villes sont le défi d’aujourd’hui."

Christine Defraigne a déjà crispé plusieurs fois son parti par ses prises de position, notamment sur son refus de voter la fusion Ores et Resa, alors que le ministre MR Jean-Luc Crucke y est favorable. "C’est clair que les positions que j’ai prises à un moment donné n’ont pas été spécialement félicitées, mais je n’ai pas changé d’avis, j’ai mes convictions. C’est clair que je suis une libérale sociale, que je ne suis pas la droite de mon parti, que j’ai ce message qui est peut-être plus centriste, et je m’en revendique."

En Flandre, c'est le retour du Vlaams Belang sur la scène politique, où une alliance avec la N-VA à Ninove est envisagée. Et d'y voir un signe pour les élections fédérales de 2019. "Il risque d’y avoir une fracture entre le nord et le sud et ça m’interpelle, je m’inquiète de voir comment notre pays va pouvoir évoluer avec cette fosse abyssale entre le nord et le sud."

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