Christie Morreale sur la grève des travailleuses des titres-services : "Laissons une chance à la concertation"

On le sait, les négociations sont encore loin d’être bouclées au fédéral. Les ministres régionaux, eux, sont en place. Parmi ceux-ci, Christie Morreale (PS), Vice-Présidente du gouvernement wallon et Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes, était au micro de Thomas Gadisseux ce matin sur la Prem1ère. Ils sont revenus sur quelques thèmes émaillant l’actualité politique.

Tout d’abord la grève des travailleurs/euses des titres-services de ce mercredi. La ministre de l’Emploi explique que la concertation est en cours entre travailleuses (ce sont en grande majorité des femmes) et employeurs pour trouver des normes salariales acceptables.

Selon Christie Morreale "Depuis mai 2019 la situation est compliquée. On a demandé qu’il y ait une médiatrice (conciliatrice sociale) qui réunisse les parties fin janvier pour essayer de trouver une solution". Pour la ministre, ce n’est pas à ce stade à elle – en tant que ministre wallonne — d’intervenir dans la concertation sociale. Et de laisser une chance à cette concertation d’aboutir. La Liégeoise – qui plaide pour une augmentation des salaires — précise que la Wallonie est la région qui met le plus de moyens dans le financement des titres-services (davantage que la Flandre, notamment).

La ministre préconise que la Wallonie intervienne pour la formation des personnes travaillant dans ce domaine. Et ainsi "leur permettre, si elles le souhaitent, de quitter le secteur des titres-services et de pouvoir travailler dans d’autres services comme l’aide à domicile". Elle veut également faire en sorte qu’il n’y ait plus de contrats précaires à ce point (souvent des temps partiels). "Il faut relever le plafond du minimum d’heures de travail pour ces travailleuses" explique la socialiste.

Laurent Henrard revenait sur le coût des titres-services dans notre JT en novembre dernier:

Grande campagne pour le dépistage du cancer du col de l'utérus 

 

Quatrième cancer touchant les femmes de 25 à 64 ans, le cancer du col de l'utérus est dans le viseur de la ministre de la Santé. L'ordre de bataille pour cette campagne est tout d'abord d’informer les femmes sur les risques encourus (notamment les IST, papillomavirus). Puis, l'accent sera mis sur le dépistage.

"Auparavant, il n’y avait pas d’organisation systématique" explique Christie Morreale. "Maintenant, toutes les femmes wallonnes de 25 à 64 ans vont recevoir un courrier les invitant à être dépistées" ajoute Christie Morreale. Et la ministre de plaider pour ces visites médicales : "plus vite le cancer est détecté, plus vite elles pourront être traitées et soignées." Le dépistage est gratuit.

"La Sécu, c’est le ciment de la Belgique. On n’y touche pas"

 

Concernant la régionalisation complète des matières liées à l’emploi et aux soins de santé demandée par le VOKA, la ministre y est plus que réticente. Pour elle, ce serait donc toucher à la "Sécu". La solution pour que le budget de la sécurité sociale reste pérenne n’est donc pas pour la ministre de la "démanteler", mais, au contraire, de trouver de nouvelles sources de financement. Pas uniquement sur des sources basées sur les revenus du travail, mais aussi des taxes sur le capital, par exemple. Ces taxes, "il faut pouvoir les inventer, mais pour cela, il faut les construire ensemble. La solidarité n’a pas de frontière. Elle ne doit sûrement pas avoir de frontière régionale !"

Les vœux du VOKA dans notre JT

Un "accouchement" du gouvernement fédéral vivement attendu

La ministre plaide aussi pour un relèvement du montant des pensions. Et assure que si les négociations traînent en longueur au fédéral, dans les régions, les gouvernements, eux, turbinent : "On ne dit pas que c’est parce que le fédéral n’est pas formé qu’on n’agit pas. On a fait toute une série de mesures, notamment sur la réforme APE, sur des dispositifs pour requalifier les maisons de repos en maisons de repos et soins."

Mais par ailleurs, l’avènement d’un gouvernement central est plus que préconisé. Notamment pour mener à bien les réformes. Dont celle des secteurs hospitaliers. "On a besoin du Fédéral pour pouvoir actionner les leviers sur la réforme hospitalière qui est en cours par exemple. Il faut des arrêtés royaux qui n’ont pas encore été pris. Pour connaître les normes. Et ainsi pouvoir définir au mieux les stratégies à adopter". La ministre, qui par ailleurs croit en la réforme, voudrait s’assurer d’avoir une couverture suffisante en termes d’accessibilité géographique, par exemple (sans oublier la qualité des soins). Et Christie Morreale de s’inquiéter : "Je ne sais pas par exemple pas de combien de maternités on va pouvoir disposer" déplore la ministre… "Je ne voudrais pas qu’une Luxembourgeoise prenne 1h30 pour aller dans une maternité", insiste-t-elle.

 

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