Christie Morreale, ministre wallonne de la Santé : "la vaccination de tous a un intérêt collectif et solidaire"

D’ici quelques jours, la campagne de vaccination dans notre pays va encore s’accélérer, en touchant un public plus jeune et plus large. Arrivera-t-on à convaincre les plus hésitants pour pouvoir atteindre l’immunité collective ? La ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, plaide avant tout pour la "transparence et la pédagogie : si on a des informations (ndlr sur les effets secondaires, notamment, des vaccins AstraZeneca ou Johnson&Johnson), il faut les donner. Ce qu’il faut dire, c’est que si les personnes de moins de 40 ans se font vacciner, c’est un acte collectif et solidaire : le faire parce qu’on a envie de sortir de la crise, de sortir à nouveau", dit-elle.

Des campagnes de sensibilisation vont avoir lieu, pour atteindre le taux de vaccination des plus de 65 ans, qui est "impressionnant". Et de souligner que dans les maisons de repos, grâce à la vaccination, une vie normale reprend son cours. Vie normale, sans masque à l’extérieur, un incitant décisif ?

"La campagne de vaccination avance très vite : 50% de la population a reçu sa première dose de vaccin, donc forcément ça va changer. Cela se fera de manière progressive, mais j’espère que d’ici la fin de l’été, on retrouvera une vie normale et on enlèvera le masque".

Transparence et pédagogie

La ministre, interrogée par Thomas Gadisseux dans Matin Première, insiste sur la nécessité de transparence et de pédagogie en matière de vaccination. Et elle le confirme : concernant le vaccin Johnson&Johnson, mono dose, au sujet duquel le ministre de la Santé fédéral Frank Vandenbroucke disait-il y a quelques jours qu’il continuerait à être administré aux personnes isolées ou défavorisées (sujets à assuétudes, migrants, SDF) même au-dessous de 41 ans, en Wallonie, il y aura une nuance.

"On continuera à l’administrer (même si, en réalité, on ne dispose pas d’énormément de doses de ce vaccin) mais avec une réserve d’âge : pas au-dessous de 41 ans. Dans ce cas, c’est vaccin ARN (Pfizer) qui leur sera administré et nous irons chercher ces personnes pour les accompagner au centre de vaccination".

La vocation, oui mais avec une rémunération juste

L’architecture des soins de santé est complexe dans notre pays, et entraîne des disparités au niveau des salaires. Ce jeudi, le gouvernement wallon a conclu un accord-cadre visant à consacrer 260 millions d’euros à la correction des barèmes pour une série de travailleurs (maisons de repos, maisons de soins psychiatriques, initiatives d’habitations protégées et centres de revalidation fonctionnelle), qui n’étaient pas rémunérés à la même hauteur que leurs collègues dépendants du fédéral. "Des montants historiques, qui vont contribuer à rendre ces métiers plus attractifs, mais aussi permettre d’avoir des normes d’encadrement plus importantes. Ces métiers sont une forme de vocation, mais il faut une juste rémunération", précise la ministre.

Saga des numéros Inami : "la situation est différente en Wallonie"

Le manque en matière de personnel de santé précisément : la saga des numéros Inami qui semble refaire surface ce vendredi : en Flandre, on estime que du côté francophone on en utilise trop, et on reparle de quotas pour restreindre l’accès à la profession de médecin.

La ministre de la Santé wallonne rétorque : "des règles de concours existent déjà. Mais il serait stérile et contre-productif de mettre des barrières alors que du côté francophone, on recherche des médecins : c’est plutôt l’inverse qu’il faut faire". Et elle espère que le bras de fer communautaire ne refera pas son apparition : la situation, côté francophone est un peu différente : "on a beaucoup de Français qui viennent faire leurs études chez nous, et repartent exercer en France. La réalité, c’est qu’on a une crise sanitaire qui a montré qu’on a besoin de professionnels de la santé, de médecins généralistes, de médecins spécialistes : l’idée n’est pas de bloquer, mais plutôt d’ouvrir !"

Des collations santé gratuites dans les écoles

Enfin, la ministre de la Santé veut promouvoir le projet wallon de collations santé gratuites dans les écoles : dans un projet pilote 400.000 collations seront distribuées, aux écoles à discrimination positive. Un projet "soupe", qu’elle espère voir gagner l’ensemble des écoles wallonnes d’ici 2030. Allier aliments sains (fruits, légumes) et circuit court (d’origine locale) : "l’anti-malbouffe, mais de manière ludique".

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