Chris Peeters (Elia): la Belgique "n'est pas encore prête pour sortir du nucléaire"

Ce jeudi, les étudiants se mobilisent dans les rues du pays pour le climat pour le quatrième jeudi consécutif. Ils veulent à nouveau faire entendre leur voix pour réclamer des mesures fortes de la part du gouvernement.

Pour Chris Peeters le CEO d'Elia, gestionnaire du réseau de transport électrique en Belgique, c’est "un signal important. Quand on regarde les chiffres on voit qu’on ne fait pas assez pour le changement climatique".

Une loi doit être votée au Parlement

La sortie du nucléaire est prévue pour 2025. Elia s’y prépare mais "c’est très difficile". Le gestionnaire de réseau doit mettre en place une alternative pour garantir une production d’électricité, mais pour cela, il faut une loi. "Pas mal de travail a été fait par le gouvernement. Il y a une loi qui doit être votée au Parlement et on espère qu’elle sera votée. De cette façon, on pourra se préparer à la prochaine étape."

Mais avoir un gouvernement en affaires courantes ne facilite pas la tâche. "Il faut que les parlementaires prennent leurs responsabilités et qu’ils votent cette loi. De cette façon, l’administration peut continuer à travailler sur les détails de cette loi et les arrêtés royaux pour sortir du nucléaire avec la garantie d’avoir une alternative."

Une sortie prévue dans six ans donc, mais "on n’est pas encore prêt". "Une fois que cette loi sera en place on aura toutes sortes de technologies, pas seulement au gaz mais toutes sortes de technologies."

Des démarches qui prennent du temps. Mais selon lui, "en Belgique on fait toujours les choses au dernier moment".  "On a des réunions pendant la nuit quand on doit décider quelque chose qui est critique, sensible ou qui a un coût considérable. A l’instant si on peut voter cette loi je suis convaincu qu’on peut y arriver."

Qui va payer cette transition énergétique?

Autre question essentielle dans ce débat énergétique qui brûle les lèvres des citoyens. Qui va payer le coût de cette transition ? Jeudi matin, un sondage est paru dans Het Laatste Nieuws. Il en ressort que la priorité pour la Flandre c’est de mettre le climat à l’agenda politique, mais il mentionne aussi que 60% des Flamands ne veulent pas d’une taxe climat.

"Ça ne va pas être complètement gratuit. Nous devons analyser quelles sont les mesures qui auront le plus d’impact pour un moindre coût. Mais le fait d’instaurer un système dans lequel le pollueur doit payer sa pollution ça aura un prix. Il ne faut pas dire aux gens que ça ne va rien coûter, ils doivent aussi changer une partie de leurs comportements. Mais ça ne veut pas dire que les factures vont nécessairement augmenter. On a toujours dit qu’on aurait plus à gagner à moins consommer avec des bonnes isolations, avec l'efficacité énergétique."

Risque de black-out?

La question de l’approvisionnement a aussi animé le débat politique, surtout pendant le mois d’octobre où l’on parlait à nouveau d’un possible black-out. En plein Brexit, la Belgique est, depuis ce jeudi, reliée électriquement à l’Angleterre. Une fierté pour Elia.

"A l’instant, en termes de quantité, on a un flux de l’ordre d’une centrale nucléaire qui s’échange entre les deux pays. On voit une intégration européenne, avec des importations de l’Allemagne, de la France."

Et un avantage pour le consommateur car le pays "va avoir accès à l’énergie la moins chère. On a cette opportunité de faire fonctionner les marchés, ce qui va diminuer le prix pour les consommateurs européens."

Grâce à cette énergie, Chris Peeters précise que le risque de black-out est presque derrière nous. "Pour cet hiver, on est quand même plus ou moins en sécurité. On n’est pas encore complètement dans les normes techniques, mais c’est peu probable."

De quoi prévoir le scénario pour l’hiver prochain. "Engie vient d’annoncer qu’on va avoir une indisponibilité énergétique, mais pas aussi forte que cet hiver. Un tiers de la capacité des réacteurs ne sera pas disponible. L’année dernière on l’a su fin septembre, maintenant on a le temps de parler avec l’administration et Engie pour optimiser ce planning et éviter cette situation."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK