Chr. Defraigne se dit au service d'un projet, et non d'un homme

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Christine Defraigne est la première victime du malaise né de la défaite électorale du MR, elle n'est plus chef de groupe du parti au Sénat. Un évènement rarissime qu'elle explique au micro de Bertrand Henne.

Sanctionnée par ses pairs et par ses collègues sénateurs qui ne la portaient plus dans leur cœur depuis pas mal de temps, Christine Defraigne a perdu sa place de chef de groupe MR au Sénat.

Ses déclarations concernant certaines méthodes d'organisation au MR n'avaient pas été appréciées au sein du parti et ont été jugées inacceptables de la part d'un chef de groupe. Mais cette justification s'est enrobée de toute une série de reproches et de critiques.

"Je ne suis pas parfaite, mais je suis chef de groupe depuis six ans, j'ai été reconduite en 2007 et puis subitement on s'aperçoit que j'ai tous les défauts de la terre. Je ne détiens pas la perfection. Dans le chef des personnes qui s'expriment, il y a souvent des rancœurs, des problèmes de bacs à sable. C'est un non évènement", commente la sénatrice.

Mais Christine Defraigne n'envisage pas pour autant de quitter la politique : "J'ai des convictions libérales extrêmement fortes, des choses pour lesquelles j'ai pris des positions. Je n'ai pas fais de mutation génétique : je ne suis pas au service d'un homme, je suis au service d'un projet. Je ne suis pas le nombril du MR, au-delà de mon petit cas personnel, ça traduit un malaise et une difficulté de vivre", explique-t-elle.

Le clan Reynders mis en cause

Armand De Decker parle de "signal clair" pour ceux qui lâchent des petites phrases, Alain Destexhe parle de manque de représentativité... et tous les regards se tournent vers Didier Reynders, le président critiqué. Il a à première vue laissé les sénateurs trancher alors que la nomination des chef de groupe est sa prérogative.

"Mes collègues m'ont dit que ca venait de Didier Reynders, bien que je n'ai rien contre lui à titre personnel, je conserve mon affection et mon estime. J'ai de l'admiration pour lui, à voir comment il a fait face à une crise financière et boursière, il a réagi en homme d'état. Je pense que ce n'est pas en dégommant quelqu'un qu'on va pouvoir apaiser, construire, travailler. En m'éjectant, il donne peut être raison à tous ceux qui se sont exprimés en off. Certains m'ont dit 'tu as dis tout haut ce que nous pensons tout bas' et j'en fais les frais", ajoute-t-elle.

Christine Defraigne se dit soutenue par "des personnes qui comptent, des cercles qui s'élargissent, des personnes qui sont des poids lourds, qui comptent, qui œuvrent au MR et qui me manifestent leur sympathie et leur soutien".

Mais comment la sénatrice voit-elle la suite des évenènements : "Je veux être constructive et ne pas critiquer pour critiquer, le MR est une force pensante, une force agissante un projet de société et mon objectif est de savoir comment le MR peut apporter sa plus-value à la société. Il doit y avoir des voix qui pourraient être entendue, un espace de fonctionnement et d'expression. Il y a des pratiques qui doivent changer en matière d'organisation".

"Je pense que les gens vont pouvoir s'exprimer et dire les choses, je n'appelle pas l'insurrection je vois surtout l'intérêt de la formation pour laquelle j'œuvre sans relâche depuis 20 ans. J'espère que des voix vont s'élever et dire des choses très simplement avec leur cœur", conclut-elle.

Didier Reynders voulait "apaiser les choses"

Le débarquement de Christine Defraigne l'a été à l'initiative d'un "groupe à l'unanimité qui ne veut plus travailler avec sa chef de groupe", a indiqué vendredi sur Bel RTL le président du MR Didier Reynders soulignant qu'il avait "tenté d'apaiser les choses".

"J'essaie de rassembler", a indiqué Didier Reynders. Le président du MR a rappelé l'organisation d'un congrès de parti au printemps.

Quant à la liberté d'expression, il est bon de "s'exprimer aussi de temps en temps en faveur du Mouvement réformateur", a recadré Didier Reynders.

Réaction de son successeur

Dominique Tilmans qui a pris sa succession comme chef de groupe a réagi en direct dans Questions publiques. La sénatrice MR soutient, contrairement à Christine Defraigne, que Didier Reynders n'est pour rien dans la décision. Le président du MR les aurait d'ailleurs "freiné" dans leur démarche. C'est une décision de groupe prise à l'unanimité, dit-elle, "personne du groupe n'aurait accepté de répondre à un service commandé et à des obligations de particratie". Dominique Tilmans a également ajouté qu'elle "regrette le déballage" qui a eu lieu dans Matin Première.

Un autre mandataire MR, le député du Hainaut Olivier Destrebecq, a également réagi à la situation au MR, pointant l'annonce par le FDF de son déploiement en Wallonie comme un autre élément de malaise au sein du mouvement. Il a aussi regretté la querelle entre l'ancienne et la nouvelle cheffe de groupe au Sénat sur les ondes de la Première.

Ecoutez l'entièreté des propos tenus par Dominique Tilmans, la réaction de Christine Defraigne, et les propos du député Olivier Destrebecq  en cliquant ci-dessus.

(C.Biourge et M. De Nora avec Belga) 

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