Chômeurs : la CSC prédit une hécatombe sociale en 2015

Manfestation mardi contre l'exclusion des allocations d'insertion
Manfestation mardi contre l'exclusion des allocations d'insertion - © rtbf

Il y a d'abord les exclusions des allocations d'insertion, décidées par le gouvernement Di Rupo, elles toucheront principalement des femmes, à partir de ce mois de janvier. On évoque des chiffres au-delà de 30 000 exclusions. Mais la CSC s'inquiète aussi des sanctions de l'ONEM, qui frappent les demandeurs d'emploi, après évaluation négative de leur recherche d'emploi.

Des sanctions qui exploseraient en 2014 : rien que sur les 6 premiers mois 2014, 31 000 sanctions ont été prononcées par l’ONEM. Pour la CSC, fin de l’année les sanctions pourraient donc dépasser la barre des 60 000, ce qui représente une augmentation de 25% par rapport à 2013 et une augmentation de 62% par rapport à 2011.

Pour Pedro Rodriguez, responsable des travailleurs sans emploi de la CSC, "suite aux mesures du gouvernement Papillon (Di Rupo), l’ONEM a élargi le nombre et les catégories de personnes activées (jeunes en stage d’attente, bénéficiaires d’allocation d’insertion, personnes de plus de 33% d’incapacité de travail, ou encore travailleurs à temps partiel bénéficiant d’allocations complémentaires). Et puis, pour certaines catégories, les sanctions ont été durcies". Et le responsable de la CSC de citer les jeunes en stage d’attente et ceux bénéficiant d’allocations d’insertion, pour qui les sanctions peuvent tomber dès le premier entretien.

Jeunes de moins de 21 ans

Et en 2015 s’ajoutent aussi les restrictions décidées par le gouvernement Michel. Les jeunes de moins de 21 ans sans diplôme ne pourront plus, dès la mi 2015, prétendre à des allocations d'insertion s'ils n'ont pas de diplôme du secondaire en poche.

Et plus question non plus de pouvoir bénéficier de ces allocations au-delà de 25 ans contre 30 aujourd'hui. Ce sont, dit la CSC, quelques 12 700 jeunes qui seront privés de l’accès à ces allocations.

Il est urgent, dit Pedro Rodriguez, de tirer un signal d’alarme : "Il faut dépasser tous les clivages politiques. Avec cette inflation de mesures, on n’est pas dans une logique d’accompagnement, mais dans une logique coercitive, où le chômeur est responsable du chômage. On ignore l’élément central de l’équation : il y a une seule offre d’emploi pour 30 ou 40 personnes en Wallonie et à Bruxelles. Et tant qu’il n’y aura pas de résultat sur ce ratio, entre l’offre et la demande, on va s’enliser dans des logiques de précarisation et d’exclusion."

La CSC appelle donc le gouvernement à lier les aides à l’emploi et autres baisses de charges pour les entreprises, à de la création d’emplois. La CSC qui plaide aussi pour un moratoire sur les sanctions de l’ONEM et le retrait des mesures d’exclusions des allocations d’insertion.

Marie-Paule Jeunehomme

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