Chômage, crédits-temps, charges patronales... L'emploi selon la suédoise

Chômage, crédits-temps, charges patronales... L'emploi selon la suédoise
Chômage, crédits-temps, charges patronales... L'emploi selon la suédoise - © BRUNO FAHY - BELGA

Le volet emploi de l'accord de gouvernement était l'un des plus attendus et certaines mesures ont déjà fait bondir les syndicats, tandis que les patrons se montraient globalement satisfaits.

L'objectif prioritaire fixé par la suédoise en matière d'emploi est un taux d'activité de 73,2% de la population avant la fin de la législature. Ce, afin de répondre à l'objectif fixé par la stratégie Europe 2020 qui vise les 75% d'activité d'ici six ans pour les citoyens européens âgés entre 20 et 64 ans. À titre comparatif, la population belge active (âgée de 15 à 64 ans) représentait 67% en 2013.

Toutes les mesures pour réaliser cet objectif seront, précise l'accord, discutées en concertation avec les partenaires sociaux afin d'établir "une stratégie commune pour l'emploi".

Réduction des charges patronales

La première étape sera la résorption du "handicap salarial depuis 1996 de nos entreprises vis-à-vis de nos pays voisins ", notamment grâce au fameux saut d'index et une réduction des charges patronales. Le futur gouvernement met en effet un point d'honneur à affronter le "déficit de compétitivité" des entreprises belges. Il réduira pour ce faire le taux de base des cotisations patronales "avec l'objectif d'atteindre 25%".

Le pouvoir d'achat sera toutefois augmenté, soulignent les négociateurs, par "une réduction de la fiscalité et de la parafiscalité sur le travail". Ainsi, "le salaire-poche du travailleur sera majoré par une diminution des charges fiscales et sociales prélevées sur sa rémunération brute" afin de soutenir la consommation.

Crédits-temps, interruptions et durée de carrière

L'allocation pour le crédit-temps et l'interruption de carrière sans motif seront par ailleurs supprimées, peut-on lire dans l'accord de la suédoise. Les crédits-temps spécifiques de fin de carrière entre 50 et 54 ans disparaîtront et "la limite de 55 ans est portée à 60 ans à partir du 1er janvier 2015 pour les premières demandes". Les congés dits thématiques existants (parental, palliatif, de paternité, d'adoption et d'assistance à un membre de la famille malade) seront maintenus, tout comme le crédit-temps en lui-même et l'interruption de carrière motivé.

En cas d'incapacité de travail, la période de salaire garanti sera portée à 2 mois. "Ainsi, les employeurs seront responsabilisés et ils auront la possibilité, via des mesures de prévention et de travail adapté, d'éviter que les travailleurs quittent définitivement le marché du travail et restent en incapacité de travail", précise l'accord gouvernemental. Une mesure qui, sans surprise, dérange les patrons

La durée de carrière effective sera par ailleurs portée "peu à peu" à 45 ans. La réforme des pensions devra notamment répondre à cet objectif, via le rehaussement de l'âge de départ à la retraite.

Chômage et "service à la collectivité"

Le futur gouvernement indique aussi une dégressivité renforcée et une limitation des allocations d'insertion dans le temps, dont l'impact fera l'objet d'un suivi qui, après évaluation, pourraient voir la création de mesures supplémentaires. Sans plus de précision.

Sera également mis en place le fameux "service à la collectivité" pour les chômeurs de longue durée (c'est-à-dire qui dépasse la durée moyenne régionale du chômage multipliée par 1,5 tout en tenant compte de la catégorie d'âge et du sexe). Il consistera en deux demi-journées par semaine, mais ne devra pas réduire la disponibilité pour le marché du travail et sera intégré dans un trajet vers l'emploi. Les régions, avec qui cette mesure devra être négociée, recevront par ailleurs la possibilité de suspendre les chômeurs qui refusent cette offre de service à la collectivité. Du côté du Forem, on voit déjà mal comment parvenir à encadrer cette démarche.

Enfin, l'âge maximum pour introduire une demande d'allocations d'insertion sera réduit à 25 ans et le complément d'ancienneté pour les chômeurs âgés sera supprimé pour les nouveaux entrants à partir du 1er janvier 2015.

T.M. (@thomasmignon)

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