Chômage à temps partiel: les mesures frapperont surtout les femmes

Les femmes seront les plus touchées par les nouvelles mesures sur l'emploi
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Les femmes seront les plus touchées par les nouvelles mesures sur l'emploi - © Archive RTBF

Les travailleuses à temps partiel "forcées", donc des chômeuses à temps partiel, vont être heurtées de plein fouet par les mesures fédérales pour l'emploi. C'est ce que dénonce le groupe Ecolo à la Chambre qui se base sur des chiffres fournis par la ministre de l'Emploi. Ces mesures de lutte contre le chômage toucheraient majoritairement des femmes, et renforceraient donc clairement les inégalités hommes-femmes.

Valérie Attimonelli travaille à temps partiel dans le secteur horeca depuis 11 ans et son employeur sait qu’elle souhaiterait évoluer vers un temps plein "parce que c’est juste pas possible pour moi et d’autres personnes de ne vivre qu’avec notre salaire de 20 heures par semaine" dit-elle. C'est pourquoi Valérie a droit à un chômage partiel, qui sera limité dans le temps dès 2015. Elle aura du mal à supporter cette perte de revenu; elle perdra de 200 à 300 euros par mois: "C’est juste énorme" commente-t-elle.

Valérie, chômeuse forcée à temps partiel est aussi chef de ménage, comme une très grande majorité des 8700 travailleurs à temps partiel qui seront touchés par ces mesures pour l'emploi du gouvernement fédéral. "La ministre a accepté de nous donner des chiffres clairs: 88% sont des femmes chefs de famille, avec enfants. Doncdes femmes qui font vivre leur famille avec leur petit salaire et ce complément chômage. Les priver de complément chômage va faire tomber toute une série de personne dans une pauvreté importante" souligne la députée Ecolo Zoé Genot.

Impact différencié

Ce sont surtout des femmes. Pourtant, depuis 2007, la Belgique s'est engagée à faire attention à l'impact de ses mesures politiques en fonction du sexe. "Il s’agit d’une loi qui est contraignante et qui oblige à mesurer, pour toute politique, l’impact différencié, pour s’assurer de ne pas aggraver les inégalités femmes-hommes. Et au contraire pouvoir prendre des mesures qui permettent d’avancer vers une société plus égalitaire" explique Soizic Dubot, de l'association Vie féminine.

Cette association garde l'espoir que, d'ici 2015, le gouvernement revienne sur ces mesures qui impactent d'avantage les femmes que les hommes. Dans une réponse orale à une question parlementaire en juin dernier, la ministre Monica De Coninck disait revoir en partie sa copie, et réfléchir au maintien des allocations pour un temps partiel d'au moins 3/4 temps

Odile Leherte

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