Chirurgie humanitaire: sauver des vies ici et ailleurs

Chirurgie humanitaire : sauver des vies ici et ailleurs
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La Belgique doit-elle se former à la chirurgie de guerre et humanitaire? C’était la question posée par Cédric Wautier dans Débats Première ce midi. L’UCL, l’ULB, L’ULiège en collaboration avec Médecins Sans Frontières lancent une nouvelle formation destinée aux chirurgiens et assistants désireux d’apprendre ou de se perfectionner dans ces techniques.

Le contexte de la pratique, c’est ce qui distingue la chirurgie humanitaire de la chirurgie "classique" selon Sébastien Spencer, directeur médical de MSF Belgique: "C’est faire de la médecine de qualité mais avec très peu de choses, et dans un environnement où la sécurité peut également avoir son importance" la sécurité des patients bien sûr, mais également des équipes. Elle doit également être polyvalente insiste-t-il, afin de gérer des cas très différents avec des ressources matérielles et humaines très limitées. 

"En 2018, nous allons rouvrir un hôpital en Afghanistan. Il est de toute évidence dans une zone de conflit, donc les chirurgiens devront faire face à des victimes de blessures par balles. Mais ils devront aussi savoir réagir aux traumatismes de la population civile comme par exemple prendre en charge une femme enceinte qui aurait besoin d’une césarienne en urgence.

Former nos médecins pour qu’ils partent ensuite à l’étranger?

Pas forcément, assure Maximilien Thoma formateur en chirurgie humanitaire.  Selon lui, des centres de traumatologies ne devraient pas être uniquement dans des zones de conflits ou de catastrophes naturelles: "Ce qu’un centre de traumatologie doit faire, c’est s’occuper de la victime, peu importe la cause.  Et en Belgique, la cause numéro 1 des traumas, ce sont les événements de la vie quotidienne, principalement les accidents de la route".  

Les attentats évidemment ne sont pas à exclure non plus précise Andreas Moehler, médecin urgentiste au CHU Brugmann "Nous avons appris depuis le 11 septembre 2001 que ce n’est pas le temps que l’on passe sur les lieux qui va sauver les victimes, c’est d’arriver le plus vite possible en salle d’opération et que l’on traite le plus rapidement possible les blessures vitales". Les chirurgiens doivent donc être capables de réagir en un temps record "Cela nécessite un retour à une médecine plus "basique", qui repose moins sur la technologie" confirme Oliver Mouton, journaliste.

 La chirurgie humanitaire est une belle médecine 

Une dimension qui peut séduire bien des chirurgiens affirme Sébastien Spencer "C’est une belle médecine, celle où l’on est directement en contact avec le patient, où l’on utilise ses yeux, ses mains pour diagnostiquer sans forcément d’examens complémentaires qui nécessites du temps et des ressources qui ne sont pas disponibles dans la chirurgie humanitaire"

Une trentaine de chirurgiens et d’assistants constitueront la première promotion de cette toute nouvelle formation dès la fin du mois de novembre.

Regardez à nouveau le Débats Première consacré à la médecine de guerre et humanitaire:

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