Chems Mabrouk (FEF): " Les pays nordiques ont un enseignement gratuit, pourquoi pas la Belgique ? "

Chems Mabrouk (FEF): «Pour refinancer la Communauté française, il faut regarder du côté de la fraude fiscale. »
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Chems Mabrouk (FEF): «Pour refinancer la Communauté française, il faut regarder du côté de la fraude fiscale. » - © Tous droits réservés

Réduction des coûts des études, refinancement de l’enseignement, mobilisation des jeunes en faveur du climat… La Fédération des étudiants francophones est sur tous les fronts. Pour Chems Mabrouk, sa nouvelle présidente, il faut donner la priorité à l’enseignement, et pour cela refinancer la Communauté française. Comment ? En pourchassant la fraude fiscale.

A 23 ans, Chems Mabrouk est étudiante en droit et en communication politique. Sa motivation et son engagement sont nés lorsqu’elle était bénévole dans une école de devoirs : « J’ai découvert toutes les inégalités de l’enseignement. Pour moi, la représentation étudiante a été un moyen de m’engager. Et le combat est loin d’être terminé, nous avons l’un des enseignements les plus inégalitaires de l’OCDE. »

A peine élue, la nouvelle présidente se retrouve dans une position pratiquement de monopole de la FEF dans le paysage de la représentation étudiante. Chems Mabrouk voit pourtant la représentativité de son organisation dans les 31 conseils étudiants qui ont autant d’assemblées générales : « Je peux vous assurer que le débat existe. Il faut trouver une médiane entre tout ce que les gens pensent. C’est aux étudiants de s’emparer du débat pour dire ce qu’ils veulent. On est là pour défendre leurs intérêts. Et c’est aux étudiants à dire comment ils veulent que l’on mène le débat. La parole des étudiants n’est pas toujours entendue, et c’est pour cela que l’on se bat ».

Et alors que les jeunes s’engagent pour le climat, elle voit dans Anuna de Wever, Adelaïde Charlier ou Greta Thunberg, l’indication que des femmes reprennent leur place dans la société civile.

Les deux axes de revendications de la FEF

Sur le plan stratégique, le FEF poursuit deux combats majeurs : la réduction du coût des études et le refinancement de l’enseignement supérieur.

Le constat de Chems Mabrouk tient en une phrase: « L’école reste très chère ». Et si le gouvernement de la Fédération Wallonie/Bruxelles a récemment adapté la réforme des allocations d’études (les bourses), avec 3,5 millions pour les étudiants les plus précarisés, le problème reste entier : « Une année d’études coûte entre 8000 et 12.000 euros. On salue les avancées mais cela ne règle pas le problème. L’Allemagne et les pays nordiques ont un enseignement gratuit, pourquoi pas la Belgique ? »

Une année d’études coûte entre 8000 et 12.000 euros

Une autre revendication majeure est le refinancement supérieur. Malgré un montant de 107 millions sur 4 ans voté en 2016 et une centaine de millions d’euros prévus dans le pacte d’excellence pour le maternel, la FEF déplore la pauvreté de l’enseignement en général : « Dans certains établissements, on peut lire 'Ne fermez pas la porte de crainte de recevoir une pierre sur la tête’. Parfois il pleut dans certains auditoires. Il faut pouvoir étudier dans des environnements de qualité. Le financement n’est donc pas suffisant. Nous sommes face à des enjeux énormes et, pour cela, on a besoin d’une jeunesse formée pour attaquer les défis de demain. Il faut investir dans l’enseignement ». Mais pas de n’importe quelle manière : « Pour refinancer la Communauté française, il faut regarder du côté de la fraude fiscale ».

Ce jeudi est le 14e jour de lutte pour le climat. L’obligation pour les politiques, déclare Chem Mabrouk de prendre des mesures structurelles pour réduire les gaz à effets de serre. A-t-elle peur pour son avenir ? « Oui et c’est pour cela qu’on s’engage ».

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