Chems Mabrouk (FEF) : "50 millions d'euros ne vont pas être suffisants" pour refinancer l'enseignement

C'est ce lundi la rentrée dans l’enseignement supérieur et dans les universités, cela concerne 210.000 jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles. Interrogée sur La Première, Chems Mabrouk, présidente de la FEF (Fédération des étudiants francophones) explique que "la rentrée scolaire de cette année est marquée par la déclaration de politique communautaire qui a certaines bonnes choses, notamment un refinancement de l’enseignement supérieur et le gel du minerval qui va être élargi. Il y a toute une série de mesures qui vont normalement permettre de diminuer le coût des études, mais maintenant on attend les effets concrets et on attend que des vraies mesures soient prises".

Dans les revendications de la FEF, la priorité reste le coût des études, insiste-t-elle : "Aujourd’hui, on sait qu’une année d’étude coûte entre 8 000 et 12 000 euros, avec les coûts directs et indirects. Quand on parle de coûts indirects, on parle du logement, des supports de cours, des transports, etc. Et aujourd’hui il y a toute une série de personnes qui ne peuvent pas se permettre ce prix-là. Or l’enseignement est censé être un droit, pas un privilège, et donc on entend bien à ce qu’il redevienne un droit".

Le gouvernement de la Fédération promet 50 millions d’euros de refinancement. Pour Chems Mabrouk, "en tout cas, 50 millions d’euros ne vont pas être suffisants pour reboucher les trous qu’il y a dans nos auditoires et ne vont pas être suffisants pour encadrer ces premières années et les années suivantes qui vont entrer à l’université. Il va donc effectivement falloir refinancer un peu plus que ça si on veut un enseignement de qualité".

Ce n’est pas un coût, c’est un investissement

"Ce qui est clair pour nous, c’est qu’il faut que les communautés soient refinancées et elles doivent être refinancées par un emprunt plus juste et une fiscalité plus juste. Et ça, aujourd’hui, c’est la solution. Même au niveau de la Communauté flamande, il faut pouvoir refinancer l’enseignement. Quand on refinance, ce n’est pas un coût, c’est un investissement, on le sait, et donc c’est important d’investir dans cette jeunesse qui va réfléchir le monde de demain", poursuit-elle.

La présidente de la FEF craint l’instauration de tests d’orientation à l'entrée du supérieur : "Ces tests d’orientation sont beaucoup basés sur les compétences qu’on a acquises lors du secondaire, et aujourd’hui on sait que l’enseignement secondaire est l’un des plus inégalitaires dans l’OCDE. Tout le monde ne va donc pas arriver avec les mêmes chances devant ce test d’orientation et toutes les personnes qui risquent de le rater et qui sont issues d’un milieu économique défavorisé vont réfléchir à deux fois avant de rentrer dans l’enseignement supérieur. Or si on mettait en place une vraie aide à la réussite et si on combattait efficacement l’inégalité dans l’enseignement obligatoire, on pourrait se passer de ces tests d’orientation".

"Au vu de l’inégalité qu’il y a dans l’enseignement obligatoire, tout le monde n’arrive pas dans l’enseignement supérieur avec les mêmes acquis, les mêmes bases, les mêmes compétences. Tous les jeunes n’ont pas appris, au moment où ils entrent dans l’enseignement supérieur, à gérer leur temps, à prendre des notes, etc. Il y a donc toute une série de choses qu’ils doivent apprendre sur le tard et ce n’est évidemment pas toujours évident".

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