Charlie Hebdo: la marche bruxelloise de dimanche en mono-teinte

Ce dimanche 11 janvier, une marche contre la Haine et pour la liberté d'expression a rassemblé environ 20 000 personnes à Bruxelles.  Avec toutefois un constat : les participants ne représentaient pas vraiment la diversité bruxelloise. La communauté musulmane était notamment sous-représentée.

Une marche annoncée un peu trop tardivement, et un peu trop timidement, la crainte des amalgames, le sentiment de ne pas avoir à se justifier par rapport aux extrémistes…Voilà quelques explications possibles à une marche bruxelloise moins multiculturelle que celles qui se sont déroulées en France. Dans le milieu associatif, certains avancent un autre argument. Marie-Françoise Van Lil, responsable de l’Asbl Porte Verte, à Molenbeek, souligne que "la France a vécu des années difficiles. Le fait d’être touché dans un temple de la laïcité, de la liberté d’expression, ça a révélé tout cette tradition française d’idées, de lumières,... la grandeur (du pays) quelque part, et tout ça, c'était perceptible dimanche dans la fierté de s’être mis debout. Un effet de ce type en Belgique n’est pas imaginable dans l’immédiat".

Pour Hamid Benichou, administrateur de Bruxelles Espace intercommunautaire, certaines personnes ont boudé la marche pour montrer leur désaccord avec les caricatures de Charlie Hebdo. "Je le dis honnêtement", affirme Hamid benichou en regrettant ce constat, "il y a des gens qui cautionnent ce qui s’est passé en France. Et au-delà de ces récents événements, ils cautionnent tous les actes commis au nom de l’islam par ces fous de dieu". Une position radicale qui est l'expression d'une minorité extrémiste mais qu'il ne faut toutefois pas négliger, explique le défenseur du vivre-ensemble, de l'intercommunautaire et de la liberté d'expression.

 

On n'a pas suffisamment insisté sur la liberté d'expression

Hamid Benichou estime aussi que les organisateurs belges n'ont pas suffisamment insisté sur la défense de la liberté d'expression, des organisateurs qui, selon lui, ne représentaient pas non plus l'ensemble de la société civile. Hamid Bénichou évoque, comme autre raison possible pour beaucoup, la volonté de rester à distance des événements et des tensions qui émergent.

A Molenbeek, commune également concernée, le discours est le même.

Il faut travailler sur la prévention au maximum! Patrick Serrien est responsable de l'école des devoirs. Il est en contact quotidiennement avec des jeunes issus de l'immigration et, pour lui, le maitre mot est le dialogue.

 

 

Jean-Claude Hennuy

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