Charles Picqué: sur l'immigration, "aujourd'hui, certains découvrent la lune"

Charles Picqué dans le studio de Matin Première
Charles Picqué dans le studio de Matin Première - © RTBF

Le ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Picqué, était l’invité de Matin Première ce jeudi. Alors que l’intégration fait débat à Bruxelles depuis les incidents de Molenbeek, il identifie les problèmes et avance des solutions.

Avec les violences survenues à Molenbeek la semaine dernière suite au contrôle policier d’une femme portant le niqab, tous les regards se sont portés vers les populations étrangères et d’origine étrangères de Bruxelles. Pour Didier Reynders et Daniel Bacquelaine (MR), l’intégration à Bruxelles est un échec.

Charles Picqué tient à recadrer :  "Il ne faut pas mélanger tous les débats : il y a le problème des primo-arrivant, qui ne sont pas les 2-3èmes génération qui sont confrontées au chômage. Il y a les illégaux. Il y a l’extrémisme religieux qui n’est pas forcément lié avec les primo-arrivants".

Pour lui, le véritable problème de Bruxelles est son enclavement et son sous-financement qui mène à des problèmes d’éducation.  "Bruxelles est un point d’entrée de l’immigration. Un tiers des gens qui viennent s’installer en Belgique s’installent à Bruxelles. Nous n’avons pas une taille telle qu’une dispersion des flux migratoires sur une zone plus large est possible, parce que cette frontière linguistique est quand même une frontière qui n’est pas si facile à passer. Il y a donc un problème de formation, d’éducation. (…) A Bruxelles nous sommes un vecteur de richesses extraordinaire pour le pays et il y a un sous-investissement. (…) Bruxelles n’a jamais eu autant d’emplois que maintenant, 714 000 emplois. Et jamais un taux de chômage si important (…) Les grandes villes sont devant une mission presque impossible vu le manque de moyens pour recycler, intégrer des populations".

Avec la nouvelle réforme de l’Etat, Bruxelles sera refinancée. Mais ce ne sera pas suffisant, estime le ministre-président. "C’est clair que le refinancement de Bruxelles est important mais nous sommes devant une montagne de problèmes". Charles Picqué reconnaît cependant que l'offre existante pourrait être améliorée. "Ça dépendra du refinancement de Bruxelles : 10 millions la première année, 20 millions après. On aurait les moyens de doubler ce qui est déjà sur la table. Ce qui serait faux c’est de dire qu’il n’existe rien. Mais on voit qu’on est saturés. (…) Aujourd’hui certains découvrent la lune. On a mené des politiques d’immigration et on n’a jamais mis les moyens".

Revenu sur le tapis avec la polémique sur les incidents de Molenbeek, le débat sur un parcours d’intégration est "utile" pour le socialiste. Mais, pour lui, il ne doit être obligatoire que dans certains cas. "Ce parcours doit être obligatoire pour l’alphabétisation, mais précédé par un diagnostic. Si vous ne connaissez pas la langue du pays, comment voulez-vous assurer votre insertion professionnelle, comment voulez-vous vivre avec les autres communautés ? C’est pour ça qu’il faut être prudent parce qu’il y a parfois des gens qui connaissent déjà le français et pour qui le parcours n’aurait pas de sens".

J.C.

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