Charles Michel "ne se laissera pas intimider par le chantage de la N-VA" sur le budget

Le budget 2019, déjà approuvé en commission des Finances par la N-VA, devrait fait l'objet d'un vote lors de la dernière session plénière à la Chambre jeudi. Mais le parti nationaliste flamand met la pression sur le gouvernement orange bleue en menaçant de ne pas approuver le budget si on ne tient pas compte de son avis. De son côté, Charles Michel a fait passer un message clair à Belga: il "ne se laissera pas intimider par le chantage de la N-VA en lien avec le vote sur le budget".

Ce week-end, les cadors de la N-VA avaient adopté un ton assez menaçant envers Charles Michel. Jan Jambon a par exemple indiqué que "Si Charles Michel veut le soutien de la N-VA, il sera notre marionnette". Bart De Wever a pour sa part plaidé en faveur d'élections anticipées.

Pour le Premier ministre, les nationalistes flamands veulent des élections anticipées. "Il faut bien comprendre que seules les élections fédérales pourront être anticipées. Même dans cette hypothèse, il y aura au mois de mai des élections régionales et européennes. Il y a donc un sérieux risque d’immobilisme et de blocage pendant toute l’année 2019. Ce ne serait pas bon pour les citoyens", commente-t-il.

Un kern cet après-midi

Ce matin, le vice-Premier ministre MR, Didier Reynders, était limpide : le gouvernement fédéral ne demandera pas le vote de confiance ce mardi, comme l'opposition le réclame. Interrogé sur ce sujet, Charles Michel compte d’abord faire le rapport au gouvernement restreint des contacts qu'il a eus. "Je me suis engagé par rapport au Parlement à poursuivre de manière intense les contacts et à voir de quelle manière on peut être responsable, le gouvernement et le parlement. Nous verrons dans les heures et les jours qui viennent quelles seront les évolutions."

Il préfère taire à la presse les détails de ses entretiens, de peur de compliquer la situation. "Je préfère que l’on trouve des solutions dans un esprit de responsabilités, dans un esprit d’intérêt général pour nos concitoyens."

Le Premier ministre se rend compte que la situation est délicate. "Il faut donc rester calme et garder son sang-froid dans le dialogue et la négociation.  Il faut voir de quelle manière on peut penser aux citoyens en termes de pouvoir d’achat, des mesures pour la sécurité."

Le Conseil des ministres restreint s'est réuni au Lambermont cet après-midi, la réunion a pris fin vers 17h30.

Les 4 conditions de la N-VA

Dans le même temps, la N-VA exigerait quatre conditions avant de soutenir le gouvernement orange bleue selon De Tijd :

  • La constitution doit être soumise à une révision, afin d'ouvrir la voie vers confédéralisme. "La révision de la constitution doit être réalisée urbi et orbi, comme convenu dans les cahiers secrets Atoma", indique une source bien placée du parti à De Tijd. L'article 195, qui permet de modifier des articles de la Constitution, en est un élément clé. 
  • Le budget convenu pour 2019 doit être respecté et il n'est pas question d'ajouter de nouveaux revenus, des impôts."Le message, c'est que ce gouvernement ne peut pas distribuer rapidement de cadeaux pour les élections".
  • Le jobsdeal doit être respecté. La N-VA souhaite que le vice-Premier Kris Peeters (CD&V) travaille sérieusement à la dégressivité des allocations de chômage dans le temps.
  • Le pacte de l'ONU pour les migrations doit être remis en question. Le parti souhaite que le gouvernement orange bleue s'abstienne lors du vote à New York, "mais il existe bien d'autres possibilités" sans donner davantage de précisions. 

Le chef du groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover, a expliqué à la VRT: "Nous ne mettons pas de nouvelles exigences sur la table." 

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