Charles Michel, "un des plus beaux ambassadeurs du surréalisme belge"

Charles Michel, "un des plus beaux ambassadeurs du surréalisme belge"
Charles Michel, "un des plus beaux ambassadeurs du surréalisme belge" - © Tous droits réservés

La coprésidente d'Ecolo, invitée de L'Acteur en Direct de Matin Première, a réagi à l'interview donnée mercredi soir par le Premier ministre, Charles Michel, à la RTBF. Zakia Khattabi salue ce "stratège en communication" qui a réussi à fermer "la porte à une polémique" et à être l'"un des plus beaux ambassadeurs du surréalisme belge". Quant à la ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR), "elle a menti par omission au minimum", selon elle.

"Je ne sais pas si c'est un mea culpa, mais c'est une porte de sortie pour assumer les renoncements du MR", estime l'écologiste. Car pour elle, le fait que Charles Michel dise s’être trompé à propos de la N-VA pour justifier sa participation dans ce gouvernement, "cela ne tient pas la route !". "Et de ce point de vue-là, on peut saluer la stratège en communication qu'est Mr Michel" car, il y a sept mois, Charles Michel "ne pouvait pas savoir". Mais, "au niveau communication, c'est bien joué!".

Pour le reste, Zakia Khattabi estime que le Premier ministre "a réussi à être l'un des plus beaux ambassadeurs du surréalisme belge, après Magritte et 'Ceci n'est pas une pipe'". Et de s'étonner que les journalistes n'aient pas davantage souligner les propos de Charles Michel par rapport au saut d'index notamment : "Il dit : 'Ce n'est pas une perte de rémunération, c'est une moindre augmentation' (...). C'est un bel effet de manche, c'est une belle phrase, mais du grand n'importe quoi surtout !".

La coprésidente d'Ecolo rappelle que l'index sert à "réajuster les salaires en fonction du coût de la vie pour que les citoyens ne perdent pas de pouvoir d'achat". Autrement dit, en cas de saut d'index, "cela veut bien dire qu'ils vont perdre du pouvoir d'achat. L'index n'est pas une augmentation de salaire".

Loin de vouloir polémiquer, l'écologiste affirme vouloir jouer la carte de "l'opposition constructive" : "Nous avons mis sur la table une réforme complète du régime fiscale que l'on met à la disposition de la majorité".

"On est parti de plusieurs constats : un, la majorité des Belges est trop vite et trop fortement taxée dans notre pays ; deux, les plus hauts revenus ne contribuent pas suffisamment à l'enveloppe commune alors qu'ils disposent de nombreux mécanismes pour éluder l'impôt ; trois, la fiscalité ne soutient pas l'économie réelle et locale, notre fiscalité encourage les pollutions et porte atteinte à la santé des Belges. A partir de là, je vois qu'il y a des points de convergence entre la volonté de Charles Michel et ce qu'on met sur la table, et donc, je dis : 'Chiche !'".

Marie-Christine Marghem "a menti par omission au minimum"

A propos de la réaction de Charles Michel par rapport à l'attitude de sa ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR), elle déclare : "C'est un bel euphémisme (...) pour reconnaître, qu'en effet, il y a eu un problème dans la gestion de ce dossier. Elle a menti par omission au minimum, mais il y a des éléments factuels qui montrent qu'elle a menti".

"Elle a les avis du Conseil d'Etat depuis le 8 mai. Elle est venue en Commission, elle avait déjà les avis du Conseil d'Etat. Quand les questions lui ont été posées, elle ne l'a jamais évoqué, elle a même dit qu'il n'y en avait pas", précise-t-elle.

"C'est un triste spectacle et je pense qu'aujourd'hui, il faut sortir de cette crise par le haut. Je pense que le Conseil d'Etat, et c'est ce qui justifie la Commission aujourd'hui, valide totalement l'analyse qui avait été faite par le groupe Ecolo-Groen à la Chambre".

Autrement dit, pour Zakia Khattabi, c'est clair, il est impossible de rouvrir la centrale de Doel 1 l'hiver prochain. "Il faut donc changer de cap, il faut qu'elle (Marie-Christine Marghem, ndlr) l'admette sur base de tous les avis qu'elle a eus".

Pour elle, c'est étonnant, "qu'une juriste s'assoit sur un avis comme celui-là", "le conseil d'Etat est la plus haute juridiction administrative", "ce n'est quand même pas rien".

Mais une fois encore l'écologiste parle d'"une opposition constructive" et propose une alternative : "Pour sortir par le haut, je pense qu'il faut changer de cap et mettre sur la table une alternative. Il y en a une de nouveau, Ecolo-Groen a mis sur la table une alternative : passer par les Pays-Bas pour passer l'hiver, donc importer 1000 mégawattheure".

Et quand Marie-Christine Marghem dit que c'est impossible, l'écologiste répond : "Nous sommes suivis par Mr Watrin (l'ancien président de la Commission de Régulation de l'Electricité et du Gaz (Creg), ndlr)".

"Il faut dire que 1000 mégawattheure, c'est quand même plus que Doel 1 et Doel 2 réunis. Alors quand elle (Marie-Christine Marghem, ndlr) dit que son soucis c'est la sécurité de l'approvisionnement, nous la rejoignons et nous lui disons chiche, il y a une alternative sur la table, faisons en sorte que cet hiver il n'y ait pas de délestage", précise-t-elle encore avant de conclure : "Il faut qu'elle l'admette et qu'elle sorte de ces postures qui sont quand même plus des enjeux personnels que l'intérêt et la sécurité de l’approvisionnement".

Quant à savoir si la ministre libérale doit démissionner, elle répond : "Le mensonge n'est pas digne d'une ministre, cela me paraît évident. Il y a une commission ce matin et on verra ce qu'il en est. A ce stade-ci, ce matin, non, je ne le demande pas".

 

C. Biourge

 

 

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK