Louis Michel sur la Catalogne: "Ça m'inquiète, mais il faut laisser la justice espagnole jouer son rôle"

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L'extrême droite au gouvernement autrichien, l'Espagne déchirée suite à la crise catalane,... quelle est encore la voix de l'Europe aujourd'hui? Invité de Matin Première ce matin, l'eurodéputé libéral Louis Michel - qui en a profité pour annoncer la fin de sa carrière politique -a insisté sur le fait que "la question de la Catalogne, c'est d'abord une question intra-espagnole". "D'aucuns voudraient en faire un problème belge, ce n'est pas convenant. Et il n'y a pas que la N-VA", ajoute l'ancien ministre belge des Affaires étrangères.

Inquiétude 

Mais comment se fait-il que l'Europe s'indigne face à des prisonniers politiques turcs et pas face aux Catalans? "Contrairement à l'Espagne, la Turquie n'est pas encore considérée comme un Etat de droit. La Justice espagnole est indépendante et c'est une très grande différence", assure l'eurodéputé libéral.

"Il faut laisser la justice espagnole jouer son rôle", ajoute Louis Michel, même s'il avoue que la mise en détention provisoire jeudi de la présidente du Parlement catalan lui "fait peur et l'inquiète". 

Un jugement de valeur insultant

Pas question pour Louis Michel de poser des jugements comme celui formulé récemment par Elio Di Rupo (PS). "Rajoy s'est comporté en franquiste autoritaire", avait tweeté l'ex-Premier ministre. Pour Louis Michel, "poser un jugement de valeur aussi insultant à l'égard d'un chef d'Etat qui a une majorité parlementaire démocratique, c'est une gaffe". 

Par contre, affirme Louis Michel, l'Europe est bien en train de se pencher sur le cas de la Hongrie, accusée de dérive autoritaire. Mais tout va très longtemps, déplore l'eurodéputé. "L'Europe est une institution qui fonctionne sur des bases juridiques. Ces bases ne donnent pas aux instances les moyens pour faire respecter les valeurs européennes. Pour le moment, on débat sur la nécessité de faire un rapport au Parlement européen pour permettre à la Commission d'entamer des poursuites contre la Hongrie. " Selon lui, il faut refonder une Europe avec des "champions qui veulent aller plus vite".

Theo Francken n'a "pas posé d'acte irrévérencieux"

Quant aux déclarations de Theo Francken (N-VA), régulièrement pointées du doigt, Louis Michel tient à relativiser. Certes, dit-il, "jamais je n'utiliserais les vocables et la sémantiques de M. Francken. Mais jusqu'ici, il n'a pas posé d'acte irrévérencieux par rapport à l'humanisme. Même quand il dit des choses banales, on en fait un problème".

Louis Michel a par ailleurs dénoncé la tendance actuelle de "l'affrontement des émotions et plus des idées." Or, "on ne dirige pas un pays uniquement avec des émotions". 

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