Charles Michel répond aux auditeurs: "Il faut protéger les frontières européennes"

Charles Michel répond aux auditeurs: "Il faut protéger les frontières européennes"
Charles Michel répond aux auditeurs: "Il faut protéger les frontières européennes" - © Tous droits réservés

À un an des élections fédérales, qui se dérouleront le 26 mai 2019, Charles Michel fait le point et répond aux questions des auditeurs de La Première sur différentes thématiques. Migration, pension, réductions budgétaires dans les dépenses publiques, le Premier ministre s'est prêté à l'exercice. 

Protéger les frontières européennes avant tout

Baptiste est étudiant à Louvain-la-Neuve, comme 3000 autres personnes, il a choisir d'ouvrir la porte de son domicile aux migrants et d'accueillir chez lui les centaines de personnes qui ont fui la guerre et qui ont atterri, notamment, au parc Maximilien. Il adresse à Charles Michel cette question qu'ils sont des centaines à s'être déjà posée : "est-ce que c'est vraiment le rôle des citoyens de faire ça ou est-ce que c'est le rôle de l'État ?". Après avoir salué une énième fois les diverses initiatives citoyennes, Charles Michel tranche : les migrants doivent demander l'asile en arrivant sur le territoire belge. "S'ils sont dans des conditions où ils sont persécutés dans leur pays, ils obtiendront l'asile. Ensuite, ils seront pris en charge par le réseau Fedasil. Donc, l'État assume ses obligations. Simplement, on est confronté à des personnes qui ne veulent pas s'établir en Belgique." Par ailleurs, le Premier ministre a tenu a rappelé quelques règles européennes, qui devraient être modifiées dans les prochains mois, mais qui prévoient que si une demande a été introduite en Italie, par exemple, elle doit être traitée dans ce pays-là (comme l'indique l'accord de Dublin, ndlr).

Le chef du gouvernement a également admis que la priorité était pour lui de "protéger les frontières européennes" et et de tenir compte de la sécurité belge. "Je ne pense pas que l'Union européenne est en mesure d'accueillir l'ensemble des migrants qui souhaitent venir s'établir en Europe. On doit définir des critères, et les critères sont fondés sur l'humanité, puisque ce sont des critères liés au statut de réfugié."

Responsable de la fusillade de Liège?

"De façon générale je me sens responsable en tant que Premier ministre. Je ne reporte pas les responsabilités sur les autres", confie-t-il. Boris, 30 ans, est agent pénitentiaire. Rapidement, il fait le lien entre les événements survenus sur le boulevard d'Avroy et les réductions budgétaires dans la fonction publique. "Il ne faut pas tout confondre", répond Charles Michel. Pour lui, le vrai sujet est la situation dans les prisons pour laquelle un travail gigantesque reste à faire. Oui, des économies ont été faites dans les dépenses publiques "parce qu'on était bien au-delà que la moyenne européenne", mais pas aux dépens de la sécurité pour laquelle "une croissance" a été opérée et Charles Michel se dit "prêt, sur base des chiffres officiels, à en faire la démonstration".

Moins de questions communautaires

Avant toute chose, Pierre, salue l'exercice de démocratie auquel se prête le Premier, "un bel exemple", dit-il. Francophone et résidant dans la province de Luxembourg, l'homme de 67 ans en a assez de la vision que la nord du pays à du sud. "On nous traite de fainéants, d'assistés, d'obèses", Pierre veut savoir si Charles Michel a conscience de la souffrance de la minorité francophone. Une réalité que le Premier ne partage pas particulièrement et il rappelle que son gouvernement a préféré se concentrer sur d'autres enjeux comme le développement économique, l’emploi et les investissements plutôt que sur des questions communautaires. 

Le digital dans les zones rurales?

Marine soulève un autre point : le manque de couverture internet dans son village qui la prive d'une bonne connexion internet et donc de télétravail. Bien que la Belgique soit un bon élève en termes de réseau, certains villages manquent encore d'une connexion correcte. L'un des objectifs du pacte pour les investissements est de progresser sur les plans du digital et du numérique, explique Charles Michel. "Avant fin juin, un rapport du comité stratégique composé des experts issus du privé et du public doit voir le jour". Celui-ci devrait établir des recommandations opérationnelles qui doivent permettre des progrès dans ces secteurs fondamentaux. "Il est plus facile et moins coûteux de garantir des services plus étoffés dans les zones urbaines. On ne doit pas pour autant abandonner les zones rurales", conclut-il.

10.000 pensionnés supplémentaires par mois

Guillaume est pompier à l'aéroport de Zaventem et arrive à la moitié de sa carrière. La réforme des pensions au cœur de l'actualité politique l'interpelle. Il reproche au gouvernement de voir à du moyen voire court terme plutôt que du long terme comme le citoyen en aurait besoin. Premièrement, Charles Michel rappelle que cette réforme des pensions a permis une avancée "historique" : les négociations avec les syndicats et l'accord entre eux et le gouvernement sur la loi sur les métiers pénibles. "Si on ne fait pas la réforme des pensions, on aura un problème pour les financer dans le futur. On a augmenté celles-ci. Un ancien salarié touche 98€ de plus par mois et un ancien indépendant en reçoit, lui, 160€ supplémentaires.

Démocratie participative

"Dans la commune où je vis, on lance un processus démocratique. On veut avoir une démocratie beaucoup plus participative. En tant que Premier ministre, que pouvez-vous faire pour que les citoyens puissent s’impliquer et qu’il n’y ait pas seulement six personnes qui vous interrogent une fois par an ?", interroge Baptiste. Charles Michel le répète depuis le début de son intervention, l'exercice "rafraîchissant" auquel il participe sur La Première lui est bénéfique et les questions de ses interlocuteurs sont "très connectées à la réalité". Aussi, le chef du gouvernement le concède, la meilleure manière de lutter contre ce populisme qui se développe sur les réseaux sociaux, est une implication plus forte des citoyens dans le débat.

Taxshit et croissance belge

La Belgique connait une croissance et une augmentation des emplois qui est peut-être plus conjoncturelle qu'effective, pense François, gérant d'une petite PME dans le secteur de l'aéronautique. "Avec de l'innovation et une stratégie commerciale à l'export, on a créé 12 emplois en deux ans, mais à un coût important et avec des freins de l'administration, de l'État, qui nous empêchent en fait de grandir plus. Est-ce que vous pouvez cibler et mieux supporter les entreprises qui sont en croissance et qui apportent une valeur ajoutée à l'emploi de façon durable ?" Le taxshift représente à l'échelle de la Belgique plus de 5,5 milliards d'euros de baisse des charges sur le travail pour ceux qui créent de l'emploi, ceux qui embauchent et ceux qui travaillent, explique le Premier ministre. 

Aussi, Charles Michel assure qu'un travail est fait sur les entreprises qui ont un potentiel de croissance. "Par exemple, on prend des mesures dans le pacte d'investissement pour essayer de stimuler l'innovation et la transformation digitale. On essaye de faire en sort que nos entreprises soient plus compétitives. Enfin, le tax shelter permet des déductions fiscales de 30% ou de 45%, selon les cas, pour des entreprises lorsque des particuliers décident de faire confiance, d'investir et de développer l'activité."

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