Charles Michel: "Nous devons être ferme face à la montée de l'extrémisme"

Charles Michel, Didier Reynders et Georges Dallemagne étaient ce matin sur La Première pour parler des attentats de Paris.
Charles Michel, Didier Reynders et Georges Dallemagne étaient ce matin sur La Première pour parler des attentats de Paris. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Ce dimanche de nombreuses perquisitions liées aux attentats de Paris ont été menées en Belgique, plus particulièrement à Molenbeek. Au travers des différents médias internationaux, cette commune bruxelloise de 95 000 habitants est dépeinte comme une des bases européennes du djihadisme, voire un "havre de sûreté" pour certains médias français.

Un point de vue que relativise le Premier ministre belge, qui était au micro de La Première ce matin. " Il n’est pas question pour nous d’être une base du terrorisme ou du djihadisme. En Belgique, il ne faut pas nier la réalité, il y a une radicalisation. Il y en a partout en Europe, et en France aussi, on l’a bien vu les derniers mois. Il y a une montée en puissance de l’extrémisme. Nous devons être d’une fermeté implacable contre cette montée en puissance de l’extrémisme."

Il rappelle que la Belgique n'a pas chômé en matière de lutte contre le terrorisme ces dernières années. "Nous avons réussi, il y a quelques mois, à déjouer des attentats à Verviers. Nos Services de renseignements ont été cités en exemple parce qu’ils ont été parmi les premiers à relever ce phénomène qui date de quelques années : des combattants qui vont en Syrie, puis qui reviennent en Europe et constituent un potentiel danger. Et nous sommes totalement déterminés à continuer à prendre des mesures supplémentaires additionnelles. Il y n’y a pas de place pour de zones où on prêche la haine."

Il y a eu un laxisme d'Etat à l'égard de certains courants fondamentalistes religieux

Jan Jambon (N-VA) l'a d'ailleurs déclaré dans les médias, il va "faire le ménage à Molenbeek". Concrètement, explique le Premier, " nous allons, avec les autorités communales à Molenbeek, mettre un plan d’action. Nous avons d’ores et déjà demandé aux chefs de sécurité de faire des propositions les plus opérationnelles possibles sur différents terrains. La prévention, bien sûr, mais également la répression."

Georges Dallemagne, député cdH invité sur La Matinale de La Première, dénonce quant à lui un certain laxisme, en réponse aux propos du Premier ministre: "Je crois qu’on a beaucoup parlé du laxisme de Molenbeek. Certes, il y a eu un laxisme à Molenbeek, mais il y a un laxisme d’état qui existe à l’égard de certains courants fondamentalistes dangereux pour la démocratie, dangereux pour nos libertés, depuis trop longtemps en Belgique. Et chacun a sa part de responsabilité là-dedans."

Le problème c'est de savoir comment on surpasse la peur, et comment on peut réagir.

Le ministre des Affaires Etrangères, Didier Reynders qui répondait aux questions de Bertrand Henne sur La Première, parle d'actes de guerre. A la fois de la part des groupes terroristes mais aussi des coalitions internationales qui bombardent la Syrie et l'Irak.

"Avant on parlait d'attentats antisémites, ou qui s'attaquaient à la liberté d'expression avec Charlie Hebdo. Ici ce qui a changé, c'est que l'on semble aller vers un attentat qui vise un Etat à travers ses citoyens, dans une tuerie avec un très grand nombre de victimes. Ça crée un climat de peur, et c'est normal d'avoir peur. Le problème c'est de savoir comment on surpasse la peur, et comment on peut réagir. Et on essaye de réagir directement dans des enquêtes parfaitement coordonnées entre la France et la Belgique."

Quid de pays fondamentalistes comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar?

Considérant la problématique terroriste d'un point de vue international, le Français Marc Trévidic, qui est un ancien juge anti-terrorisme, s'est exprimé dans les médias français ce week-end. Il a dénoncé le double jeu des pays occidentaux qui "adorent les fondamentalistes religieux s’ils sont libéral économiquement", visant des pays comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar. Interrogé sur les alliances de notre pays avec ces pays, le Charles Michel maintient que l'on doit, sur le plan international, " parler aussi avec des personnes dont on ne partage pas les raisonnements."

La solution sera essentiellement politique, avec tous les partenaires

Un avis partagé Didier Reynders: "Sur un plan diplomatique, on doit tout faire pour que les pays comme l'Iran et l'Arabie Saoudite, qui sont impliqués dans le conflit, viennent autour de la table pour chercher des solutions pour stabiliser la situation en Syrie. C'est-à-dire avoir une transition et avoir un nouveau gouvernement sans Bachar al-Assad et en Irak avoir aussi un gouvernement qui fait participer toutes les communautés. La solution sera essentiellement politique avec tous les partenaires, que l'on aime ou que l'on n'aime pas la situation en Arabie Saoudite, en Iran en Turquie ou ailleurs." Mais pas question de tergiverser avec les groupes terroristes. "On ne va pas négocier avec eux, il faut les éradiquer."

Georges Dallemagne suit par contre l'avis du juge français Marc Trévidic. "La Belgique entretient, depuis de longues années, des relations extrêmement bienveillantes avec des pays comme l’Arabie Saoudite, qui est un partenaire commercial important. Et elle a, malheureusement, fermé les yeux sur le danger, l’extrême danger que représente l’Arabie Saoudite pour la stabilité internationale. Idem pour le Qatar. Je pense qu’il est temps, effectivement, de revoir nos alliances, de revoir nos partenariats et nos pseudo-amis dans cette région du monde qu’est le Moyen-Orient, où ces pays ont un rôle dans la déstabilisation, notamment en Syrie, notamment en Irak, mais pas seulement là-bas.

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