Charles Michel: "Nous croyons qu'il est possible d'utiliser le défi climatique pour progresser"

Le président du MR, Charles Michel, était ce matin l'invité de Matin Citoyens. Il était notamment invité à s'exprimer sur différents thèmes de société, dont l'immigration, la justice ou encore le climat.

Charles Michel a pu être interrogé sur la question du regroupement familial dont les conditions deviennent de plus en plus drastiques. Il souhaite dans un premier temps essayer de fermer autant qu'il est possible les canaux de migration irrégulière tout en continuant à être "ferme et strict" dans le cadre de ce regroupement.  

"Nous devons avoir dans la zone Schengen, qui est une zone de frontières ouvertes, des frontières extérieures de l'Union européenne qui soient contrôlées", explique-t-il. "Elles ne l'ont pas été suffisamment pendant longtemps, ce qui a amené des capacités de migration irrégulières et illégales, et qui a créé des pressions sur les débats démocratiques dans la plupart des pays européens et qui a beaucoup alimenté la montée en puissance du populisme partout en Europe".

"Objectiver la charge de travail" dans le secteur de la justice

Dans le même temps, Charles Michel se dit totalement convaincu qu'il est indispensable, pour sortir de ces débats populistes sur la migration, d'avoir une stratégie beaucoup plus forte, comme ce fut le cas avec le pacte de Marrakech, de partenariat avec les pays d'origine et les pays de transit. "Moi je suis favorable, par exemple, en même temps où on restreint les capacités de regroupement familial, d'avoir des vrais débats avec l'Union africaine sur les canaux légaux de migration, par exemple pour permettre plus aisément à des étudiants africains de venir en Europe, d'être formés, puis de pouvoir rentrer dans leur pays pour être des acteurs du développement de leur pays".

Le président du MR a également pu être interrogé par l'état de la justice où dans certaines matières, il n'est plus rare de voir des délais de 20 ans dépassés pour traiter certaines affaires. Charles Michel ne souhaite pas faire de promesse de refinancement de la justice sans d'abord avoir mis à plat la charge de travail des magistrats. Il estime en outre "important d'essayer d'objectiver la charge réelle de travail".

"Aujourd'hui, il est très difficile d'avoir une vue objective de ce dont on a besoin pour faire fonctionner convenablement les tribunaux. Or, de l'autre côté, dans le monde judiciaire, les avocats, eux, objectivent leur charge de travail puisqu'ils envoient des honoraires à leurs clients. Nous pensons effectivement que pour pouvoir faire progresser le réinvestissement dans la justice, ce n'est pas simplement une question de moyens humains, mais aussi d'équipement. Il y a un grand débat sur les bâtiments, il y a un grand débat sur l'informatisation qui n'a pas assez progressé".

"Etre plus engagé" sur les droits des femmes

Durant cet échange avec les citoyens invités, Charles Michel a pu être interrogé sur la position des femmes, leurs droits et leur représentativité. Il estime que l'on doit encore faire plus et mieux. "Je me suis engagé vis à vis de la réduction de l'écart des salaires entre hommes et femmes. Des progrès ont été réalisés mais on n'y pas encore. Nous devons être plus engagés et mieux encourager les entreprises à y veiller. Nous devons aussi mieux montrer l'exemple dans la représentation politique, à tous les niveaux", explique-t-il.

Charles Michel s'est aussi exprimé vis à vis du harcèlement de rue, qui "doit également être pris plus en considération", et sur l'avortement qu'il considère comme "une question de santé publique mais aussi un débat qui relève de l'éthique". "Chacun des parlementaires en fonction de sa conscience et sa sensibilité, a forcément un avis sur la question", précise-t-il.

"Nous soutenons la dépénalisation de l'avortement très majoritairement au sein du groupe MR. Mais ce n'est pas le seul thème éthique qui doit être ouvert dans les débats". Charles Michel a également rajouté à ce sujet que "pour le MR, il n'y a pas de discipline de vote sur ce sujet".

"Stimuler et encourager" pour faire face au défi climatique

La question du changement climatique a également pu être abordée et Charles Michel a défendu sa position en fustigeant les approches des partis de gauche. "Nous pensons que personne ne doit considérer qu'il a le monopole sur ce constat. Nous croyons qu'il est possible d'utiliser ce défi climatique pour progresser. Les gouvernements doivent assurer leur rôle. Dans l'approche des partis de gauche en général, il y a systématiquement une démarche de taxes pour contraindre les personnes à adopter un comportement. Nous pensons qu'il faut stimuler et encourager".

Le Premier Ministre sortant envisage ainsi un grand plan pour la rénovation énergétique des bâtiments pour à la fois "créer de l'emploi et stimuler l'innovation dans les questions d'énergies renouvelables". Il se dit également très enthousiaste de voir "des jeunes entrepreneurs qui voient que cette transition climatique est un enjeu pour réussir de nouveaux projets économiques avec de la prospérité et des emplois".

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