Charles Michel: "Notre génération est confrontée au désamour pour la manière classique de faire de la politique"

Charles Michel: "Notre génération est confrontée au désamour pour la manière classique de faire de la politique".
Charles Michel: "Notre génération est confrontée au désamour pour la manière classique de faire de la politique". - © Tous droits réservés

Pour inaugurer son costume d’intervieweur de l’Invité de La Première, Thomas Gadisseux recevait Charles Michel (MR). Un Premier ministre fédéral au taquet venus défendre son projet européen, réclamer des règles de bonne gouvernance au Parlement et insister sur la nécessaire collaboration entre le Fédéral et les Régions.

Les idées de Macron, mais seulement pour l'Europe

Charles Michel dit demeurer dans son rôle. Et lorsqu’il félicite Emmanuel Macron, c’est moins pour faire siennes les idées du centriste français que pour porter le projet européen.

"Nous sommes un pays ouvert sur l’Europe, et pour cela nous devons trouver des partenaires. Je tente d’être actif dans tous les domaines du projet européen. Je sais que l’Europe suscite des doutes dans la population. Dans le cas du Benelux on travaille intensément et la France pourrait, elle aussi, être une partenaire pour relancer le projet européen Dans ce cadre-là, je partage la vision engagée d’Emmanuel Macron"

Pas question, pour autant, d’entrer dans le débat Macron/Le Pen. "Je n’ai pas, comme Premier ministre, à m’exprimer sur le FN. Je n’accepterais pas non plus qu’un Premier ministre français ou hollandais fasse des commentaires sur la politique intérieure de la Belgique". Et face aux commentaires très sceptiques de la N-VA à l’égard du programme d’Emmanuel Macron, il botte en touche:  "Je ne suis pas le commentateur des expression des partis politiques".

La mauvaise image de la politique

Il n’en reconnaît pas moins la mauvaise image véhiculée par la politique en générale. "Je ressens bien que notre génération politique est confrontée au désamour pour la manière classique de faire de la politique. La meilleure manière de répondre à ce doute est d’engranger des résultats dans la vie quotidienne des citoyens

La collaboration avec les Régions : mythe ou réalité?

Alors que débute ce mercredi un comité de concertation avec les Régions pour la mise en place d’un pacte national d’investissement, les Régions se plaignent de ne pas y avoir été associées.

Une critique que réfute le Premier ministre : " J’ai associé les Régions dans les premières rencontres qui se sont déroulées en 2016. Les Régions craignaient que le gouvernement s’accapare des compétences régionales et J’ai voulus rassurer. 30 milliards d’euros d’investissements publics et privés vont se déployer et ce montant pourrait s’accroître dans les prochaines années...Dans les comités stratégiques les bras sont grands ouverts. Les régions peuvent participer aux projets dans les domaines partagés comme la mobilité, l'agenda digital et la transition énergétique. Je suis convaincu que dans les régions aussi il y a la volonté de mieux synchroniser les investissements pour les renforcer."

‘Berlusconisation’ de la Wallonie

Dans la foulée des événements liés à Publifin, Charles Michel analyse que les révélations des derniers mois doivent imposer un renouveau dans la manière de se comporter. Ce qu’il dit avoir fait dès 2013 en condamnant la ‘berlusconisation’ de la Wallonie par Stéphane Moreau.

"Ce n’est que plus tard que j’ai pris connaissance de la situation (ndlr :chez Bublifin). Il y a trois ans déjà, je dénonçais une dérive dans les processus opaques de décision. A l’époque je condamnais aussi les conflits d’intérêts des acteurs qui ont à la fois un rôle politique et économique. "

Interpellé sur le fait que le MR gouvernait aussi à la Province de Liège, le Premier ministre se défend : "J’ai personnellement provoqué la démission d’un chef de cabinet MR, membre d’une des structures en question".

Eviter au Fédéral un scénario "à la Publifin"

Si le fédéral n’est pas confronté à des phénomènes de même envergure, Charles Michel demande que "l’on s’accorde au Fédéral pour prendre des mesures préventives" permettant d'éviter des dérives à la Publifin. Il en appelle à la garantie de transparence dans les processus de décision, et à la prévention des conflits d’intérêts. " Si l’on assume un mandat politique il faut faire la clarté."

Trois super conseils des ministres

Enfin, comme à l’époque de Guy Verhofstadt, Charles Michel réunira, à l’occasion de weekends, trois "super" conseils des ministres.

De la pure "com"? Un argument réfuté par le Premier ministre qui assure que le but n’est pas de communiquer, mais de décider. "Chaque vendredi nous prenons entre 30 et 40 décisions en matière de développement économique, de sécurité et de cohésion sociale. Ici nous prendrons le temps de nous pencher sur des dossiers. Ce seront des conseils des ministres thématiques pour accélérer les processus de décision."

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